021B- Un Pepsi au troisième (28OCT26 3/2) !

  Je suis sûr que vous avez noté la numérotation singulière de ce texte, le premier de l’histoire du blogue qui comporte une lettre. Ben, la raison en est assez atypique. Pourquoi ?
  En rééditant le duo de textes 020 et 021 originaux, leur version banale de 2022, je devais absolument donner des lettres de noblesse à la femme qui m’a, dirais-je, ouvert les yeux à un monde de feelings que je n’avais jamais connu auparavant.
  Ben oui, j’avais déjà tout vécu ce qui existe dans l’univers de l’autosatisfaction, parfois égoïste. Mais la véritable satisfaction de tous les sens, seulement atteinte lors d’un échange partagé et consensuel, je n’avais JAMAIS franchi ce pas avant ce jour.
  Avec du recul, est-ce que je pourrais dire que la prénommée France de mes textes 020 et 021 est à l’origine de tout mon amour bourrelesque ? Sûrement qu’elle en est une bonne instigatrice. Je peux aussi dire qu’elle est à l’origine de mon émancipation, heu… physique !
  Au risque de me répéter, jamais avant cette rencontre, je ne peux dire que j’avais déjà vécu une proximité physique dans l’optique d’une relation intime. Jamais je ne m’étais dévêtu devant une femme ou encore dévêtu une partenaire.

  Ouin, sans vous le cacher, j’ai déjà été aux danseuses, en gang, on s’entend. Je me suis souvenu d'une fois très mémorable, en lien avec mon texte, nous nous étions donné rendez-vous « aux danseuses » dans un bar d'une région reculée.
  La soirée… ou la nuit… était endiablée, du monde partout, de la musique, de l'alcool, des femmes ! Il est venu le moment, sous les encouragements de mon groupe, où je me suis offert un moment VIP avec une effeuilleuse, dans un isoloir pas si isolé.
  Si je me rappelle bien, le coin « danse contact », comme on dit, était une grande alcôve de type « vestiaire sportif », avec de longs bancs sur les murs, plongée dans le noir et son ambiance secrète.
  N’allez pas crier au scandale, votre blogueur n’a pas eu de relation sexuelle dans l’isoloir où d’autres couples hommes-danseuses faisaient leurs affaires plus loin, habillés par la noirceur ambiante.
  Et moi, ne riez pas, je ne me trouve pas encore ridicule aujourd’hui d’avoir osé cette demande, j’ai fait une demande très spéciale à la danseuse qui était tout juste plus-size.
  Je lui ai demandé de se vêtir de vêtements de tous les jours, comme jeans et t-shirt plutôt qu'un déshabillé en résille noir, woooow !
  Vous auriez dû me voir lorsqu'elle fut de retour en jeans et talons hauts ! C’était comme déshabiller sa « date » et découvrir son intimité pour la première fois.
  Après cette soirée, j’ai tellement désiré vivre et revivre ce moment que… malgré mes prières… je suis demeuré fidèle à mon petit moi.

  Les années qui ont suivi furent sous le signe de ma sempiternelle question : « pourquoi pas moi ? »
  C’est ainsi qu’un jour, après avoir complété des études collégiales et envoyé des CV à qui voulait bien en recevoir, je me suis retrouvé à travailler dans une petite boîte d’une petite ville, une compagnie qui allait prendre de l’expansion.
  France est ensuite apparue… et les autres… mettons. Pour vous résumer la trame des textes 020 et 021, j’ai accueilli France sur le pouce, qui était alors une caissière d’un Dollarama. Âgée de la quarantaine et moi de la vingtaine, un écart d’âge qui a disparu lorsqu’elle m’a invité à partager un Pepsi chez elle.
  C’est simple comme histoire ? Surtout pas ! Il y a les volets assez spécial à raconter, celui de « prendre une douche » chez une inconnue et de « se faire laver » avant de passer à table !
  Au lieu de vous contenter de ce mini-survol, go, allez lire les volets en entier si vous ne l’avez toujours pas fait. Je vous verrais bien entrer dans une salle de cinéma juste pour regarder la deuxième moitié d’un film.
  Ouin, il y aurait peut-être plus d’action et davantage de péripéties, une conclusion bordée d’un épilogue, mais vous auriez manqué toute la psychologie des personnages.
  Justement, parlant de la psychologie des protagonistes, ben… celle de France est tout un cas spécial, unique et inoubliable. Je vais terminer de vous raconter ce que j’ai vécu avec elle, sur une période d'environ quatre mois.
  Disons que ce point est un ti-peu vague sur ma timeline. Peu importe, ce sont les souvenirs qui me restent qui comptent… les feelings et tout ce que je vous raconte.
  Prenez note que même si mes anecdotes avec France peuvent être très graphiques et assez intimes, je fais le maximum pour que ça reste dans la suggestion. Votre imaginaire prendra sûrement le relais pour tricoter des scènes fidèles à ma réalité.
  Entre autres, lorsque je soumets mes textes à l’intelligence artificielle pour la correction orthographique, syntaxique et de conjugaison, ben, les passages avec des « tout nus » disparaissent au nom de la morale. D’autres fois, certains mots litigieux causent du souci pour le référencement Web et la publication dudit texte.
  C’est un peu pour ça que je suis devenu probablement trop prudent dans le choix des mots. La censure peut être contournée avec pas mal de tricot littéraire, mais elle existe toujours.
  C’est sur ces mots que je retourne à l’appartement de France et que je continue de vous rapporter l’histoire comme mon souvenir est capable de me la rapporter… que j’espère sans trop de rationalisation (la mémoire comble les trous pour que ça fasse du sens). Boooonne lecture !

  Je tourne la tête à gauche pis à droite, je suis sûr qu’Alain Stanké va sortir du placard pour révéler que je me suis fait prendre dans l’émission « Insolences d’une caméra » ou encore… que l’équipe de « Sexy Cam » m’annonce que je me suis fait piéger par France, une comédienne. Grulp… je n’avais vraiment pas le goût que l’on voie ma bette et mon cornichon dans un sketch pour rire de moi juste avant « Bleue Nuit ».
  Nu comme un ver et bandé comme un puceau, j’ai vite saisi que ça allait être ma fête en voyant France à genoux entre mes cuisses.
  My God, je ne savais pas encore que la réalité allait dépasser la fiction, même si j’imaginais aisément quelle serait la suite de l’histoire. Tsé, inexpérimenté j’étais (que je suis encore), mais j’ai quand même reçu une éducation sur l’intimité par les livres et… l’Internet… ouin.
  Vous êtes comme moi hein, vous pensez fellation, bande de lecteurs et lectrices voyeurs. Heu… pour votre gouverne, j’ai peut-être découvert qu’il y a probablement mieux comme ressenti visuel, auditif et tactile. Je parle par expérience ! Bon bon bon… continuez de lire, vous allez voir que ce n’est pas si sorcier.
  France a d’abord passé ses gros bras sous les bretelles de sa nuisette et abaissé le vêtement jusqu’à sa taille. Mon Dieu !
  Je vais retenir mes mots, c’est impossible de vous décrire le paradis de la planturosité… sans que vous ne soyez parmis les témoins. C’est garanti que je vais emporter le souvenir de ce moment jusque dans ma tombe.
  Si, avant de mourir, le fil de notre vie passe en fast forward avec les moments marquants de l’existence, je pense que la lumière au bout du tunnel fera pause sur France… ouin.
  Je tiens mordicus à ma petite nouvelle règle, soit de rester dans une description moins graphique des actes intimes, mais l’enthousiasme du souvenir risque de se reflèter sur le clavier.
  Imaginez des seins géants, aplatis par la gravité terrestre, lourds et galbés, aux auréoles du diamètre d’une assiette à dessert… c’était complètement malade pour mes yeux de gars de la vingtaine qui était encore dans l’enfance de l’intimité. En passant, ça demeure complètement dément également pour mes yeux de la cinquantaine, tenez-le pour dit.
  Avoir une adolescence qui n’avait servi qu’à jouer à Donjons et Dragons, à collectionner des cartes de hockey ou à jouer au soccer dans le parc avec les autres ti-culs en bécik, ça ne créer pas l'imaginaire pour s'ouvrir à des moments de feelings d'une période d'épanouissement.
  En à peine 30 minutes, France m’a conduit à la frontière de l’adulterie, passant l’adolescence sans passer par GO et réclamer 200 $. Je dis bien « à la frontière », car je ne savais pantoute ce que je devais faire pour exprimer pleinement mon nouveau statut d’adulte.
  Bon, je dois accepter que, depuis ce temps-là, je dois bien être coincé dans l’adulescence permanente… c’est ça !

  Revenons à nos melons… heeeeuuuu… à nos moutons que je voulais écrire. Pssst, ne soyez pas effrayés, vous décrire moult détails de ce qui s’est passé sur le divan n’est pas l’essence de mon texte. Votre imagination et votre rationalisation sont bien capables de combler les vides.
  Ce que je peux vous dire, c’est que mon baptême d’entrée dans une vie d’adulte tellement rêvée n’avait absolument rien de conventionnel. Dans les films, le gars et la fille s’amourachent au bar, ils se retrouvent chez l’un ou l’autre, s’embrassent, se déshabillent, couchent ensemble, puis terminent leur rencontre par une clope au lit… bof, ça fait pas mal 1990, une vape plutôt… ouin, ça fait trop 2020… une livraison McDo Uber Eats, ça oui, c’est tout à fait 2026.
  Je devais découvrir qu’il n’y a pas qu’une seule façon de faire l’amour et que… ouin… beaucoup d’autres questions viendraient… plus tard.
  Toujours est-il que mon zucchini dressé s’est fait palper de toutes les façons possibles, donc j’ignorais les possibilités et la variabilité de ses sensations.
  Ouf, France maîtrisait les tenants et aboutissants de l’art de « cuisiner les aubergines ». Au-delà du traditionnel va-et-vient de la main, j’étais embarrassé par le peu de connaissances que j’avais en la matière, même si c’était mon outil.
  France dut user d’un répertoire de techniques inimaginables, incluant les caresses nommées l’anneau, le tunnel, la paume, les torsions, l’avant-bras, le vagin sans fin… toutes !
  Psssst, j’ai appris le nom des caresses de l’attribut mâle par un livre imprimé, oui oui, consulté via une boîte croque-livre sur le terrain d’une église ! Hihihi !
  Chaque fois que France percevait que je perdais le contrôle, elle se calmait, attendant que je revienne sur Terre.
  Vous pouvez me croire, j’ai compris assez vite que, si je voulais prolonger les feelings, il fallait absolument que je retienne le moment fatidique. Le « edging » ou « l’art de la retenue », ce n’est pas trop facile, guuuurlp !
  Elle n’a pas dit traître mot durant tout… le traitement… ou la torture. J’étais comme complètement gaga, perdu dans ma tête, égaré dans ce maelström de sensations qui se voulait parfois douloureux à force de me retenir.
  En osant baisser les yeux, je pense bien que je n’ai jamais vu mon petit bout d’intimité être aussi cramoisi et engorgé d’envie… et désireux de tout laisser tomber.

  France voyait bien mon trouble et les supplications du corps. J’ai compris plus tard que la suite sans fin de caresses était préméditée. Et c’était d’autant plus flagrant lorsqu’elle extirpa un tube de lubrifiant de je ne sais où.
  Perplexe et très intéressé, j’ai regardé France se huiler les seins, sans trop comprendre son petit manège. En fait, je refusais d’admettre que je savais que j’allais laisser des litres… heu, j’exagère… des millilitres de moi-même, juste là… entre ses… melons.
  Cette pratique sexuelle riche en feelings a des noms aussi évocateurs que branlette espagnole, la cravate du notaire selon Wikipédia, ou titjob, emprunté de l’anglais. En bon vieux Québécois, on dit plutôt le crosse-boule !
  Je ne me prolongerai pas dans l’étude linguistique de la chose, car je dois bien y avoir laissé une partie de mon âme dans sa craque moelleuse.
  Aujourd’hui, quand j’y repense encore, je sais que la nostalgie y est pour beaucoup, mais je pense que ce fut l’orgasme le plus intense de ma petite vie. Jamais ça ne reviendra, j’en ai fait le deuil, mais j’en garde toutefois des souvenirs impérissables. Oui, oui, vous avez bien lu, « DES » !
  Seuls les propriétaires de saucisse peuvent reconnaître que les sensations de cette caresse ont un ressenti qui n’a d’égal dans l’univers, tellement les stimuli de tous les sens sont sollicités. 
  Hoooolala ! Vous pouvez me croire, le geyser de sensations ultimes ne s’est pas fait attendre in-éternam… une bombe atomique de fluide est venue confirmer mon sacro-saint orgasme.
  Par la suite, France m’a abandonné à mes derniers spasmes pour revenir avec une débarbouillette chaude à la main et une serviette de bain couvrant les seins.
  Comme dans la douche, c’est elle-même qui entreprit de laver ce… coin-là… même si j’étais incapable de ne pas me laisser faire. La période réfractaire avait débuté, oui oui, ce moment où l’organe qui ramollit a besoin de repos et devient… très chatouilleux.
  Ce fut complètement m-a-l-a-d-e ! Comment revenir à la vie normale après avoir eu une idée de ce que pourrait être le paradis ?

  Bien sûr, je me suis rhabillé, sans vraiment vouloir partir, avant de me retrouver à nouveau attablé avec un verre de Pepsi. Avec le plus magnifique des sourires, elle m’a dit que j’étais de nouveau le bienvenu pour ce genre de gâterie… et qu’elle avouait être en admiration devant ma sensibilité tactile et mes yeux qui n’avaient cessé de pétiller.
  Croyez-le ou non, notre manège de rencontres a duré trois ou quatre mois. Parfois, on soupait ensemble en écoutant les nouvelles, agrémentées de small talk, juste pour passer le temps. D’autres fois, c’était juste un « call de taxi » où je laissais France à l’entrée de son bloc, sans rien faire d’autre. D’autres fois encore, un partage de café se transformait en douche, caresses et échange de fluides.
  Quand arrivaient ces moments, je savais que je devenais un objet entre ses mains et ses seins. Elle ne voulait rien savoir des baisers, d’un échange de caresses ou d’une sexualité partagée.
  Elle me l’a pourtant déjà dit plusieurs fois : elle voulait juste ma… queue… et me regarder prendre mon pied… ressentir mon plaisir s’éjaculer avec force… et tous les spasmes qui accompagnaient la libération.
  J’ai accepté d’être le boytoy (homme-objet) de France et jamais je n’en ai manifesté le moindre regret. Chaque occasion de partage, que ce soit devant un Pepsi, un café ou un bidule à réparer ou à installer, comme son air climatisé, fut et sera toujours un moment d’échange riche en gratitude.

  Quand sont arrivés les premiers flocons, elle m’a annoncé qu’elle quittait la région pour aller vivre à ville Laval. Le pourquoi de ce déménagement ne m’a jamais été révélé.
  Peu importe, je l’ai pris durement, assez même. Mettons que c’était ma première peine d’amour de ma courte carrière d’amoureux. « Ben voyons donc ! Dans tout ce que tu m’as décrit, elle est où, l’amour ? » me direz-vous. Ben… justement. C’est là que ça devient compliqué.
  Si vous prenez la définition classique de l’amour, celle des films, des chansons, des cartes de Saint-Valentin et des couples qui se tiennent la main en balade pour promener le chien, je serais bien embêté de vous en trouver un peu.
  France ne voulait pas de cette relation de couple dont je rêvais depuis la puberté. Elle ne voulait pas d’un chum qu’elle serait obligée de torcher. Elle ne voulait pas de petites attentions romantiques, de fleurs, de soupers aux chandelles ou de promenades main dans la main.
  Elle voulait juste son ami… avec bénéfices. Je ne vous cacherai pas que je ne connaissais pas le concept de fuckfriend avant de rencontrer France. Lorsque je me suis mis sur les réseaux assez récemment, faut dire que j’ai découvert l’existence d’autres relations loin du traditionnel mari / épouse.
  De plus, l’idée qu’une femme puisse être celle qui réclame les envies de s'envoyer en l'air, c’était tout à fait impossible à concevoir dans ma tête, bloquée par les différents dogmes de ce qui était considéré comme la normalité, à l’époque.
  Tsé, je devais accepter l’idée qu’une femme ayant goût au plaisir de la chair n’est pas une femme hystérique à faire soigner… hoooolala, non ! J’avais accepté, non sans difficultés et en gardant enfouies mes idées préconçues, que devenir un… bibelot, c’était une avenue du domaine du possible !
  Un soir, entre deux conversations banales, n’oubliez pas que j’ai complètement égaré la teneur de nos conversations passées, j’extrapole et j’imagine, j’ai quand même fini par lui poser la question.
  — France… est-ce que tu m’aimes ?
  Elle m’a regardé quelques secondes sans répondre, avec ce  silence gêné où on cherche une façon polie de donner une réponse qui ne sera pas celle attendue.
  — Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
  — Tu n’es pas correcte de répondre par une question. Ben… est-ce que tu m’aimes ?
  — Tu voudrais que je te dise oui.
  — Mettons que ça me ferait plaisir.
  — Si je te disais non ? Alors je vais te dire la vérité. Je ne t’aime pas comme tu voudrais que je t’aime.
  Ouch. Même à vingt-cinq ans, sans expérience amoureuse au préalable, je comprenais parfaitement cette phrase-là. En fait, dans toutes mes « relations » avec les filles, j’imagine bien que j’ai toujours évité de possibles moments de rapprochement pour ne pas affronter la peur du rejet.
  — Mais je t’aime quand même… à ma manière.
  — C’est-à-dire ?
  — T’es ben compliqué, toi.
  — C’est toi qui viens de me dire que tu m’aimais !
  — Oui, mais pas comme dans tes films. Vous, les gars, vous voulez toujours mettre un nom sur tout. Mon chum. Ton amie. Mon amoureuse. Ta blonde. Ton aventure…
  — Je… je suis quoi ?
  — Mon boytoy. Voilà. Ça, tu comprends.
  — C’est quand même particulier comme relation.
  — Tu sais quoi ? Quand tu arrives chez moi, je sais qui entre par la porte. Je sais comment tu vas réagir. Je sais quand tu es nerveux. Je sais quand tu es heureux. Je sais quand tu essaies de faire semblant que tout va bien. Je te connais.
— Et toi, tu penses que je ne m’attache pas parce que je ne veux pas être ta blonde ?
— Je sais pas… ce que t’as dans les culottes ne ment jamais.
— Hihihi ! En tout cas, tu es la championne pour créer des liens d’attachement.
— Je sais que si tu ne revenais plus demain, ça me ferait quelque chose.
  Cette phrase m’est restée davantage que toutes les autres. Dans ma tête de gars qui découvrait à peine l’intimité, l’amour devait nécessairement être accompagné de grandes déclarations, de bisous, de jalousie, de projets à deux et d’une certaine exclusivité. France m’apprenait qu’il existait autre chose.
  — Alors je suis quoi pour toi ?
  — Mon jouet.
  — Ça, je le sais.
  — Mon gros vibrateur très réactif. Garde ça, tu es mon jouet favori.
  — Comme si t’en avais une collection !
  — Ça, monsieur, ça ne te regarde pas.

  Avec le recul, j’ai saisi quelque chose d’important sur l’amour : il n’a pas toujours la forme qu’on espère.
  France ne m’a jamais donné la relation que j’ai implorée dans d’innombrables prières que j’ai faites au Dieu qui n’exauce pas ses fidèles infidèles. Cette femme que j’ai rencontrée au Dollarama m’a donné une expérience, une confiance, une complicité et une liberté que je n’avais jamais connues auparavant.
  En bonus, elle m’a fait comprendre que je pouvais être désiré… peut-être pas pour la raison que je pouvais l’imaginer, mais c’est tout comme. Alors oui, j’étais son jouet qu’elle n’amènerait pas à Laval.
  Bien sûr, avant son départ, j’ai eu beaucoup de loisirs de la revoir, de faire quelques démontages de mobilier pré-déménagement, quelques placotages nostalgiques et quelques… douches feelings.
  La semaine précédant le déménagement, France m’a demandé un photoshoot animalier de son vieux matou malade, avec une « antique » caméra numérique Sony, avant qu’il ne soit euthanasié. Quel moment de tristesse alors que mon amie était incapable de concevoir que c’était les derniers moments de son compagnon.
  Quelques jours plus tard, la dernière fois que je devais revoir mon amie, je lui ai remis le CD contenant les photos félines. J’ai eu droit à de méga remerciements qui m’ont fait chaud au cœur et m’ont mis un plaster sur ces adieux.
  Avec l’accolade ultime, l’adieu à « l’automne de mes vingt-cinq ans », France m’a invité à un bécotage que j’avais tellement fantasmé. Avec toute cette intimité que nous avions partagée, jamais il ne fut question de s’embrasser.
  Cette dernière manifestation de partage de chaleur fut le feeling qui clos notre histoire.

  Elle a ensuite disparu sans laisser de trace. J’ai déjà tenté de la retrouver de toutes les façons possibles, incluant le numéro de téléphone que j’essayais périodiquement, espérant entendre sa voix à l’autre bout.
  À l’époque, il n’y avait pas de Facebook pour m’aider à reprendre contact, pas de Google pour afficher l’occurrence de son nom, pas de courriels échangés pour jaser.
  Ma plus grosse déception est qu’elle ne m’a jamais, jamais, jamais rappelé. J’avais un cellulaire… théoriquement, je ne pouvais pas manquer ses appels. Le néant total.
  Avoir été son… fuckfriend… ou plutôt son jouet… pendant ces quelques mois reste une période de ma vie qui ne reviendra jamais. Au début, je me suis dit qu’elle avait jeté son jouet, la batterie qui ne se charge plus.
  Je sais bien maintenant que ce n’est pas ça. C’est une situation inusitée, unique, que j’ai seulement comprise avec le temps.
  Mais bon, c’est de la pure nostalgie qui m’anime en écrivant tout ça. Comment puis-je oublier ses yeux devenant soudainement souriants au moment où je relâchais un certain surplus d’extase tout en me tordant de plaisir ?
  L’éternité n’est pas assez longue pour me faire oublier les moments passés dans le creux de sa douce chaleur.
  Hoooolala… J’espère que vous avez aimé cette histoire rééditée en trois volets que je n’ai jamais racontée à personne. Sinon, une seule âme en sait quelques détails, racontés à coups d’onomatopées… les miennes… pas celles de Batman !
  En fait, pratiquement toutes mes histoires n’ont jamais été racontées en vrai, de vive voix… sauf à vous, chers lecteurs et chères lectrices.
  Je pourrais me lancer dans une échappée littéraire pour tergiverser sur ce que ça fait d’être un jouet, mais je remettrai ça ultérieurement. Je m’arrête…« attendez… j’ai un appel ? Qui donc en 2026 ose faire des appels téléphoniques ? »
  « Allô mon chérrri ! Je t’attends, la douche est prrrête » !
  OMG ! Ooooui !
  « France, aujourd’hui, tu aurais presque 70 ans, et tu dois savoir que tu habites toujours ma peau ! Merrrci pour tout » !
  Ça serait pas pire une conclusion de ce niveau, mais il faudrait que j’embauche un génie en bouteille pour réaliser cette conclusion « conte de fée ». C’est ainsi que je vais vous dire, cher lecteur et chère lectrice, « à la revoyure ! »


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