205- La chasseresse aux Fubuki (25AVR26 1/1) !
Incorrigible, je suis. Vous le savez trop bien depuis que je place des textes en ligne : une peau charnue, une joue joufflue ou une cuisse dodue peut m’envoyer directement dans les hautes sphères du désir.
Je n’ai même pas besoin d’un grand décor romantique et de scénario digne des Harlequins de jadis. Il me suffit de traverser l’épicerie ou d’aller chercher un café pour emporter et, soudainement, tout le potentiel de me conquérir est là, entre la machine à latté et l’allée des cafés.
Je vous en ai parlé souvent ici, trop souvent peut-être, mais que voulez-vous, je n’invente rien. Ces rencontres derrière un comptoir réfrigéré rempli de viande ont déjà réussi à m’attendrir le gigot plus d’une fois.
Et croyez-le ou non… j’en ai encore une autre de ces histoires, en banque. Une de plus, c’est rendu pas mal suspect. Je commence sérieusement à douter du hasard.
Le nombre de fois où les femmes capables de me créer un véritable maelstrom de feelings apparaissent précisément dans le coin viande des épiceries devient statistiquement louche. Je suis à deux doigts d’aller porter mon CV pour être boucher de supermarché.
Tant qu’à être là aussi souvent, aussi bien me faire payer pour contempler la marchandise… et je ne parle pas seulement des paquets de saumon.
Cela dit, je garde un petit doute scientifique dans le fond de ma tête concernant ce hasard. Parce que je connais mon cerveau et il fait des liens douteux.
Vous savez, le même cerveau qui conclut que si je suis malade le lendemain chaque fois la toast tombe côté beurre sur le plancher, ben il y aurait un lien causal. Aucun rapport, mais ma tête en est convaincu et se fabrique une théorie toujours plus tordue.
Si vous voulez comprendre jusqu’où peut aller ma logique interne, retournez lire le texte 202. J’y fais une introspection assez solide où je démonte un postulat un peu bidon que je m’étais fabriqué… même si j’aime encore y croire.
L'explication sur ce « hasard » est moins évidente qu'il n'en paraît. Mon cerveau associe un lieu à une émotion forte, et cette émotion finit par s’imprimer comme une tache de sauce à spaghetti sur un t-shirt blanc.
Tsé, c’est exactement le même mécanisme qui transforme une personne, un geste ou même un simple regard en fantasme récurrent suite à une émotion hors du commun. Une situation marquante survient dans un endroit précis. Un sourire inattendu ou un regard surprise qui dure une seconde de trop, une présence qui frappe. Et boum. Le cerveau crée une association solide entre l’endroit et l’émotion ressentie.
Résultat, chaque fois que je retourne dans le coin des viandes au Costco ou au Maxi, mon radar interne est déjà en mode recherche pour revenir ces feelings. Mon attention devient soudainement très performante pour repérer le genre de situation qui me fait vibrer.
Ce phénomène porte même un nom officiel, « le conditionnement classique », décrit par Ivan Pavlov un neurochirurgien. Le principe est simple. Un lieu neutre, disons l’allée des viandes blanches, finit par être associé à une émotion forte comme le plaisir, la surprise ou l’attraction (vous comprenez que je parle de… femmes).
Après quelques expériences, le cerveau lie l'émotion forte à l'allée des viandes blanches. La prochaine fois que je passe devant le comptoir, sans même m’en rendre compte, mon système émotionnel est déjà réchauffé comme un barbecue en mai.
Il faut aussi dire que le coin viande possède un avantage stratégique. Les gens y ralentissent, personne ne fonce dans cette section comme dans l’allée du papier de toilette en pleine pandémie. On observe, on compare, on hésite, on projette des recettes. Un monsieur regarde un faux-filet pendant deux minutes. Une dame soupèse un paquet de côtelettes comme si elle évaluait un diamant.
Tout ce petit monde prend son temps, ce qui augmente les chances de croiser des regards, de remarquer une présence, de laisser traîner un sourire. Bref, le terrain est fertile pour l’inspiration.
Ajoutez à cela un décor étonnamment sensoriel où il y a beaucoup de lumière et un large espace de circulation. Les paquets de viande sont bien alignés, rouges, avec leurs marbrures savoureuse.
On dirait que tout est prêt pour un barbecue imaginaire quelque part dans mon cerveau. Juste à côté, la section boulangerie laisse flotter ses odeurs de pain chaud qui viennent titiller les narines. À ce moment-là, je vous jure qu’on ne magasine plus seulement de la nourriture, on vit une expérience 4D.
Ce type de phénomène porte aussi un autre nom un peu savant, « la mémoire émotionnelle contextuelle ». Les souvenirs liés à une émotion forte deviennent des déclencheurs. Le décor, les odeurs ou l'ambiance suffisent pour rallumer la machine.
Alors quand je passe devant les steaks bien persillés, que la lumière brille à la manière d'un studio photo et que l’odeur du pain chaud flotte dans l’air… disons que mon cerveau se dit simplement, « ah oui, c’est ici que les choses intéressantes arrivent ».
Mouais… je ne suis pas entièrement satisfait de mes pistes d’explication qui disculperait le hasard. Ma grosse affaire demeure la suivante : dans mon écriture, le coin viande est devenu un décor récurrent, un endroit banal où surgit une rencontre ou une fascination inattendue. C'est pratiquement un running gag… bloguerondeuresque.
En théorie comme en pratique, les gens à l’épicerie y sont souvent dans leur version la plus naturelle, pas apprêtés pour sortir, pas coincés dans un rôle de travail. C'est juste soi-même, avec un panier et sa petite mission domestique.
Ça donne des présences authentiques, souvent charmantes sans qu’elles essaient de l’être. Je vous jure que ça frappe plus fort qu’un grand numéro de séduction avec toute l'artillerie lourde.
En prime, il y a l'agréable proximité physique alors que d'autres diraient la promiscuité, surtout ceux qui n’aiment pas qu’un inconnu s’approche trop près.
Ce qui est intéressant, cette proximité se vit sans pression sociale. Personne n’est obligé de parler, personne n’est obligé de flirter. Ces deux personnes peuvent simplement exister dans le même mètre carré pendant quelques secondes, puis repartir chacune avec son rôti et sa vie.
Dans cet état mental détendu, pendant qu’on fait l’épicerie en pensant à la sauce à spaghetti ou au souper du lendemain, on devient curieusement plus réceptif aux détails humains autour de nous. Par exemple, un sourire qui passe, une silhouette intéressante ou un regard qui dure une seconde de trop. Ce sont des petites choses banales qui, dans un autre contexte, passeraient complètement sous le radar.
Et encore je ne peux pas rester insensible à ces micro-moments propices aux micro-rencontres. Par exemple, quand deux personnes tendent la main vers le même paquet item. « Oups… désolé », « Non non, vas-y ». Deux secondes de contact visuel. Un sourire un peu maladroit. Puis chacun repart avec son morceau de bœuf et un mini souvenir dans la tête.
Ou encore, ces moments où une personne demande de l’aide pour atteindre un item trop haut. « Excusez… vous pourriez attraper ça pour moi » ? « Bien sûr, pour mon plus grand plaisir » ! Trois secondes d’interaction, rien de plus.
Pourtant, ces instants restent souvent gravés dans la mémoire justement parce qu’ils sont courts et inattendus.
Je mélange tout ça dans mon malaxeur mental pour en faire un beau melting pot et en sortir une histoire pleine de feeling pour le blogue.
Derrière ce romantisme d’épicerie se cache un phénomène beaucoup plus banal, « le biais de confirmation ». En gros, quand ton cerveau se dit « il se passe souvent des petits moments intéressants ici », il commence à remarquer davantage les moments qui confirment cette idée… et oublie toutes les fois où il ne se passe absolument rien.
Je comprends tout et vous saisissez tout. La mécanique est claire, mais… la vérité est franchement moins sexy que mon interprétation. Et je n’ai même pas encore parlé de l’imaginaire associé à la nourriture.
Pour ça, je pense que vous n’avez pas besoin d’un grand cours. Si je commence à expliquer la symbolique des aubergines ou des pêches, je ne m'en sortirai jamais.
Pour finir, même si je vous ai trouvé plusieurs raisons rationnelles expliquant pourquoi j’ai associé autant de feelings aux femmes bien en chair dans les coins boucherie… mon affaire reste pas mal irrationnelle.
Chaque fois que je me rends dans ces épiceries, je suis devenu hyper réceptif à toute option de… flirt fugace. Dit comme ça, c’est presque simple et j’accepte l’idée que dans ma tête, « ça arrive souvent ici ». Justement… c’est encore ce qui est arrivé.
Une autre solide réponse émotionnelle au Costco, dans le coin boucherie. Hoooolala ! Je sais, je sais, peut-être que vous êtes tannés d’entendre parler de ce fameux coin viande qui prend beaucoup trop de place dans mes histoires, alors que ma banque de sujets en attente déborde. Cette histoire est… trop capotant pour que je garde ça pour moi.
C’est quoi l’affaire ? Cette fois, c’était un peu différent des autres, parce que j’ai osé aborder la femme concernée. Oui, vous avez bien lu mon exploit. Je vous raconte, comme je le fais toujours.
C’était un samedi matin, assez tôt. Je voulais absolument éviter la foule de l’heure du dîner, ce moment où le Costco devient un marathon et un derby de démolition.
Pour le reste, c'est la routine. Un panier m’accompagne, accueillant un item après l’autre sans trop se soucier de la facture qui monte d’environ dix dollars par minute. Jusqu’ici, aucun feeling particulier… mais maudit que je suis aux aguets.
Ma chasse semble prometteuse. Au loin, je repère une proie insouciante. Une magasineuse argentée. Un détail important, elle m'a repéré, mon camouflage en client qui attend son tour pour avoir un échantillon de pain pita à l'humus n'a pas fonctionné.
Pendant qu’elle examine un rôti pour pot-au-feu dans le coin viande, moi je suis encore du côté des légumes en train de m’emparer d’un sac d’oignons rouges. Un accompagnement qui se marie très bien avec un bon rôti… surtout si on imagine déjà un repas à partager. Hihihi.
Ce qui m’a d’abord accroché, ce sont ses cheveux, d'un gris sombre magnifique. Je ne parle pas du classique poivre et sel qui oblige à répéter « ben oui, j’suis rendu là ». C'est plutôt un gris dense, assumé et extrêmement élégant.
La couleur est une chose, sa coiffure avait quelque chose de terriblement sexy et sophistiqué pour moi.
Ajoutez à ça une silhouette plus size et des joues dodues qui me donne envie de lui sourire… et disons que la conviction s’est installée assez vite dans ma tête.
Ouf. Elle est pour moi, ou du moins, dans mon imaginaire. Je devinais trop facilement les formes cachées sous son manteau style gabardine de velours qui descend jusqu’aux genoux. Le genre de vêtement qui laisse l’imagination travailler très fort.
Ouin… à partir d’ici, le contact regard à regard a ouvert un canal de feeling directement branché sur mon… appendice mâle. Ouf. Ça ne m’en prend vraiment pas beaucoup pour atteindre ce niveau nirvanesque, huhuhu !
Une petite autoflagellation mentale m’a toutefois ramené sur Terre. Je ne veux vraiment pas passer pour un weirdo. Après tout, c'est moi qui est à la chasse, pas elle. Enfin… en théorie.
Pour me refroidir un peu les idées, j’ai décidé d’aller faire un tour dans le frigo walk-in des fruits et légumes. L’air y est assez froid pour pousser un ours à l'hibernation. J’en ai bien besoin, n'étant toujours pas certain si ce qui venait de se passer relevait du réel ou d’un petit délire d’épicerie.
Je parcours du regard les étalages. Des choux de Bruxelles ? Non.Des échalotes ? Non plus.
Des bleuets ? Ah. Des collations de bleuets, c'est toujours gagnant.
Direction les comptoirs de viande. « Shit, elle est encore là ». Deuxième contact visuel, pis c'est… dévastateur ! Je fonds, je ramollis, je m’écrapoutis… intérieurement, bien sûr. À l’extérieur, j’essaie de garder une allure normale d’homme qui magasine ses souper. Aucune idée comment j’ai réussi à soutenir le regard de la chasseresse, impossible de reculer.
Je prends mon courage, ou ce qu’il en reste.
— Excuse-moi… je peux-tu te dire quelque chose ? Dis-je tout doucement.
La chasseresse, calme et posée dans ses habits impénétrables, me lance un petit sourire.
— Ça dépend… c’est à propos de mon rôti ou du droit que je me donne de promener mon ado dans le panier ?
Je reste figé une seconde, surprise totale. Et malgré ça… je continue.
— Hein… ben… haha ! Non, bien sûr ! Tes bottes… est-ce que je peux savoir c’est quoi ?
Elle me regarde avec un air follement amusé, peut être rassuré.
— Tu n’es pas le premier à te poser la question.
— Elles sont vraiment belles. Et le style est particulier.
Je m’agenouille un peu pour mieux voir, ayant l'air très intéressé.
— Des Fubuki. Je les a-d-o-r-e !
— Ah… je ne connaissais pas ça.
— Tu y gagnerais. Une fois que t’en as, tu comprends. L’hiver, la slush, la pluie… je les mets presque toute l’année.
— Woooow !
— Ce ne sont pas officiellement des bottes quatre saisons… mais dans ma vie, oui.
— En tout cas… ça te fait un beau look, dis-je en me relevant, tout en essayant de cacher la haute pression qui règne dans mon pantalon.
Avec un sourire espiègle, elle me toise de toute sa hauteur. Même si elle est plus petite que moi d’une demi-tête, j’ai l’impression de regarder quelqu’un qui me domine de trois têtes.
— Merci. C’est rare que quelqu’un se mette à genoux au Costco pour admirer mes bottes.
Je rougis d'applomb.
— Hihihi… dit comme ça, ça sonne un peu intense…
— Amusant. Au moins, maintenant tu sais c’est quoi des Fubuki.
— Exact… dis-je en me retournant pour repartir.
— Fais attention… si tu restes trop longtemps ici, tu vas finir par complimenter les bottes de tout le monde.
— Haha, je vais me retenir. C’est juste que ça te donne un super beau style. Bonne épicerie !
— Bonne épicerie !
Je repars avec mon panier, un sac d’oignons rouges, des bleuets, une connaissance flambant neuve sur les bottes Fubuki et… des énormes feelings.
Ben non, je n’ai absolument rien tenté de plus, même si je la regardais encore de loin de temps en temps. C’est fou comment j’aurais aimé savoir ce qu’elle pensait de mon… hum… audacieuse intervention. Bon, audacieuse… disons poliment courageuse.
Je me suis même demandé ce qu’elle faisait dans la vie. Une professeure ? Une comptable ? Quelque chose qui demande un esprit vif, en tout cas. Elle avait cette répartie rapide qui te laisse un peu bouche bée.
Anyway, je sais bien que, statistiquement parlant, on ne se recroisera jamais. Ce même samedi printanier du mois de mars au Costco, je croise une autre femme. Joliment enveloppée, flirtant avec la soixantaine, elle aussi portait une longue gabardine de velours dans des couleurs pastel. Woooow !
Ben non, je ne l’ai pas abordée. Mais un compliment sur son choix de monture de lunettes était littéralement sur le bout de mes lèvres.
Parce que oui, j’avoue un autre petit détail sur moi, je suis lunettophile. Pour moi, les lunettes sont une extension de la personnalité, un accessoire de style majeur.
Et… je c-a-p-o-t-e sur les grosses lunettes à cadre de plastique noir ou transparent, le genre de monture Christian Dior. Ça donne un look complètement fou. Un peu comme les bottes Fubuki… hihihi.
Sans blague, j’étais à un millimètre de lui demander si c’était du Dior qui encadrait son joli minois. Mais non. Je suis resté planté là, fidèle à ma position. Peut-être que j'étais encore effrayé à l’idée que ce soit elle aussi une chasseresse, hihihi ! Je blague… mais peut-être qu’il y a un fond de vérité là-dedans.
On parle souvent des hommes alpha et du grand discours masculiniste. Mais on oublie l’autre catégorie d’hommes, ceux qui n’ont pas un succès naturel auprès des femmes et qui doivent faire des efforts parfois gigantesques pour simplement être remarqués.
Je me dis que je devrais peut-être creuser un peu le sujet. Feuilleter deux ou trois ressources pour voir si ma gêne maladive est vraiment incurable.
Parce que si j’étais aussi brave dans la vraie vie que dans ma tête… ouf, ça serait chaud devant.
Ainsi, je l’ai regardée, désirée, j’ai presque supplié l’univers… puis je suis resté campé sur ma position. Aussi simple que ça, « that’s it, that’s all ».
Je commence vraiment à saisir que mon envie de « connexion » est bien réelle et, je dois l’admettre, assez vivante. Mais bon, je reste réaliste. Ce n’est pas parce que j’ai cette envie que mes vis-à-vis ressentent la même chose.
Parlez-en aux femmes qui ont une présence en ligne sur les plateformes numériques. Combien de fois se font-elles harceler en DM (Direct Messaging) ou recevoir une iconique surprise malsaine… la fameuse dick pic. Disons que ça remet vite les pendules à l’heure sur la délicatesse de certaines approches.
C’est dans cet état d’esprit que je suis allé payer ma trentaine d’items, charger le tout dans la voiture et quitter le stationnement avec une petite impression de devoir non accompli.
Trop de questions se bousculent dans mon cortex. Je conduis, mais mon cerveau était encore dans l’allée des viandes.
Le remède à tout ça ?
Non, aller prendre une marche n’allait pas suffire, j'ai déjà marché 15 000 pas au Costco. Gober le sac de chips format un kilogramme qui me faisait de l’œil sur le siège passager n’était probablement pas une stratégie gagnante non plus.
Alors quoi ? Un café McDo… ooooh oui !
Je me suis donc retrouvé avec un café et un muffin. Je viens d’ailleurs de découvrir que ça fait partie des menus McValeur, deux dollars quarante-neuf. Pas pire pour une petite collation et un moment pour remettre les idées en ordre.
J’ai vite compris que ma petite commande n’était que l’entrée. Le plat principal s’est installé juste devant moi. Merci l’Univers. Tu sais vraiment comment parler aux admirateurs de bourrelets.
Une femme d’environ mi-trentaine, lunettes discrètes et cheveux lisses, est venue s’installer dans une banquette avec ses deux jeunes enfants. Une scène parfaitement normale de mère en pause café avec des enfants turbulents.
Puis elle enlève son manteau. Gasp ! Ma première gorgée de café est avalée de travers. Un yoga pant noir qui affichait fièrement, presque avec un petit clin d’œil cosmique, un B-belly magnifique. Par-dessus, un tricot moulant qui remonte juste au-dessus du nombril. Et pour compléter le tableau, un tatouage de branche fleurie qui est dessiné le long de son flanc.
Deuxième gorgée de café avalée avec difficulté. Lorsqu’elle s’est penchée pour empiler les manteaux des enfants, son double ventre s’est balancé tranquillement, il… me… salue. Je pense que c’est ça, l’hypnose.
Quand elle s’est finalement assise sur la banquette en attendant sa commande, je dois vous avouer que je me suis senti légèrement amoureux de cette mère merveilleuse. Sa position sur la banquette a déclenché une réaction en chaîne qui m’a rapproché dangereusement de l’explosion nucléaire.
Les cuisses comprimées ont moulé le ventre qui a repoussé le chandail vers le haut du dos. Un état des choses toute simple, totalement banal… mais qui, dans mon cerveau déjà très réactif, prenait des proportions complètement déraisonnables. Ouf !
Je capote. Pas seulement à cause de ce que je vois, mais aussi à cause de l’aura de « je m'assume » qui flotte autour d’elle. Elle n'a fait aucun geste pour s’excuser de l’effet de son corps dans ses vêtements, aucun tirage de chandail nerveux, aucun repositionnement stratégique.
Elle a simplement le droit d’être là, d’exister, d’être belle à mourir dans sa normalité. Woooow, je suis émue.
Je ne peux pas m’éterniser ici. Des victuailles m’attendent dans l’auto et risquent de se gâter si je reste trop longtemps à rêver ici. Pour être honnête… j’ai chaud.
Dire qu’il fallait que je m’arrête dans ce McDonald’s un peu perdu sur le bord de l’autoroute pour avoir le privilège d’une rencontre improbable. Parce que mes haltes McCafé habituelles entre le boulot et la maison me présentent surtout des groupes d’hommes âgés qui discutent très fort de leurs exploits d’autrefois.
Des histoires de moteurs, de chantiers et de choses qui, curieusement, pourraient toujours commencer par la phrase « dans mon temps… »
Voilà, tout est dit sur ce que je voulais m’entretenir par l’entremise de ce texte. Je pense que vous me « sizer », je suis incapable de garder le silence sur ces événements hors norme de mon humble existence.
Parce que, je l'avoue bien humblement, pour la majorité des gens ce ne sont que des moments banals. Une femme qui choisit un rôti. Une autre qui enlève son manteau au McDo. Deux scènes ordinaires d’une journée ordinaire, rien qui mérite un paragraphe, encore moins un texte complet, à première vue.
Dans ma tête, ces petites secondes prennent de l’ampleur. Elles deviennent des micro-aventures et des petites secousses dans la routine. Mon cerveau, qui adore fabriquer des films à partir de presque rien, transforme ça en récit à l'eau de rose. « Voyons donc, calme-toi… c’était juste des bottes », me dit et redit la petite voix rationnelle.
Peut-être. Mais ces bottes-là ont quand même réussi à me faire m’agenouiller dans une allée de Costco. Avouez que ce n’est pas banal.
Ce que je réalise de plus en plus, c’est que je vis beaucoup de ces moments dans ma tête avant même qu’ils arrivent dans la vraie vie. Le regard, le sourire, la répartie… tout se met à tourner dans mon imagination sans attendre l'équipe de tournage.
Et une fois de temps en temps, je réussis à faire un petit pas hors de ma tête, c’est déjà un exploit olympique.
Le reste du temps, je reste ce que je suis, un observateur un peu trop enthousiaste qui remarque les détails que personne ne souligne.
Je suis celui qui repart avec un sac d’oignons et un café McDo pour en faire des souvenirs… délicieux à raconter. Si je gardais tout ça pour moi… ce serait franchement plate et on ne se jaserait pas sur le blogue ! Hey, à la revoyure !
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