181- Retour vers le 007 (04OCT25 1/1) !
Tel que je me suis mindé depuis le début de l'année, je dois absolument retravailler dix vieux textes d'ici la fin de l'année : les relire, les repenser, les remodeler, puis les republier dans leur nouvelle mouture.
Sans vous faire de cachette, je considère cette tâche hoooorible et iiiiingrate ! J’ai tellement de sujets en attente que ça me fait rager de devoir attendre.
Mais bon, l’introspection, qu'elle soit intérieure ou littéraire, on n’y échappe jamais. C’est tellement humain de chercher du sens à nos états d’âme. Notre esprit est câblé pour comprendre, analyser, expliquer.
Même au repos, il mâchouille ses idées comme une gomme Bazooka déjà trop dure et sans saveur. On vit un événement, agréable ou pas, et, tôt ou tard, l’émotion oublié veut sa place. L’introspection, c’est un peu notre manière de digérer l’émotion… avec ou sans sel.
L’ego adore se mater, se comparer, se juger, s’évaluer. À force de s'y lancer sans arrêt, c’est épuisant… mais avoue que ça alimente notre identité comme un collation de minuit qu’on n’assume pas.
Ce hamster qui court dans notre tête à trois heures du matin, c’est lui ! On pourrait dire que c’est un processus inconscient, mais franchement, il est tenace. Même quand on essaie de l’arrêter, la pensée revient en boucle, comme ce foutu refrain de comptine qui s’incruste sans permission.
En réalité, c’est l’outil de survie ultime : réfléchir sur soi, c’est éviter de retomber dans les mêmes pièges ou de répéter les mêmes erreurs… et qui sait, peut-être se concocter une meilleure stratégie pour la suite.
Bref, on ne peut pas complètement y échapper… mais on peut choisir comment canaliser cette foutue introspection : méditation, écriture, humour ou carrément en la recyclant dans une histoire… sur un blogue !
Tsé, c’est peut-être grâce à cette gymnastique mentale que l’homo erectus est devenu homo sapiens… même si, soyons honnêtes, certains spécimens semblent avoir pris une pause café à l’époque de Néandertal et n’en sont jamais revenus, hihihi !
Alors, si vous suivez encore, je vous dis : « bienvenue dans mon introspection » ! Bon, ça suffit les préliminaires, je plonge direct dans le vif du sujet : la première partie de ce nouveau texte, qui prend la forme d’une porte ouverte fictive des bureaux de la rédaction.
Pour les retardataires, notez qu’on est déjà passés par les bureaux 146, 151, 155, 165, 169 et 176, chacun ayant un rôle bien défini.
— Allez, accrochez-vous, on poursuit la visite ! Et nous voilà devant les doubles portes 183. Ce bureau porte un nom qui fait lever pas mal de sourcils : Soumission. Ne vous faites pas d'idées, ce n'est pas dans le sens fessée et menottes. Je vous vois déjà sourire dans le fond. C'est plutôt dans le sens noble de l’envoi d’un manuscrit à la rédaction.
Les visiteurs, encore allumés par le petit numéro de Diane Vautrin du bureau 169, s'imaginent plonger de nouveau dans un univers de domination.
— Ces doubles portes n’ont rien de banal, dis-je d’un air solennel. À première vue, ce sont deux grandes plaques de simili-bois sombre, usées par tout ce qui s’y trame derrière. Mais approchez un peu.
Le groupe, un brin nerveux, s’avance à pas feutrés.
— Voyez-vous ces encoches? On dirait les griffures de tous les auteurs fébriles qui les ont poussés, espérant ardemment être publiés. Remarquez aussi la poignée horizontale, polie par des milliers de mains hésitantes, parfois moites, parfois confiantes, selon les jours et la teneur des textes.
— Vous n’allez pas nous faire croire qu’il y a des employés qui souffrent le martyr à travailler ici ? J’ai de la misère à me l’imaginer…
— Vous allez comprendre. Derrière ces portes, c’est LE passage obligé. On y glisse son texte dans sa version ultime, rafistolée, bariolée de rouge, peaufinée jusqu’à satisfaire ou du moins amadouer, les puristes de la rédaction. On y dépose sa petite création fragile… et ensuite, on attend le verdict. Certains repartent la tête haute, gonflés de fierté. D’autres ressortent les épaules basses, penauds comme des écoliers en échec. Tout le monde, sans exception, y laisse un morceau de soi.
Je marque une pause, avant d'ajouter quelques mots.
— Bref… ce bureau, c’est un rite de passage. Alors, prêts et prêtes à franchir ces portes ?
Un léger silence tombe sur le groupe. On n’entend plus que le bourdonnement des néons au plafond, comme si l’électricité murmurait des avertissements à ceux qui savent décoder le langage des électrons.
J’écarte les portes, qui grincent lentement, semblant donner encore plus de gravité à l’instant.
De l’autre côté, la pièce évoque une salle d’interrogatoire… version salle de rédaction. Une longue table trône au centre, couverte de dossiers vides, de cafés froids et de stylos abandonnés. Aux murs, là où on s’attendrait à voir des miroirs sans tain, ce sont plutôt des classeurs métalliques beiges qui s’alignent, scellant leurs secrets.
Plusieurs ont déjà tenté de les forcer, mais des verrous aux clés disparues veillent jalousement sur leur contenu.
Au milieu de la table repose une mystérieuse boîte noire, de la taille d’un panier à linge, qui semble régner sur les lieux. Une seule fente en brise les lignes, laissant filtrer une étrange lueur verte.
Tout au fond, un panneau lumineux projette en lettres rouge « SALLE D’ATTENTE DE VALIDATION ». On imagine aussitôt une file d’auteurs fantomatiques, serrant fébrilement leurs manuscrits, murmurant des prières ou tentant de se convaincre que, cette fois, c’est la bonne, l’ultime chance d’être publié.
— Vous voyez, dis-je en baissant la voix, ici, nos propres bruits finissent par trahir notre inquiétude.
Un visiteur ose alors demander :
— Et si on échoue dans notre espoir d'être publié ?
— Alors, on retourne à nos devoirs, avec l’humilité d’un étudiant qui a échoué à son examen de conduite. Si on réussit… on devient immortel, dis-je en affichant un sourire mystérieux.
Le groupe frissonne, et une dame au manteau rouge glisse une remarque à mi-voix :
— On dirait presque un confessionnal.
— Vous n’êtes pas si loin de la vérité, ajouté-je avec un sourire complice. Lorsqu’un auteur soumet son texte à la rédaction, il doit se dépouiller de son orgueil. On entre, on confie ce qui nous a fait suer et on ressort… soit pardonné ou recalé.
— Alors, qui veut être le premier à tester la validation et déposer une confession manuscrite dans cette urne à verdict ?
Un jeune homme nerveux, sac à dos en bandoulière, ose lever la main.
— Bon… je vais essayer, dit-il en s’avançant.
Je lui tends une feuille vierge.
— Imagine que c’est ton texte. Écris-y une pensée fragile, niaiseuse… ou même complètement nulle.
À mon grand étonnement, ce qu'il est écrit me laisse pantois, « Diane est la plus belle de la salle de rédaction. »
— Es-tu certain de ce que tu as écrit ? J’ai de la misère à croire qu’elle t’ait fait autant d’effet. Mais peu importe, vas-y.
Le garçon hésite, jette un coup d’œil à la boîte et souffle :
— On dirait un cercueil.
Une dame pouffe de rire, mais je prends aussitôt le relais.
— C’est une belle analogie. Un tombeau qui ressuscite certains morts… mais qui enterre aussi des paragraphes entiers.
Un murmure parcourt le groupe. Finalement, l’émule de Diane glisse la feuille dans la fente. La boîte avale le papier avec un bruit sec, presque gourmand.
Dès que la feuille disparaît, un déclic résonne et une petite lumière rouge s’allume au-dessus de la boîte.
— Ça veut dire quoi ? chuchote quelqu’un.
— Personne ne le sait, réponds-je en haussant les épaules, faussement grave. Peut-être que le comité lit déjà votre petite confession. Peut-être qu’il a senti la sueur de vos doigts sur le papier. Ou peut-être que ça ne veut strictement rien dire et que le système aime juste jouer avec vos nerfs.
Le groupe éclate d’un rire nerveux. Je frappe doucement sur la boîte, comme pour réveiller la bête.
— Voilà, mes amis. Ici, on ne s’attarde jamais trop longtemps. Le Bureau de la Soumission n’est pas un musée pour contempler son génie… c’est un passage obligé. On dépose son histoire, on attend et ensuite… le reste se décide ailleurs, dans les bureaux plus haut perchés.
Je referme les battants derrière nous. Ils claquent lourdement, comme des juges qui viennent de rendre leur sentence.
— Ah, et détail important, dis-je en baissant la voix. Les textes soumis ne retournent jamais dans les mains de leur auteur. C’est plutôt Réjean-Loup qui en hérite, avec la mention « brouillon » tamponnée en haut. Après ça, le pauvre gribouilli doit refaire tout le chemin…
— Oooooooh… Réjean-Loup ! s’exclame une femme aux joues enflammées. Si on peut retourner à son bureau, je suis partante.
— Hahaha ! Je lui ferai passer le message, question de ne pas le déranger pour rien.
Alors que tout le monde s’apprête à me suivre vers le couloir, un jeune homme au hoodie élimé se penche soudainement vers la boîte noire.
— Attendez une minute… y doit bien y avoir quelque chose là-dedans, non ?
Avant que je puisse l’arrêter, il y a déjà glissé ses doigts, comme si c’était un distributeur de snacks avec un sac de chips coincé.
— Hé, mon cher, ne fais pas ça ! lançai-je, mi-sérieux, mi-amusé. Cette boîte est une fosse commune pour manuscrits malchanceux.
Le reste du groupe éclate de rire.
— Une fosse commune ? répète-t-il en fouinant avec une ardeur renouvelée.
La visiteuse au carnet, celle qui parlait du PDF, s’approche et lève un sourcil moqueur.
— Si tu trouves un texte, ça va sûrement être écrit en latin sur du papier jauni… probablement une poésie de cégep refusée trois fois.
Tout le monde rigole. Le jeune insiste encore, mais ses doigts restent vides.
— Rien. Même pas un post-it.
Je pose une main sur son épaule, faussement grave.
— Normal. La boîte est gloutonne. Ce qu’elle avale, elle le digère. Une fois entré, ça disparaît, broyé dans l’estomac toujours affamé de la rédaction.
— Beurk ! dit-il en s’essuyant les mains comme s’il venait de toucher un monstre invisible.
— Voilà pourquoi je vous disais qu’il ne faut pas trop fouiner ici, ajoutai-je avec un clin d’œil au groupe. La Soumission, c’est une étape qu’on traverse… pas une chasse au trésor.
Sur ce, je pousse doucement les doubles portes pour refermer le sinistre bureau derrière nous, une autre étape du long processus de création ainsi révélée… ouf !
Si je laisse la visite de côté, en vrai, ça m’arrive de moins en moins que de renvoyer une création littéraire au stade de brouillon.
Je m’oblige à l’écrire jusqu’au bout, sans retour en arrière. Je suis souvent contraint de remâcher le tout, de brasser le contenu dans une bile de feelings, d’y ajouter quelques enzymes créatrices, de digérer avec une bonne dose d’hormones de textogenèse, de filtrer les bons nutrimots et de… ouin… je vais m’arrêter là pour éviter de tomber dans le scatologique.
Vous comprenez l’idée : obtenir un texte un tant soit peu ficelé, c’est tout un processus de narratolyse, hihihi !
Peut-être que je relis et transforme le contenu par trois relecture de suite, mais mon équipe considère toujours la soumission comme finale.
Dans la vraie vie, la Soumission, c’est l’étape où le texte est repris du correcteur, puis transféré directement sur le blogue. Voilà, un autre secret dévoilé.
Bon. Le vrai but de ce billet, c’est d’aller rééditer un désastre littéraire pondu en 2022, à l’époque où mon écriture était encore embryonnaire et surtout… hooooorible… un vrai carnage !
Alors, sans plus tarder, je me lance et je réajuste le tir de ce vieux texte à coups de rafales d’AK-Quarantetextes !
Pour votre information, le texte sera disponible sous peu. Je viens tout juste de le glisser dans la fameuse boîte noire du Bureau de la Soumission. Mon papier revampé, à mon humble avis, est une réédition qui en vaut le détour !
Alors je vous dis : patience, ça s’en vient… Merci de votre visite et à très bientôt pour découvrir la bête littéraire ressuscitée !
Psssst, même le titre sera mis-à-jour pour, « 007- Oh Rosie (09DEC22 1/1) ! ». Re-psssst, ça doit faire bizarre d'avoir sous les yeux, un texte qui ne parle ni de bourrelets, ni de fantasmes… hihihi !
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