220- Service trois services (29AOU26 1/1) !

  Avec ce nouveau texte, je voulais vous offrir les secondes conclusions que les billets 216 et 219 réclamaient. Pour vous éviter une pénitence consistant à relire ces deux textes, laissez-moi au moins le plaisir de vous en servir un petit résumé.
  À propos de la conclusion inachevée du texte 216, j'expliquais que, par la faute de la mémoire parfois défaillante de votre blogueur en chef, une histoire m'était revenue en tête au moment même où j'écrivais les derniers mots. Comme ce souvenir n'avait laissé qu'une vague curiosité dans ma mémoire émotionnelle, il avait été remisé dans un bric-à-brac mental qui n'attendait plus qu'un grand ménage.
  Rassurez-vous, chères lectrices et chers lecteurs, je vais tout faire pour lui insuffler un peu de passion brute… avant qu'il ne finisse au bac de recyclage.
  Quant au texte 219, il se terminait sur une conclusion… qui était incomplète. J'y annonçais que ma journée de randonnée en montagne s'était achevée par une autre rencontre magique. Comme le billet avait déjà largement dépassé la longueur raisonnable d'un blogue, je vous offre aujourd'hui la suite… et la véritable conclusion de cette histoire.
  Cette conclusion alternative contient, je préfère vous prévenir, un risque de descriptions physiques particulièrement bourrelesques. Disons simplement que la… générosité de cette rencontre m'a laissé une impression plutôt… imposante.
  Au final, si je rassemble tous les morceaux de texte que j'avais égarés en chemin, vous allez vous retrouver avec trois mini-histoires tout en courbes. Elles partagent toutes un point en commun : le service à la clientèle.
  Oui, ces satanés métiers ingrats où il faut parfois sourire à quelqu'un qui aurait surtout besoin d'un bon café… ou d'une bonne sieste.

  Au fond, le service à la clientèle, c'est le visage d'une entreprise. Ce n'est pas seulement répondre au téléphone, scanner un article ou indiquer l'allée des soupes aux tomates. C'est surtout réussir, en quelques secondes, à créer un lien avec un parfait inconnu, calmer une frustration qui ne nous appartient pas et faire oublier au client qu'il attend en file depuis vingt minutes.
  Quand c'est bien fait, personne ne le remarque. Quand c'est mal fait, tout le monde s'en souvient.
  Imaginez maintenant le même défi lorsqu'on est une femme aux courbes débordantes aux commandes du service à la clientèle. Avant même qu'elle ait le temps de dire « Bonjour ! Comment puis-je vous aider ? », certains clients lui ont déjà collé une étiquette négative en plein front.
  Elle doit souvent travailler un peu plus fort pour démontrer qu'elle est compétente, professionnelle et pleinement à sa place. Les regards, les jugements silencieux et les commentaires maladroits font parfois partie du décor.
  Pourtant, elle continue d'accueillir les gens avec le sourire, de résoudre leurs problèmes et d'encaisser les humeurs des autres comme si de rien n'était.
  Je ne prétends évidemment pas que toutes les femmes rondes vivent cette réalité de la même façon. Chaque fois que j'en ai croisé une derrière un comptoir, je n'ai pas seulement vu une employée bien en chair. J'ai vu une femme qui devait gérer deux types de clientèle à la fois : celle qui venait chercher un service… et celle qui croyait déjà tout savoir sur elle simplement en la regardant. Ouf !
  Vous comprendrez que, dans mon cas, si la dispensatrice du service à la clientèle possède une silhouette voluptueuse, elle commence déjà avec une note frôlant la perfection.
  Elle n'aura pas besoin d'user du moindre stratagème pour me convaincre d'être dans son camp : j'y suis déjà enrôlé, avec mes préjugés résolument favorables… et mes scénarios improbables qui se mettent aussitôt à galoper dans ma tête. Je suis conquis d'avance par ce redoutable argument qu'elles portent juste sous l'épiderme. Hoooolala !
  Heureusement, mon inconscient finit toujours par me ramener sur les rails. Je demeure lucide, quand même. Une serveuse de restaurant, quelle que soit sa taille, n'est certainement pas là pour se faire séduire par les clients, mais bien pour leur donner envie de commander ce fameux cocktail hors de prix.
  Ou, plus simplement, elle souhaite sincèrement que vous passiez un agréable moment, sans fla-fla. Quant au pourboire... disons qu'elle espère sans doute qu'il sera aussi généreux que la main potelée qui viendra se graisser la patte. Hihihi !

  Au texte 216, je me suis justement rappelé une histoire de service à la clientèle... digne d'un théâtre d'été, très loin de mes habituels concepts de domination douce que je vous sers depuis des années.
  Par le truchement d'une « petite annonce de charme », je matche avec une femme de ma région qui s'est laissé séduire par le matou angora que je suis. Au fil des conversations qui s'étirent de jour en jour, j'apprends qu'elle est serveuse dans un restaurant du coin.
  Je vous l'annonce tout de suite : jamais nos discussions n'ont bifurqué vers… tsé… les activités auxquelles deux adultes consentants peuvent parfois consacrer une partie de leur temps libre.
  Notre principal sujet d'intérêt semblait plutôt s'orienter vers l'autre grand besoin fondamental de l'être humain : manger de la vraie nourriture protéinée et bien calorifique… pas LA chose !
  Puis, un beau matin d'été, quelques jours avant le début de mes vacances, je décide de pousser la curiosité un peu plus loin. Après tout, un match virtuel, c'est bien beau, mais rien ne remplace une vraie rencontre.
  — Je pense bien aller déjeuner à ton resto demain matin.
  — Ah oui ? Tu me niaises pas ?
  — Pas une miette. J'ai envie de voir si je suis aussi game en vrai que dans nos textos.
Ben là... c'est parce que je fais le shift du matin. Tu vas me pogner dans le jus, les cheveux dans la face pis le tablier probablement décoré de deux ou trois taches de café.
  — C'est exactement cette version-là que je veux rencontrer. Le vrai stock, pas celui qui passe dans les filtres.
  — T'es donc ben téméraire pour un matou angora.
  — Attends de me voir commander mes deux œufs tournés... tu vas découvrir c'est qui, le vrai téméraire.
  Le lendemain, me voilà donc en route vers ce fameux restaurant. J'avais même dû consulter Google Maps pour découvrir où il se cachait. « Gaaaasp ! C'est donc ben gros ! Comment ça se fait que je n'aie jamais remarqué cet endroit avant ? »
  Habillé un brin trop chic pour un simple déjeuner, je franchis la porte en essayant d'avoir l'air le plus détendu possible. Mission presque impossible : les grosses chaleurs de l'été me font déjà suer comme si je venais de terminer un marathon... alors que je n'ai parcouru que quelques mètres entre mon auto et l'entrée.
  Ce n'est toutefois pas Caroline qui m'accueille, mais une hôtesse qui m'installe dans un coin du restaurant. J'imagine aussitôt que Caro viendra me rejoindre d'une minute à l'autre.
  En attendant, je promène discrètement mon regard dans la salle. Des couples de retraités savourent leur café, des travailleurs de la construction engloutissent leur déjeuner avant de partir au chantier, quelques clients mangent seuls... et il y a aussi un blogueur qui bouillonne intérieurement.
  J'envoie un petit texto à Caro pour lui annoncer que je suis arrivé dans son royaume.
  Quelques instants plus tard, une serveuse s'approche de ma table. Pendant une fraction de seconde, je me dis : « Ça y est ! » Raté. Ce n'est pas MA Caro.
  La jeunesse de la serveuse attitré à ma table et, surtout, sa silhouette svelte me ramènent vite sur terre. La Caroline avec qui je corresponds, vous l'avez deviné, possède des courbes capables de retenir toute mon attention.
  À bien y penser, les bourrelets semblent même être la signature officielle de la plupart de mes matchs.
  Je commande finalement une assiette raisonnable. Tant qu'à jouer le rôle du client respectable, autant le pousser jusqu'au bout. Je mange donc avec un raffinement presque exagéré, en prenant bien soin de ne surtout pas avoir l'air d'un homme affamé... ni d'un félin prêt à bondir. Hihihi !

  Toujours aucune nouvelle de mon match. Au moment de demander l'addition, je me tourne vers ma serveuse.
  — Dis-moi... est-ce que Caroline travaille aujourd'hui ? Elle m'avait pourtant dit qu'elle faisait le shift du matin.
  — Oui, oui. Elle est de l'autre côté du restaurant aujourd'hui. Pourquoi ?
  — Est-ce que tu pourrais lui dire qu'un félin vient de terminer son déjeuner ?
  Elle me regarde, un sourcil levé.
  — Un... félin ?
  — Ouais. Fais juste lui dire ça. Elle va comprendre.
  Un petit sourire amusé apparaît sur son visage.
  — Bon... là, tu viens de piquer ma curiosité.
  — Je sais. Mais je peux pas t'en dire plus. Tu risquerais de découvrir mon identité secrète.
  Elle éclate d'un petit rire.
  — C'est beau. Je vais aller lui transmettre le message, monsieur le félin.
  Je la remercie pendant qu'elle s'éloigne. Une trentaine de secondes plus tard… vibration dans ma poche. Un texto de Caroline.
  « Viens me voir ! »
  Je règle l'addition et traverse le restaurant pour aller la rejoindre avant que la prochaine vague de déjeuneurs ne débarque. Elle est là, me faisant signe de la tête, plus gênée que je ne l'aurais cru.
  Nous placotons quelques minutes, juste assez pour mettre une vraie voix, un vrai sourire et de vrais regards sur tous ces textos échangés.
  C'est toujours agréable de faire passer une relation du virtuel au réel, même si, tous les deux, nous savions très bien que cette histoire n'irait probablement pas plus loin.
  Il y a quand même quelque chose de cuuute à mort à transformer un simple « coucou » numérique en une vraie rencontre.
  Et voilà, mission accomplie. Je peux déjà vous dire que je tenterai bientôt une autre visite déjeuner. Sans rien lui révéler, juste pour voir si le félin frétille encore de la queue. Hihihi !
  Je vous raconterai cette nouvelle visite ici, peu importe ce qu'il s'y passera.

  Revenons à mes petites histoires. Pendant des vacances familiales, nous nous sommes offert un petit luxe, un déjeuner chez Ben & Florentine.
  Ce n'est pas le genre d'endroit où je vais tous les samedis matin. C'est un restaurant des grandes occasions, des départs en voyage ou des retours de vacances, où l'on se permet de commander un déjeuner qui coûte pratiquement le prix d'un souper.
  Comme d'habitude, choisir mon repas relève d'une épreuve digne de la Coupe du monde. Je forme des groupes, je compare les assiettes, j'élimine des candidats, je reviens sur mes décisions… carton rouge jusqu'à ce qu'un grand champion soit couronné.
  Ensuite vient la seconde étape, tout aussi périlleuse, soit d'annoncer à la serveuse « s'il vous plaît, je préférerais des fruits mélangés... sans ananas ni cantaloup. » Oui, je sais, je suis ce client-là.
  Et si je vous parle de cette serveuse florentinienne aujourd'hui, ce n'est certainement pas parce qu'elle jonglait avec les assiettes comme une artiste de cirque. C'est plutôt parce qu'elle possédait... comment dire... des hanches qui semblaient avoir été dessinées pour retenir mon attention. Une silhouette franchement opulente, vêtue de noir de la tête aux pieds. Blonde, sans tomber dans le platine, les cheveux remontés en chignon, un anneau à la lèvre, un piercing à la langue… et tout le reste qui suffisait amplement à mettre ma machine à fantasmes en mode spin.
  Au moment de prendre notre commande, je tente ma petite requête.
  — Est-ce que ce serait possible d'avoir les fruits mélangés... sans ananas ni cantaloup ?
  — Ouin, ouin.
  — Ah ! Parfait. Merci.
  Le « ouin, ouin » est parti plus vite qu'une gorgée de café fumant un samedi matin. Pas un sourire, pas un regard. Ses yeux étaient déjà rendus à la table suivante avant même que j'aie terminé mon merci.
  Je vous avoue que j'avais placé cette serveuse tout en haut de mon échelle personnelle d'admiration. Malheureusement, ce matin-là, le service à la clientèle semblait être un extra qu'elle avait oublié d'ajouter à son quart de travail. Dommage.
  Heureusement pour elle… ou malheureusement, selon le point de vue… mon admiration pour les courbes généreuses ne prend jamais de congé. Alors, chaque fois qu'elle passait près de notre table, ne serait-ce qu'une seconde, mon regard la saluait discrètement au passage. Hoooolala !
  Même lorsque je lui ai présenté une assiette pratiquement vide et suffisamment propre pour repartir directement au prochain service, rien. Pas le moindre sourire, pas la moindre réaction qui aurait pu faire de moi son fan inconditionnel.
  Nous avons finalement quitté le resto… en nous montrant, je l'avoue encore, un brin trop enthousiastes devant le pot de bonbons à la menthe installé près de la sortie.

  Ma dernière anecdote sur le service à la clientèle fait directement écho au texte précédent, celui de ma randonnée en montagne, le 219.
  Je vous le dis d'entrée de jeu, j'avais gardé le meilleur pour la fin, un peu comme lorsque je mange un gâteau en prenant soin de réserver le crémage pour les dernières bouchées. Ça mérite toujours de finir en beauté.
  Après avoir laissé quelques litres de sueur sur les sentiers, je décide de m'offrir une récompense bien méritée, soit un cornet de crème glacée molle dans une crèmerie croisée sur ma route du retour.
  Je connais peu ce secteur de la région, mais je savais exactement où dénicher une bonne crème glacée, de la Coaticook en plus. Comme quoi mon sens de l'orientation fonctionne très bien... quand il est question de dessert.
  L'endroit est un joyeux mélange de crèmerie, de magasin général et de petit restaurant de village. C'est le genre de commerce où tu peux repartir avec un litre de lait, un sac de vis, des appâts pour la pêche, une poutine... puis terminer le tout avec un sundae.
  Je me suis même demandé s'ils ne seraient pas capables de te servir une poignée de boulons nappée d'un coulis d'huile à moteur comme nouveau topping maison pour un sundae. À ce stade-là, plus rien ne m'aurait surpris.
  Je pousse la porte sous le tintement des grelots suspendus au-dessus de l'entrée. Devant moi, un sympathique trio commande tranquillement des cornets et des collations glacées. J'attends mon tour en observant la scène… jusqu'au moment où mon regard croise celui de la tenancière du bar laitier.
  Ce n'est plus la crème glacée qui a commencé à fondre. Disons que j'étais à deux doigts d'être ramassé par le concierge avec sa moppe tellement mon cerveau venait de se liquéfié sous la soudaine chaleur ardente.
  J'étais devenu un personnage de vieux cartoon devant la femme de ses rêves : la mâchoire qui tombe presque sur le plancher, les yeux qui sortent de leurs orbites et, bien entendu, les pupilles remplacées par de petits cœurs rouges. Bref, toute ma dignité venait de prendre congé.
  Pendant que le grand vieil homme tenait un cornet, que sa fille (du moins, je l'imagine) attendait son tour avec un billet de vingt dollars et que la mère avec sa canne (je l'imagine encore) réfléchissait à son choix de saveur, la crémière était penchée dans le congélateur-présentoir, en guerre ouverte avec sa cuillère pour réussir à sortir une belle boule de crème glacée.
  Ahem.
  Disons que mon regard a pris une petite pause dans le… service à la clientèle offert. La scène devant moi m'a momentanément fait oublier pourquoi j'étais entré dans cette crèmerie.
  J'étais venu chercher une petite récompense glacée après ma randonnée... mais soudainement, l'idée d'un cornet à deux boules me semblait beaucoup plus intéressante.

  Sans blague, j'étais complètement perdu entre ce congélateur et cet abyssal décolleté. Je ne me tannerai jaaaamais de ce genre de situation... une véritable pluie de feux d'artifice pour mes pauvres yeux d'admirateur enthousiaste.
  Si je vous dis que, parfois, le service à la clientèle n'a même pas besoin de soutien-gorge pour retenir l'attention de certains clients, croyez-moi sur parole !
  À force de rester figé comme une statue, je voyais du coin de l'œil les cuisiniers, dans le local voisin, qui avaient arrêté d'éplucher leurs patates pour observer le spectacle en douce. Ils souriaient en me voyant complètement hypnotisé par mon propre émoi, tout en sachant pertinemment bien la cause de cette soudaine perte de concentration.
  Même le vieil homme en retrait finit par chuchoter à sa fille :
  — Penses-tu que c'est des vrais ?
  — Papa !
  — Ben quoi ? J'observe avec mes yeux de scientifique.
  — Tes yeux de scientifique sont plantés là depuis cinq minutes.
  — C'est justement comme ça qu'on fait avancer la science.
  Pendant ce temps, la crémière émerge enfin du congélateur, victorieuse, la deuxième boule de crème glacée bien tassée au bout de sa cuillère.
  Elle tend le cornet à la petite femme menue, mais le vieil homme s'empresse de s'en emparer. La crèmière ne se doute pas une seule seconde qu'elle vient de déclencher, à son insu, un débat scientifique au beau milieu de sa file d'attente.
  — Voilà !
  — Bin… euh… merci…, répond le vieil homme, rouge comme une tomate, en prenant bien soin de ne surtout pas croiser le regard de sa fille.
  — Et pour vous, madame ?
  — Heu... en y pensant, une petite slush à la framboise bleue fera l'affaire, dit-elle en se tournant vers son père pseudo-scientifique.
  Le trio me laisse enfin libre cours à mon ouragan intérieur, pas celui qui se mange à la cuillère, mais celui qui déverse un torrent de feelings.
  Avant que mon tour ne vienne, la crémière s'applique à faire le ménage du comptoir et à rincer les différents ustensiles. Woooow !
  Je me plais à croire qu'elle le fait consciemment… peut-être même volontairement, juste assez pour me laisser apprécier chacun de ses gestes qui semblent rendre hommage à ses courbes opulentes.
  Je parierais presque que les cuisiniers lui ont glissé quelques mots sur mon état de contemplation avancé. Je peux vous dire que j'ai rarement croisé, dans ma vie, une femme aussi assumée dans sa façon d'habiter ses courbes en public.
  Autrefois, j'aurais probablement été gêné, voire déstabilisé, devant une femme qui se présente devant moi en crop top ample, le ventre bien présent, les bourrelets affichés sans complexe et une poitrine lourde se balançant sans soutien-gorge.
  Mais aujourd'hui, mon regard a changé. Je ne vois plus seulement une silhouette qui sort des standards habituels, je vois une femme qui semble parfaitement à l'aise avec elle-même… et qui assume pleinement ses charmes.
  Je lance un autre regard vers les cuisiniers, qui semblent avoir une belle complicité avec la crémière. Elle s'approche d'eux quelques instants, leur glisse quelques mots en riant, puis revient finalement vers moi.
  — Bonjour ! Est-ce que je peux savoir ce qui vous inspire ?
  — Allô... je... ça va être un cornet deux boules !
  — Excellent choix. Si vous êtes gentil, je pourrais même vous offrir des formats jumbos !
  — Des... jumbos ?
  — Ouin. On garde ça pour les clients qui savent apprécier les belles portions.
  — Ha ! Disons que j'ai l'œil pour la générosité, oui.
  — Ça paraît. Vous n'êtes pas subtil pantoute, monsieur, mais je ne vous en tiens pas rigueur.
  — Je… je m'excuse. Je pensais être discret.
  — Discret comme un néon qui clignote, oui.
  Elle éclate de rire pendant que les cuisiniers, eux, ne se gênent plus pour rire ouvertement.
  Et moi, je repars finalement avec mon cornet deux boules... ainsi qu'une autre petite histoire de service à la clientèle à ajouter à ma collection.

  Hihihi ! Bien sûr que non, elle ne m'a jamais dit ça... mais je ne peux pas cacher que mon imagination s'est permis de tenir une conversation complète, remplie de vibrations doduesques.
  D'ailleurs, si on revient au sujet principal de ce billet, le service à la clientèle, disons qu'elle aurait très bien pu se contenter du minimum syndical : préparer mon petit cornet deux boules, encaisser mon paiement et passer au client suivant.
  Mais non. Dans mon scénario idéal, elle a su lire sa clientèle, anticiper mes besoins les plus… particuliers et transformer une simple crème glacée en une expérience mémorable qui dépassait largement le mandat d'un simple bar laitier.
  Ça, chères lectrices et chers lecteurs, c'est ce qu'on appelle avoir la vocation du service.
  Pour terminer, je vous dirais que ça fait maintenant deux semaines que j'ai visité cette crèmerie et que cette rencontre me trotte encore dans la tête.
  Peu importe, je sais très bien qu'une autre personne viendra éventuellement réveiller ma zone fantasme et que la crémière prendra tranquillement sa place dans ma zone des souvenirs émotionnels.
  Pourquoi pas ? Après tout, un excellent service à la clientèle laisse toujours une empreinte… peu importe la forme qu'elle prend… ooooh oui ! Et voilà, merci d'être venu lire mes pensées qui divaguent… comme d'habitude ! À la revoyure !


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Commentaires

  1. J'adooooore raconter ce genre de petite histoire anodine, amplifiée par mes yeux d'admirateur ! Merci d'être passé sur le blogue !

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