007- Oh Rosie (09DEC22 1/1) !
C’est débile à quel point mon algorithme de réseaux sociaux me décode et comment il ne fait qu’alimenter le feu qui me brûle la zone des… papillons. Une poignée de Pepcid ou une rasade de Pepto-Bismol n’y peuvent rien contre cette chaleur. En fait, je préfère laisser le brasier prendre de l’ampleur et s’emballer sans retenue.
Ce brasier, c’est, bien sûr, mon désir sans vergogne pour les femmes à bourrelets bien dodus… les femmes rondes ou grosses, si vous préférez.
Je ne vous cacherai pas que, dans mon environnement de travail, je suis chooooyé d’avoir des collègues féminines qui me font carrément capoter de désir. Est-ce qu’elles le savent ? J’en doute fort. Une chose est certaine, les collègues masculins, eux, ils le savent fort bien, hihihi !
En plus d’avoir des collègues toutes en courbes, j’ai des connaissances aux bourrelets fabulous, j'ai des amies aux hanches bien pleines et mes réseaux sociaux débordent de ces femmes rondelettes qui exultent le body positivisme à qui veut bien l’entendre.
Parlons-en de ce bodypositivisme, qui est devenue un état d'être qui atteint toute les sphères de la société. Vous n'avez rien entendu de tout ça ? Wow ! Soit vous êtes ermite ou vous avez fait le choix de vivre sans contact avec l'extérieur.
Juste par la racine des mots composant l'expression, vous pouvez en déduire sa signification. Force est de constater qu’il y a, à mon humble avis d’homme de la campagne pas trop habitué aux grands débats de société, deux visages au body positivisme, deux façons d’habiter ses rondeurs !
Ne partez pas sur les chapeaux de roues en m’accusant de quoique ce soit, j’ai déjà un parti pris en faveur des rondeurs, vous le savez bien.
À ce que j'entends, lorsqu’on parle du body positivisme comme d’un bloc, il existe en réalité deux approches bien différentes, deux chemins qui partent quand-même du même constat : les corps ne devraient pas être jugés, hiérarchisés ou réduits à une seule norme.
La première voie, que j’appellerais Militactivisme corporel, c’est celle de la femme engagée qui se bat contre la grossophobie. Elle revendique le droit d’exister sans excuses dans l’espace public, elle dénonce les discriminations et elle pave la voie vers une société où toutes les formes et couleurs de corps peuvent coexister.
Pour elle, les bourrelets ne sont pas une mise en scène, mais une carte d’affaires bien dodue. Elle fait de son quotidien un manifeste en s’affichant dans des photos non retouchées sur les réseaux, en adoptant des prises de position pour défendre les plus marginaux, en osant les discours clairs sur les défis qui s’imposent aux gens marginalisés.
Sa grande force, c’est de transformer son vécu en arme politique revendicatrice.
La deuxième voie, plus instinctive, plus sensuelle, je la nommerais Éroticattitude. Ici, la femme choisit de jouer avec ses rondeurs, de les offrir comme un spectacle assumé et gourmand. Elle n’essaie pas d’éduquer ou de convaincre, elle s’offre en jouant la carte de la séduction.
Ses bourrelets deviennent un terrain de fantasmes, un champ de désir qu’elle cultive pour attirer les regards, les clics et les abonnés fascinés par les courbes hors normes.
Ce body positivisme-là n’est pas militant au sens classique, mais il a sa propre puissance : il retourne le stigmate des bourrelets en objet de fantasme et redonne aux rondeurs une aura charnelle complètement folle.
Deux voies différentes, presque opposées dans leurs méthodes, mais qui mènent à la même conclusion : le corps gros ne doit plus être caché. Il a le droit d’exister, de rayonner, quitte à déranger ou à exciter. Et c’est justement dans ce choc d’idées que le body positivisme trouve toute sa richesse.
Vous l’avez compris, mes réseaux sociaux débordent d’une armée de femmes aux courbes somptueuses. Elles y exposent des fragments de leur quotidien, des parcelles de militantisme… et quelques généreux lambeaux de peau !
Parce que je découvert un monde infini où les bourrelets sont mis en valeur dans des numéros de scène burlesque, je ne dois pas oublier que ses artistes s'exposant sur les réseaux furent mon entrée confirmée dans la fat-culture !
En clamant un droit à une liberté que l'on avait abandonné, ces artistes me font ouvrir les yeux sur un monde que je croyais fantasque. Ils me font découvrir des mondes pleins de mystères, grâce à la magie des abonnement à un compte.
Et, parmi ces artistes, j’ai, comment dire, jeté mon dévolu sur une personne que je considère comme l'image de mes désirs… corporels les plus fou. Ouf… c’est débile comment cette artiste hors norme dégage un sex appeal animal, un queernes félin, une drive de fauve.
C’est Rosie Bourgeoisie, bien sûr ! Tout ceux qui s'intéresse à la scène artistique burlesque montréalais savent qui est Rosie. Je ne la connais pas personnellement, mais Rosie est sur mes réseaux sociaux depuis… 2013 ! Faites le calcul : ça fait une maudite trotte. On pourrait quasiment dire que je suis un conjoint-de-like, hihihi !
Même si la CAQ veut nous arracher les mots inclusifs de la bouche, moi, je vais le dire bien fort : « Iel rayonne dans toutes les sphères de sa vie. Ooooooh que oui ! Hoooolala Rosie » !
Petite mise-en-garde… les photos qui suivent ne sont pas des images de Rosie… disons que je dois respecter le principe du droit d'auteur, même si je suis en mode sans but lucratif !
Attention, chers lecteurs et lectrices, je ne suis pas un as de l’écriture inclusive. Cinquante ans de littérature francophone dans le corps, ça laisse des réflexes difficiles à déloger. C’est comme la religion, quand tu commences ton enfance avec un baptême, ça reste imprimé en toi jusqu'à l'extrême onction.
Comme on se le faisait dire tellement souvent, « Dieu est partout, il vie en nous ». Eh bien pour moi, Rosie aussi est en moi (dans ma tête, on s’entend !).
Alors voilà, d'entrée de jeux, allons-y pour une présentation qui n'a rien de brève en soi ! Rosie est non-binaire (ni homme ni femme), opulente (formes développées), voluptueuse (sensuelle, intense et raffinée), queer (hors des normes hétéros et cisgenres) et même genderfuck (brouilleur volontaire des codes de genre).
Ouf ! J’ai dû googler chaque terme pour être certain des définitions. Si vous vivez en campagne comme moi, vous êtes sûrement aussi perdu que je l’étais : tous ces mots n’existaient pas dans mon ciboulot de p’tit péquenaud.
Je comprends que ça puisse déstabiliser, voire rebuter les moins ouvert d'esprit, mais bon… notre Internet délié met ces notions de plus en plus de l’avant.
Et je dois l’avouer, j’ai beaucoup appris sur la culture queer grâce à Rosie. Mettons je ne connaissais que les termes gay ou lesbienne avant que je m'intéresse à la culture du burlesque. Tout le reste me paraissait un autre monde. C’est gênant, non ?
Bon, avec mon désir de réveiller ce qui dormait en moi en étant en enfant-ado- adulte pogné en dedans, me suis ouvert les yeux sur la culture LGBTQ+, grâce à des gens qui ont de la drive à exposer leur ligne de vie.
Que fait Rosie concrètement ? Eh bien, iel roule sa bosse dans le milieu burlesque, comme professeur de danse et artiste de scène, pas « effeuilleuse », pas « danseuse », non, artiste, point.
Si vous n’avez jamais vu un vrai show burlesque, je vous mets au défi d’y aller. C’est indescriptible. Vous allez passer par toute la gamme d’émotions et en sortir avec un sourire collé dans la face.
J’ai d’ailleurs profité de l’écriture de ce texte pour faire une petite recherche sur Rosie et préparer une biographie factuelle de cette grande artiste…
Comme je n'arrête pas de l'écrire, Rosie est un artiste queer de Montréal, connu pour son travail en burlesque drag/genderfuck et pour son activisme body-positive. Iel se présente souvent comme — préparez-vous si votre seule référence reste la langue de Molière — « The Opulent & Voluptuous / Enby Fantasy » (Opulente & Voluptueuse / Fantaisie non-binaire). J’avoue qu’en français, ça sonne moins cute !
Mais bon, c’est là que j’ai appris qu’Enby se prononce N-B (en anglais) et signifie non-binaire.
En plus d’être artiste burlesque, il faut ajouter une flopée d’autres titres sur son CV (je vais utiliser le masculin pour simplifier l’écriture) : comédien et dramaturge, interprète, modèle, costumier, couturier, professeur de danse, producteur d’événements, éducateur en amour propre et en séduction, influenceur… et j’en oublie sûrement.
En passant, je ne sais pas si rope bunny se met sur un CV, mais dans le cas de Rosie, je dirais que oui ! Une chose est confirmée, Rosie prouve à la galaxie entière qu’être toutoune peut comporter certains inconvénients, mais que ça n’empêche en rien de rayonner dans galaxie.
Et ce rayonnement déborde dans tout l'univers ! Au-delà de la scène montréalaise, Rosie s’est produite à l’international (par exemple au Toronto Burlesque Festival). Iel est aussi reconnu comme producteur d’événements cabaret — le concept ThemFatale lui est crédité comme création et animation.
Dans les entretiens et portraits que j’ai lus, on retrouve aussi l’histoire d’une personne ayant grandi à Ahuntsic-Cartierville, qui décrit son travail comme une manière de déstigmatiser les corps atypiques et de créer de l’espace pour la diversité corporelle sur scène.
Rosie est très actif sur Instagram, ayant même une page alter ego « 🌶️ spicy 🌶️ »… hooooolala… c’est fooooooou ! J’ai appris à connaître Rosie au gré de ses publications et story, de ses manifestes et tout ça.
Au fil des années, plusieurs personnages de scène ont vu le jour sous ses talents. Je n'en connais pas leur vrais noms, mais peu importe, voici ces personnages que Rosie nous a fait découvrir (croyant également me souvenir) :
Un numéro combinant l’imagerie « bunny » (costume de lapin) avec une esthétique dominatrice — mélange d’humour, de fétichisme de scène et de burlesque.
La « bonne française », un classique du burlesque. Rosie en a fait sa propre version en réinterprétant ce stock-character à sa manière : sensuelle, ironique, flamboyante… et bien sûr, voluptueuse.
Pourquoi pas, un clown triste version burlesque. Ici, Rosie mélange humour, vulnérabilité et provocation. Ses maquillages clownesques sont juste incroyables, un vrai carnaval de subversion.
Et bien sûr, on ne peut pas conclure sa biographie (de truc que je connais) sans parler de ses soirées cabaret ThemFatale qu’iel conçoit et anime (présentées notamment dans la programmation de Fierté Montréal). C’est immersif, explosif, queer à souhait : une fusion de performances, d’animation et de danse, portée par une esthétique trans, genderfuck et queer. Allez voir quelques extraits et photos de ThemFatale, c’est eeeeeeexcitant !
Pssst… ThemFatale… Nous Sommes Fat-Glamour… petit essai maison pour donner un sens franco au terme ! Pas pire, non ?
En guise de conclusion, je vous somme d’aller explorer les différentes Rosie-pages internet. Si vous osez lui poser une question genre DM, il y a de bonnes chances qu’iel vous réponde direct ! Pour les curieux, un article-entretien est dispo gratuitement par le Journal de Montréal version internet, datant de 2018.
Je suis sûr que vous l’avez remarqué : tout au long de ce texte, je n’ai pas parlé de la taille ni des bourrelets de Rosie. Mais je ne vais pas faire semblant, ce sont justement ses attributs physiques qui m’hypnotisent depuis que j'ai découvert son existence — ses plis de hanches, ses gros seins, son regard, sa driiiiive… je suis fou 360 de Rosie !
Boy… c'est un rêve à voir exploser sur scène… un jour… je me le souhaites de la voir liiiive.
Voilà ! J’espère avoir éveillé votre curiosité et que vous allez retenir quelques-uns des nouveaux termes croisés dans mon texte, avant d'aller vous abonner au différentes pages de Rosie. Meeeerci de votre passage sur le blogue ! Et pour finir, je vous laisse un refrain qui me revient…
« Oh Rosie, tout est blanc, tes yeux m'éclairent
De t'avoir eue un instant, j'étais tellement fier
Tout ce qu'il me reste à présent, l'envie de tout foutre en l'air
Et de recommencer la nuit Rosie »
Refrain de la chanson Rosie de Francis Cabrel, 1989
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