008- Les échelons de la correspondance (10DEC22 2/5)!
Avant de plonger dans la fable (parfaitement assumée) de mon système d’échelons de la correspondance, prenons deux minutes pour voir ce qu’en dit la psychologie, la vraie, celle qu’on enseigne dans les universités… pas celle à deux cennes sur Facebook ou celle de mononcle Serge.
Parce que, mine de rien, la psychologie moderne a son mot à dire sur le small talk, cette fameuse première étape de la communication entre deux êtres qui ne savent pas encore s’ils vont s’aimer, se tolérer… ou s’ignorer à tout jamais.
Bon, soyons clairs : je suis à des années-lumière d'être en mesure de vous pondre une thèse sur les grands courants théoriques de la psychologie. Ça n'empêche pas que j’ai plongé dans les bas-fonds du web pour répondre à mon interrogation.
Dans ce que j'ai compris, la psychologie repose sur des courants cognitifs (processus mentaux). Par exemple, il y a le béhaviorisme — où l’on apprend par réflexe, comme un chien qui bave dès qu’il entend des assiettes s'entrechoquer. Le cognitivisme — où le cerveau devient une machine à traiter l’info à la façon d'un Google neuronale. Il y a aussi le constructivisme — où chacun bâtit sa vérité comme un meuble IKEA monté au mieux de ses habiletés. Finalement, il y a le socio-constructivisme — où tout ça n’a de sens que si quelqu’un d’autre vous regarde faire.
Ouf! Wilhelm Wundt, un allemand né en 1829, père de la psychologie moderne, doit se retourner dans sa tombe à force de voir son nom cité sur des sites de coaching de couple, hihihi !
Mais revenons à nos moutons… dodus de préférence. Selon la psychologie, le small talk n’est pas une perte de temps. C’est ce qu’on appelle une « période d’échantillonnage affectif », une danse légère où deux cerveaux s’observent, s’évaluent et se flairent à distance.
On jauge le ton, l’humour, le rythme, le sens du sarcasme, souvent même l’orthographe (redoutable tueur de libido textuelle). Bref, c’est une phase où chacun décide s’il ouvre la porte ou s’il garde le verrou bien enclenché.
Les chercheurs appellent ça « l’ouverture réciproque graduelle ». Traduction libre : plus on se sent compris, plus on ose montrer sa vraie couleur.
Si ça peut vous rassurer, ce n’est pas juste de la théorie : les placoteux placotent pour vivre, pas pour meubler le silence.
Prenez, par exemple, une de mes collègues au bureau, celle qui est vieille fille et aux courbes judicieuses que j’évoque parfois sur le blogue comme au texte 184.
Elle discute, elle bavarde, elle rebondit sur tout. La plupart la fuient au bout de trois phrases. Pour ma part, je la soupçonne d’être simplement en mission de trouver un être humain capable de survivre à son barrage verbal et d’atteindre l’échelon deux de la correspondance.
Franchement, je lèverais bien la main pour participer à l’expérience. Je suis curieux, très curieux même. Et, disons-le, ouvert à la recherche appliquée sur mes théorèmes. Vous savez bien que je n'aurai pas ce plaisir, elle ne m'a pas adressé la parole depuis le billet 185… triiiiiste !
Autrement dit, le small talk, c’est l’antichambre de l’intimité. Ce n’est pas du vent, c’est plutôt du flirt déguisé en conversation météo.
Un « salut, tu viens d’où ? » n’a l’air de rien, mais c’est souvent une première sonde émotionnelle quiest lancée. En revanche, un « sa vas » envoyé sans ponctuation ni conviction depuis les abysses d’une appli de rencontre, c’est un carton rouge immédiat.
– Sa vas ?
– Oui, et toi ?
– Sa vas.
Fin du film. Aucun générique, aucun baiser final.
Alors, si vous êtes du genre à considérer le small talk comme un préliminaire social, j'y vais d'un conseil d'ami : mettez-y un minimum d’élégance, un peu d’humour, une vraie phrase, un mot bien choisi, et surtout… une orthographe qui ne donne pas envie d’appeler un/une ex pour se plaindre de la génération suivante.
Vu que je fais tout à ma façon, ma version du small talk est l’échelon un de ma théorie maison. On peut la nommer la correspondance initiale ou « comment un intellectuel un peu trop loquace et sensible aux rondeurs, tente d’établir un lien avec une femme bien en chair ».
Là où la psychologie parle de « révélation progressive du soi », je me réfère à l’image du cactus qui sirote une goutte d’eau dans le désert, les épines frémissantes à la moindre promesse d’humidité émotionnelle.
Avant d’en arriver là, il faut un déclencheur. Et cet entremetteur, c’est un mot magique qui a révolutionné la drague moderne, « le match ».
C'est un mot qui sonne plein de promesse et qui est la fameuse étincelle qu'on attend.
Comme on peut le deviner, « match » (et ses dérivés comme matcher) est un anglicisme qui tirer de l’anglais pour « correspondre dans un intérêt mutuel ». Pourquoi pas y adjoindre une expression dans sa forme littéraire, comme dans la phrase « strike a match » pour « allumer une… étincelle », huhuhu !
Bref, avec le même mot, tu peux trouver ton âme sœur… ou mettre le feu à ta soirée !
Le terme emprunté à bien des sauces s’est vraiment imposé au début des années 2010, quand Tinder a décidé que la compatibilité amoureuse tiendrait désormais dans un « glissement de pouce », le fameux « swipe » à droite si ça te tente, à gauche si tu préfères continuer ta quête virtuelle.
Quand deux solitudes glissent du même côté, la machine te lance un petit son victorieux, un « It’s a match » qui donne l’impression d’avoir gagné à la loterie de la libido.
Dans mon cas, soyons honnêtes, le match a toujours été un feu d’artifice. Plutôt une étincelle d'espoir dans un océan d’indifférence numérique allumant un micro-sursaut d’ego entre des silences prolongés.
Une étincelle, ça reste une étincelle. Et dans mon désert, j’ai appris à souffler dessus pour en raviver le feu iu l'éteindre à tout jamais.
Tel qu'écrit dans la première partie (le texte numéro 186), je vous partage donc une histoire illustrant ce fameux échelon un.
Tout commence, évidemment, sous la lumière bleutée d’un écran de téléphone intelligent. Je complète mon profil avec soin, comme si j’écrivais un CV sentimental.
– Âge : pas trop jeune pour les niaiseries, pas trop vieux pour les aventures.
– Statut : en couple non ouvert, mais ouvert d’esprit (ce qui fait une énorme différence).
– Préférences : une femme bien en chair, parce que les courbes, c’est ma religion.
– Zone géographique : Montérégie, parce que le romantisme a ses limites, surtout quand il faut traverser le pont Champlain (et maintenant, on ajoute Samuel).
Un soir, après une longue journée à me battre avec des chiffres dans Excel et des pensées coupables en zieutant mes collègues, le téléphone vibre. Une notification s’allume d'une petite flamme rouge. « It’s a match with Nadine »
Je bloque. Mon pouls s’emballe. Mon cerveau part en vrille.
– Non, pas possible. Une vraie Montérégienne? Une dodue? Une qui a swipé à droite sans se tromper ?
Mon index hésite à ouvrir la conversation, comme si un seul mot pouvait faire exploser l’équilibre fragile entre fantasme et réalité.
Briser la glace, même derrière un écran, reste l’étape la plus casse-gueule. Mais bon, la curiosité est une vilaine bête. Alors j’écris.
– Bonsoir Nadine. Je ne veux pas t’effrayer, mais je viens peut-être de revivre cliniquement.
Silence.
Je fixe l’écran comme un pèlerin fixe la grotte de Lourdes, espérant y voirun quelconque miracle.
Et celui-ci viens, LE miracle : trois petits points apparaissent. Elle écrit.
Moi : Salut Nadine! Ton sourire vient d’améliorer ma journée de 200 %.
Elle : C’est gentil! T’as souvent des statistiques aussi flatteuses pour les inconnues ?
Moi : Seulement quand l’inconnue semble aimer rire et manger du fromage fondu.
Elle : 😉 C’est dangereux de parler fromage dès le premier message.
Les échanges se multiplient. On compare nos restos cafés favoris, nos pires candidats d’OD et nos dimanches idéaux.
Elle m’envoie une photo de son chat, je réplique avec une photo de mon café latté trop artistique, sans motif en mousse, parce que je ne suis pas barista.
Signe indéniable que l'échelon un est affranchi : les phrases s’allongent et les silences se raccourcissent.
À ce stade, je sens la mécanique du small talk bien huilée. La conversation roule avec rythme et la curiosité prend racine. On n’est pas encore dans la séduction assumée, mais on flirte déjà sur le terrain de l’intérêt mutuel.
Finalement, je peux dire qu'on grimpe jusqu'à… l’échelon deux.
Attention : on garde trois points d’appui, comme quand on grimpe à une échelle (la métaphore est volontaire, pas besoin d’un casque de chantier, mais un peu de prudence ne nuit jamais).
Qu’est-ce qui vous attend plus haut? C’est encore du virtuel, toujours un peu timide, mais déjà chargé d’une électricité basse tension qui chatouille juste un peu. Si les échanges par appli tiennent la route en provoquant des sourires, des réflexions ou ce petit rougissement discret qu’on cache derrière un écran, c’est qu’une confiance s’est installé.
Dans le cas de Nadine, disons que la flamme était bien allumée. Elle n’a pas seulement répondu, elle a lancé de l’huile sur le brasier. Psst… pour la suite, ce sera vers le texte 009… pas avant qu'il ne soit revampé.
Avec toute cette confiance qui se développe, le terrain devient fertile pour le moment fatidique… le partage du numéro de téléphone. Oh oui. C'est le point de non-retour incluant ce frisson qui dit « OK, on quitte la garderie Tinder pour entrer dans la vraie cour de récré. »
À l’échelon deux, on délaisse un peu le clavier pour entendre le ton de la voix et découvrir la musique derrière les mots.
On s’envoie des textos qui n'attendent plus la nuit. On se surprend à sourire devant un écran vide… bref… on bascule du virtuel poli au réel électrisant… et à la perspective d'échange remplie de feelings.
Croyez-moi, c’est là que les choses deviennent sérieuses. Alors, on se retrouve au prochain texte pour la suite des échelons ?
D’ici là, grimpez prudemment. Parce que plus on monte vite, plus la chute peut être rapide et faire mal. Dans le grand chantier des relations modernes, les moins chanceux finissent souvent avec une entorse du cœur.
À la revoyure, chers lecteurs et lectrices et n’oubliez pas : le casque, c’est pour la tête, mais la prudence, c’est pour l’égo.
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