186- Retour vers le 008 (16NOV25 1/1) !
En guise d’introduction à cette nouvelle publication sur le blogue, permettez-moi de vous rappeler la raison d’être de ces textes « retour vers le ### ».
D’abord, elle sert à vous présenter mon processus littéraire — de la petite idée qui germe quelque part entre un café tiède et une sieste trop longue, jusqu’à la publication finale sur le blogue.
Bien sûr, j’aurais pu le faire de la manière la plus beige possible, de la façon slide PowerPoint « one shot ». Mais non, j’ai opté avec une méthode plus originale, sous la forme d'une visite guidée des bureaux fictifs d’une maison d’édition fictive. Chaque numéro de porte correspond d’ailleurs au numéro de publication sur le blogue.
Autre truc, le « retour vers le ### », c’est ma version littéraire du mécanicien amateur. Je revisite les vieux textes en les polissant son ton un peu, en resserrant les boulons des phrases et en changeant l’huile des idées.
Même passé le cap des cinquante ans, rien n’empêche nos pensées de se bonifier, nos opinions de se transformer, pis n'interdit à nos souvenirs de se réécrire.
Si les paroles s’envolent et les écrits restent, rien ne dit qu’ils ne peuvent pas être révisés au garage !
Avant de plonger dans les vraies affaires, incluant la fameuse visite des bureaux de la rédac, laissez-moi faire un petit détour par… ces femmes plus ou moins rondes qui, je ne m’en plains pas, envahissent la publicité ciblée de mes réseaux sociaux.
Facebook en tête de file pour le nombre de publicité affichée par unité de « scrollage » (la mesure d'un doigt qui pousse vers le haut les pages défilant sous nos yeux).
Ouin, ça faisait un bail que je n’en avais pas parlé de ces femmes d'exceptions et pourtant, de nouveaux visages s’invitent fréquemment à mon fil d’actualité.
Ne partez pas en peur, je ne ferai pas un gala hommage style « célébrons la cellulite en 4K » ni ne distribuerai de claques façon Will Smith à ceux qui osent ricaner des bourrelets. Je vais simplement m’en tenir à une vedette de mon cœur… ou deux.
Ma première vedette du web, c'est la maaaagnifique Marianne. Qui ça ? LA Marianne des Entrepôts de la Réno (pssst… j’en ai déjà parlé dans le texte 152). La fabuleuse, la pétillante, la tonitruante Marianne !
J’ai l’impression qu’elle a perdu un peu de son irrésistible bagou de courbes depuis ce temps (début 2025) — elle semble plus mince — mais elle demeure adooooorable au max pour votre blogeur.
« Chère Marianne, si jamais tu lis ceci, sache que je suis un fan fini de tes clips, de ta voix, de ta driiiiive… et surtout, garde ta chevelure libre sur tes épaules, c’est trop chou ! »
Ouin, je suis peut-être le seul sur Terre à regarder jusqu’au boutte chacune de ses pubs… et à liker celle-ci comme si, à chaque clic, je gagnais des points de cœur.
Ben quoi ? J’ai le droit de rêver un peu, non ? D’imaginer que, si je décide un jour de rénover ma salle de bain, elle viendrait m’aider à choisir la couleur du coulis, hihihi !
La deuxième claque de cœur que mes « ads » me présentent, c’est une femme qui me fait littéralement fondre chaque fois qu’elle apparaît à l’écran. Je ne connais pas son nom… mais, dans ma tête, elle s’appelle forcément Ève… ou Vénus ! Une incarnation pure et simple de la beauté !
Woooow ! Dès le premier regard, ton attention se scotche dans sa chevelure. Puis son sourire t’hypnotise, pendant que sa voix assurée, te parle de pavé uni, de dalles et de niveaux de terrain.
Pendant que chaque mot devient un chant envoûtant, madame la conseillère t’amène doucement dans une spirale de sensations aussi surprenante qu’un devis bien rempli.
Et… bam ! Le coup de pavé final te fauche net, quand ton regard glisse sur ses hanches. C’est déééébile !
Chaque fois que la superbe Montérégienne vient animer mon écran, je ne vois plus mon terrain de la même façon. Je suis prêt à me perdre dans un projet « réno du cœur » juste pour détourber mes désirs, déverser deux pouces de feelings de drainage, couvrir le tout d’une membrane géosensuelle, étendre quatre pouces de poussière d’envies, compacter avec une plaque d’admiration, puis poser un pavé judicieusement soupiré… avant de finir le tout avec un sable de polymère à tentation. Huuuum…
Ouf. Ok. On se calme. Parce que là, j’entends la pépine qui arrive. Et j’suis certain que c’est ELLE, oui oui, ELLE, qui est aux commandes de ce chantier hédoniste !
Bon… je reprends contrôle de mes idées, passons aux choses sérieuses. La petite visite des bureaux de la rédaction nous attend.
Et comme d’habitude, voici la liste des bureaux déjà visités avant d’arriver ici à la porte 186 : les textes 146, 151, 155, 165, 169, 176 et 181.
Chacun de ces bureaux prodigue ses petits secrets, ses trouvailles et ses textes qui n’en finissent jamais de se bonifier.
Si vous le voulez bien, allons-y, sans plus tarder !
Les doubles portes de la Soumission se referment derrière nous, laissant flotter un silence chargé de café tiède et d’ego froissé.
— Bon, lançai-je au groupe, direction le prochain bureau. Une autre étape nécessaire avant de pouvoir publier quelque chose de vaguement acceptable dans la blogosphère. C’est au prochain bureau que le texte, tout fier de lui, se fait passer au peigne fin par des gens dont la critique chauffe plus que le moteur d’un vieux Civic pris dans le trafic de l’autoroute Décarie à 17 h. Direction département d’Édition.
Le couloir qui y mène est lumineux, mais pas plus rassurant pour autant. On dirait que quelqu’un a repeint les murs avec des restes de surligneurs fluos, puis a collé des post-it annotés de petits mots d’encouragement ou de menace : « À réécrire », « Trop long », « Manque de punch », « Pourquoi ce paragraphe existe encore ? »… des vraies sentences sans appel.
En poussant la porte 186, une odeur d’encre et de liquid paper nous accueille.
— Mesdames, messieurs, bienvenue dans le royaume des maquilleurs de paragraphes et des chirurgiens de la typographie !
Devant nous, une dizaine d’éditrices et d’éditeurs s’affairent, armés de claviers bruyants, de tasses de café froid et de regards perçants. Leur chef, une femme au chignon redoutable, lève les yeux sans sourire.
— Ah, la nouvelle cuvée d’auteurs en visite. Vous venez voir comment on tripote un texte jusqu’à ce qu’il crie « merci » ?
Un des visiteurs ricane, nerveux.
— On dit qu’ici, vous ne corrigez pas les fautes… ni rien d’autre. Qu’est-ce qu’il reste à faire ? demande-t-il d’un ton mi-curieux, mi-inquiet.
Je m’avance :
— Allons, ne croyez pas que la Boîte de la Soumission soit l’étape finale. Le boulot de ces gens, c’est de rendre nos textes plus… présentables.
— Présentables ? répète la rédactrice en chef, faussement outrée. Monsieur le blogueur, nous sommes plus qu’un atelier de couture littéraire. Nous, on espace les phrases, on recolle les bouts, on fait tenir les idées avec des clous syntaxiques et de la colle narrative. On est les menuisiers du sens !
Je me tourne vers le groupe :
— Vous voyez la différence entre un texte « écrit » et un texte « édité » ? C’est comme la comparaison entre une soupe Lipton et la soupe de votre grand-mère. Dans les deux cas, c’est chaud et c’est bon… mais y’en a une des deux qui vient vous chercher par les sentiments.
Un petit rire collectif se fait entendre au fond de la pièce. Même la cheffe du département esquisse un coin de sourire, avant de pointer une pancarte derrière elle, « ici, on coupe dans le gras, mais on garde la saveur. »
Le jeune homme au hoodie élimé ose intervenir :
— Et si on aime ça, la soupe Lipton ?
— Alors, répond la cheffe sans lever les yeux, publiez votre texte sur Facebook.
Des rires nerveux s’élèvent. Un stagiaire débordé avec une pile de pages dans les bras, passe en courant avec une mine déconfite.
— Quelqu’un a vu la fin du texte 192 ? Elle s’est sauvée entre deux paragraphes !
Le groupe éclate de rire. J’ajoute, avec mon ton de guide faussement blasé.
— Voilà le quotidien ici. Certains auteurs repartent amputés d’une métaphore, d’autres avec un texte plus court, mais plus solide.
Une éditrice, lunettes rondes sur le nez, s’approche d’une visiteuse et lui glisse à l’oreille.
— Vous savez, les textes, c’est comme les amours. Parfois, faut couper un petit boutte pour que ça respire mieux.
— L’Édition, mes amis, dis-je en voulant conclure la visite, c’est un peu comme passer à la douane, t’as beau penser que tout est en règle, y’a toujours quelqu’un qui va te demander d’ouvrir ta valise pour vérifier. Si vous voulez bien, on va se diriger vers le prochain…
Une femme ronde sort d’un bureau vitré, les mains sur les hanches.
— Je t’ai entendu, boss. Tu voulais couper court ?
— Oh non… pas elle, murmuré-je.
Je me ressaisis, un sourire coincé sur la figure.
— J’oubliais un pilier de notre organisation. Je vous présente Arielle, la directrice de la typo.
Elle s’avance, les joues rouges d’effort ou de colère, difficile à dire.
— La T-y-p-o-g-r-a-p-h-i-e, patron. Ici, on parle de polices, d’espaces insécables et de la guerre éternelle entre Times New Roman et Arial. Préparez-vous, c’est plus sanglant que la rivalité entre Brigitte et Réjean-Loup. Venez dans mon aquarium, comme ça, mon patron ne pourra pas fuir.
Au fond de la salle de rédaction, derrière une cloison de verre dépoli, une autre section bourdonne d’activité.
Un type mince, lunettes carrées, nous salue sans lever les yeux de son écran.
— Ah, les visiteurs de l’Édition… Bienvenue dans la salle de maquillage des paragraphes.
Il fait défiler des pages pleines de caractères, d’interlignes, de marges calibrées au quart de millimètre.
— Nous, on ne change pas le sens. On change le souffle. Vous voyez cette phrase ? Trop collée à la suivante. Elle a besoin d’espace et de respirer. La beauté est dans le vide.
— Roman est l’expert des caractères spéciaux, précise Arielle. Moi, je m’occupe du format et du grain de la typographie.
Roman hoche la tête.
— Chaque texte a son rythme. Certains marchent en talons hauts alors que d’autres ne jurent que par les bottes de travail. Une parenthèse ou un point-virgule, ça change toute la démarche.
Le stagiaire réapparaît, toujours essoufflé.
— On a un problème avec la police d’un titre !
— Quelle police ? demande Arielle.
— Georgia.
— Ah, celle-là… Elle veut toujours être élégante, mais elle finit toujours par avoir l’air prétentieuse. Mettez-lui du Garamond, c’est plus sincère.
Des rires étouffés s'élèvent dans le bureau. Jen profite pour me tourner vers mon groupe.
— Vous voyez, on parle juste d’humeurs, parce qu'une police trop droite et tout devient froid. Une trop ronde, ben le texte prend des airs de pâtisserie.
Une éditrice passe la tête dans le bureau et ajoute son grain de sel à l’intention du groupe
— Le plus grand drame de notre métier, c’est la justification automatique des caractères et des mots. Ça crée des trous béants, comme des silences gênés dans un souper de famille.
Arielle sourit.
— Exactement. On essaie d’éviter les malaises visuels en disciplinaire les lignes. On arrondit les angles, mais sans effacer les courbes.
Arielle me sourit de nouveau en tirant légèrement vers le haut sa blouse. Mon regard glisse malgré moi vers le petit bourrelet que son jeans refuse de cacher.
C’est à mon tour de sentir mes joues chauffer.
— Vous savez, un texte bien typé, c’est comme un corps bien habité. On ne remarque pas la structure. De petits guillemets bien courbés guident le voyeur… heu, le lecteur, bien entendu.
Je note la phrase dans un coin de ma tête. Elle est parfaite pour ma chronique.
La rédactrice en cheffe réapparaît, satisfaite, et se plante près d’Arielle.
— Bon, on a fini pour aujourd’hui. Un nouveau texte est prêt à quitter le nid. Il a été corrigé, poli, coiffé et habillé.
— Et maintenant ? je demande.
— Maintenant, il va rencontrer le design graphique avant de rencontrer l’univers. Et croyez-moi, dehors, ce n’est pas toujours tendre, surtout pas pour des sujets aussi polarisant que les femmes rondes le sont.
Je hoche la tête. Le groupe me regarde, partagé entre l'excitation et le vertige.
— Et voilà, une autre étape nécessaire dans la vie d’une publication, dis-je en refermant la porte du bureau 186.
Un homme bedonnant et barbu, resté muet durant toute la visite, lève enfin la main.
— J’ai une question plutôt… personnelle.
— Allez-y sans gêne.
— La relation entre vous pis Arielle… ça semble pas mal tendu. Pourquoi ?
Je soupire.
— Hum. C’est assez simple. J’haïs atrocement cette étape de la rédaction. Vous pouvez pas savoir à quel point ça prend du temps de réarranger la structure d’un texte entier. Chaque fois qu’on pense tenir la version parfaite, faut tout repasser dans le tordeur.
— Ah, je comprends, dit le barbu. Je croyais que c’était d’un autre ordre ce différend.
— Mais moi, je n’ai pas échappé le petit strip-tease, ajoute la grande blonde, sourire en coin.
— Ouais. Elle sait que j’aimerais bien l’avoir dans mes bras, comme dans mes histoires de confessions caféinées. Même si elle fait tout pour m’agacer, elle s’est toujours refusé le moindre petit bec.
— Peut-être qu’elle n’est pas dans ton clan !
— C’est une hypothèse…
Je claque des mains.
— Bon ! Venez, on passe à l’autre étage. Il ne reste plus beaucoup de gens à rencontrer.
Et oui ! On arrive à la fin de la visite. Mais ne vous en faites pas, je trouverai toujours un milliard de personnages du bureau à vous présenter.
C’est ainsi qu’on s’avance vers la prochaine partie du texte, soit la réédition du numéro 008, en lien direct avec le texte numéro 006.
Les échelons de la correspondance, inutile de chercher ça sur Internet, c’est une pure création d'un concept de communication en lien avec mes expériences.
Alors, préparez-vous, on va s’amuser à explorer le premier barreau de l’échelle, celui qui mène deux protagonistes vers le sacro-saint feeling du sommet. Je n’en dis pas plus, on se retrouve plut loin.
En attendant, regardez… désirez… rêvez… C’est un beau leitmotiv, non ? Merci de votre visite, comme d'habitude !
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