208- Adjointe créative (23MAI26 1/3) !

  Vous vous rappelez du texte 202, celui où j’ai tenté une introspection sur la comptabilité ? On replonge là-dedans tête première, sans flotteur, sans gilet de sauvetage, et surtout sans refaire un deuxième tour guidé des recoins douteux de mon intellect.
  Si je vous sers toujours des textes où je m’auto-psychanalyse comme un patient qui a trop de squelette dans le placard, vous allez finir par sacrer votre camp.
  Puis… je serais triste de vous perdre. Pis après, je tomberais dans l’auto-flagellation, avant de vous inventer encore plus de psychologie à deux cennes.
  Hoooolala, non merci. Je ne suis pas moulé pour ça. Je préfère les faits véridiques… ou les vrais faits inventés tirés de l'imaginaire.
  Ok, je suis quand même obligé de naviguer dans la psychologie introspective pour vous conduire à saisir le personnage caché derrière le blogue.
  Quand j’ai grandi, j’ai comme oublié ma virilité quelque part entre ma collection de cartes de hockey O’Pee-Chee et ma cinquantaine de figurines des Schtroumpfs. Trop tard pour la récupérer : mon père a tout donné au bazar de l’église, probablement en se disant qu’il sauvait mon avenir social.
  Résultat ? Plus rien. Le désert. Mais bon, des années plus tard, dans une vente de garage un peu louche du coin de la trentaine, j’ai remis la main sur une virilité usagée.
  Pas flambant neuve, mais fonctionnelle, avec pas mal de kilomètres au compteur de coup de poignet. Elle était suffisamment en bon état pour me ramasser quelques histoires incongrues que je vous raconte aujourd’hui, toujours sous le signe des femmes aux courbes sidérales. Woooow !

  En parlant de comptabilité, dans le texte 202, je tergiversais sur la comptable d'un de mes collègues. J’achale encore ce même collègue pour qu’il transmette mon petit message à sa comptable, une petite femme très ronde, alpha, probablement capable de faire un rapport d’impôt en te regardant dans les yeux.
  Pourtant, mon message est simple : « félin admirateur de femme ronde désire admirer femme ronde féline. » C'est clair, net et précis.
  Il refuse systématiquement de prendre le papier, de peur qu'il ne lui brûle dans les mains. Il me regarde comme si je lui tendais son évaluation annuelle. Héhéhé. Je le traite de pissou à chaque fois, mais rien n’y fait. Il ne veut pas passer le message.
  Pire encore, il refuse de me dire pourquoi, le soupçonnant d'être en plein déni, ne voulant pas croire qu’il existe des hommes moi qui tripent réellement sur les femmes aux silhouettes rondes.
  Adepte de la culture physique, ça semble contre ses principes. Résultat, c’est devenu un running gag entre nous. Un jour, peut-être, je vais réussir à le convaincre de jouer au téléphone arabe et recevoir une réponse.
  Un simple « allô cher admirateur, féline t’attend pour laper un café ». Juste ces mots qui résonne, ça serait complètement débile.

  En attendant ce moment glorieux, mes cheveux ont amplement le temps de virer gris. Alors je reste ici avec vous, à me replonger dans une vieille histoire.
  Ouf, on ne va pas aussi loin que l’époque biblique. On n’est pas au temps de Nabuchodonosor ni de Mathusalem. Pas plus à l’époque de John A. Macdonald, le père du Canada, ni même au deuxième référendum de 95 sur la souveraineté du Québec. Je parle de quelque chose de relativement contemporain.
  Disons que la date est floue, mais les sensations sont restées très vivantes… très vivantes, même. Bon, je vous la raconte ? En passant, je vais vous écrire ça en trilogie, sinon, je devrais tourner les coins ronds.
  Pourquoi ne pas commencer par… le match, suivi du deuxième opus… la révélation, et terminé par… la rencontre. Ouin, je vous avertis tout de suite, ça n'aura pas le même impact qu'une série style Twilight, ma petite vie est très terre à terre. Je me lance !

  Tout commence avec la réception d'un courriel classique dans ma inbox, « ces membres de Placotez.ca pourraient vous intéresser. »
  C'est le genre de courriel que j'ouvres sans espoir, mais avec une petite étincelle en parcourant la vignette de ces membres à l'honneur.
  En s'abonnant au site, la mailing list, la liste de diffusion pour les puristes du français, hebdomadaire viens avec.
  Comme d’habitude, je scrute les mini-vignettes, recherchant un trésor caché et espérant tomber sur quelqu’un qui voudrait… placoter. Mais bon, la réalité me rattrape vite.
  Comme bien des hommes qui n’ont pas la carrure du mâle alpha, ni dans l’attitude, ni dans les abdos, je suis rendu pas mal désabusé des sites de rencontre.
  Payants ou gratuits, ça ne change pas grand-chose. Quand tu comprends que 10 % des gars récoltent 90 % de l’attention, tu saisis rapidement que t’es un poisson dans un banc, pas le requin, le petit poisson qui essaie de ne pas se faire oublier.
  À ce stade, tu comprends que ce n’est ni avec des belles écailles ou une nageoire dernier cri que tu vas attraper quoi que ce soit. Il faut que tu changes de stratégie ou tu resteras à regarder passer les autres poissons.
  C’est donc ici qu’entre en jeu le grand principe de la c-o-m-m-u-n-i-c-a-t-i-o-n ! Sur le site de placotage, j’ai peaufiné une annonce drôle et originale, je réponds à tous les messages, j’évite les raccourcis de clavier comme la peste et j’écris des phrases propres, accordées, qui tiennent debout.
  Est-ce que ça me donne un avantage sur les autres poissons du banc ? Aucune idée, mais ce que j'entends dire partout, les malotrus du clavier ne sont pas trop trop populaire. Bon, tout est relatif quand tu sais que dans le chatroom, les phrases des conversations sont pas mal éraillées.
  Ce jour de réception du fameux courriel, j’ai décidé d’écrire à une membre proposée. Il faut dire que j’avais pas mal fait le tour des membres féminins de ma région.
  Quand je dis « fait le tour », c’est que j’ai trié, classé, évalué, interrogé celles qui me semblait digne d’intérêt. Tu regardes les photos, tu lis les descriptions, tu analyses entre les lignes.
  Au final, ton cheptel de départ finit réduit à quelques têtes après avoir lancé ton lasso dans tous les sens.

  À première vue, la photo de profil de cette femme ne devait pas attirer beaucoup de requins. Une image de Fraisinette avec comme nom d’usager Clémentine, « bon… encore un profil bidon », que je me dis.
  Mais peu importe. La mention « poids enrobée » a fait son chemin dans mon cerveau. Sans me monter d'histoire, j’y vais pareil.
  J’envoie un message un peu humoristique du style, « allô Clémentine ! Le printemps arrive, les bourgeons sortent… et moi j’essaie timidement de sortir un bon premier message. Dis-moi si tu n’as pas trop de noyaux. »
  Il y a ce détail qui ajoute une paire d'As à ma main, Clémentine habite la même ville. « Ça serait écœurant si ça marchait », que je pense en fixant l’écran comme si ça pouvait influencer le destin.
  J’ai l’impression que l’Univers a levé un sourcil, parce qu’un message m’attend déjà dans la boîte réception du site de placotage.
  Impossible de résister, j’ouvre le reply sur-le-champ, même si la légende urbaine dit qu’il faut attendre pour ne pas avoir l’air trop intéressé. « Hahaha j’aime ça ! Aucun noyau à signaler, juste un peu de jus et pas mal de curiosité 😉 Et toi, t’es du genre à croquer ou à hésiter longtemps ? »
  Kapow ! L’aventure débute un jour de fonte de neige, quelque part en mars. Je pourrais remercier la fièvre du printemps qui n’avait pas de remède comme l’acétaminophène. C’était de l’anticipation pure, non diluée.
  C’est là que j’apprends que Clémentine est adjointe administrative dans un petit cabinet médical. Elle y fait tout, incluant la tenue de livres, le service à la clientèle et la gestion du chaos quotidien.
  Elle est le genre de personne qui tient la place à bout de bras pendant que les autres pensent que tout roule sans intervention.
  Au fil des échanges, un autre détail se précise. Elle est réellement… enveloppée, non pas un petit « enrobage marketing », mais du sérieux, du tangible… hoooolala !
  Pourquoi rester sur le site alors qu’il existe mille autres moyens de pousser la correspondance plus loin, plus vite, plus… direct ? Évidemment qu’on a migré. Dès qu’on est sortis de l’ombre un peu plate du site de placotage, nos échanges ont pris une autre tournure.
  Les mots ont commencé à être accompagnés d’images. Enfin, on pouvait se voir pour vrai, à travers la magie des pixels. À cette époque-là, on n’avait pas encore le téléphone greffé dans la main comme une extension naturelle, avec une bosse dans le cou à force de se rapprocher d'un écran au bout des bras.

  Ouin, c'était l'époque où le bon vieux courriel faisait la job pour envoyer des photos et… des vidéos. Ouin, des vidéos, ooooh, pas uniquement de chat… de chatte aussi ! Vous comprenez ce que je veux dire ?
  Parfois, ma boîte de réception m'annonce un nouveau courriel de Clémentine… avec un petit trombone au bout du titre… « ooooh, une pièce jointe » .
  Cette fois, c'était une vidéo qui est proposé, je me délecte déjà de ce que je vais y découvrir. Sur mon écran, Clémentine s'offrait des caresses, soulevant ses énormes seins, suçottant les mamelons de sa bouche à l'éternel sourire.
  D'autre fois, le vidéo proposé montre des mains glissant sur les hanches, soulevant les bourrelets pour les laisser retomber.
  À mesure que la correspondance se prolongeait dans le temps, les images et vidéos échangées devenaient de plus en plus explicites, comme celui où Clémentine glisse ses mains entre ses cuisses tout en écartant les genoux et exposant son intimité à mes yeux qui se lubrifient de mouille… oups… de larmes.
  Quand je dis une grosse poitrine, ben ça vient avec ce talent de faire disparaître un gode de douze pouces dans son ample décolleté. Ce genre de démonstration se terminait souvent par une imitation de fellation avec ce même jouet... un supplice pour votre blogueur.
  Chaque vidéo était un défi direct à ma maîtrise de soi, une pression sexuelle si intense qu'elle brisait toute résistance. Mon curseur clignotait sur le bouton « répondre » et… « replay »… 

Évidemment, à force d’échanges, on en vient à se connaître dans les moindres détails. Les recoins les plus intimes de nos corps n’avaient plus rien de mystérieux.
  Tout avait été montré, expliqué, commenté. La suite logique s’imposait d’elle-même, se rencontrer pour vrai et vérifier si, en dehors des écrans, nos petits bouts de chemin tiennent toujours.
  Tout le monde sait qu’une première rencontre au resto, coincé pendant un repas complet avec quelqu’un que tu ne veux peut-être plus jamais revoir, ça peut virer au cauchemar. On a donc opté pour un parc, à mi-chemin entre nos deux travails, juste après le dîner, pour une journée qui sent le vrai printemps, dans un parc endormi, avec des installations qui attendent l’été pour reprendre vie.
  Pour moi et Clémentine, on n’avait rien d’endormi, l’anticipation était éééénorme des deux côtés. Pas besoin d’en rajouter, on était déjà rendus au bord de l’explosion. Huhuhu.
  Bon. Je ne suis pas naïf non plus. Je me doute bien que je ne suis pas le seul dans son radar. Je serais même surpris d’être dans le top trois. Mettons que quand tu découvres qu'elle jongles avec plusieurs noms et une série d’adresses courriel différentes, c’est rarement pour jouer à un seul jeu à la fois.
  Je me dis, advienne que pourra, si elle n’aime pas les intellos un peu maladroits avec un bagage limité côté intimité, elle me flushera sans cérémonie.
  De mon côté, je décide de vivre ça à fond. À cent mille à l’heure. Question d’aller chercher toutes les feelings possible dans ce chaos-là, ooooh boy !

  Au fond, cette histoire n’est peut-être pas tant une rencontre que le moment juste avant. Si vous avez des histoires de dating dans votre bagage, vous savez qu'est ce moment où tout semble s’aligner entre ce que tu imagines et ce que tu crois possible… avant que la réalité vienne mettre son grain de sel.
  Entre les pixels, les mots et tout ce que je projette là-dessus, j’ai monté quelque chose de presque trop beau pour être vrai. Mais c’est ça aussi, le jeu.
  Tu plonges sans savoir si l’eau est chaude ou frette, puis tu découvres en tombant dedans, bien avant d'y toucher du bout de l'orteil. Rendu ici, la vraie patente n’est plus de savoir si ça va marcher… mais jusqu’où ça va aller.
  Et, c'est ainsi que je vais vous invite à lire le prochain volet qui sera, en tant que deuxième épisode de la série, la révélation. Bof, pour faire simple, je peux vous dire que ce sera la rencontre au parc.
  Ça paraît anodin dit comme ça, watch out ! Il y aura de l'explicite. Ben oui toé, mes histoires, à mon grand plaisir, prennent souvent cettd tangente !
  Meeeerci d'avoir poursuivi votre lecture jusqu’ici. Et comme d’habitude, à la revoyure !


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