199- Soins charmants (07MAR26 3/3) !
Vous voilà rendus au troisième volet de cette série spéciale « infirmières bien en chair ». Ne vous méprenez pas : je suis encore très loin d’avoir épuisé le sujet.
Disons que, jusqu’ici, je n’ai fait qu’effleurer quelques fragments d’histoires que mon cerveau a soigneusement classées dans le tiroir « fantasmes plausibles », section « à revisiter ».
On poursuit donc ces aventures personnelles, qui n’ont absolument rien à voir avec les tribulations de la pétillante docteure Isabelle Granger (la fameuse Geneviève Schmidt) dans la série médicale Stat, en ondes depuis 2022. Hooooolala. Un jour, il va bien falloir que je rende hommage à Geneviève, soit par un texte assumé, soit en rééditant le texte 042. N’allez surtout pas le lire maintenant… sérieux.
Avant Stat, il y a eu Trauma en 2010. Et avant Trauma, Urgences en 1996. Vous ne pouvez pas savoir à quel point j’ai tripé sur Joëlle Morin dans les années 90. Elle me faisait oublier la trame dramatique, le temps d’un regard, d’un ton de voix, d’un corridor blanc.
Et comme si ce n’était pas assez, elle était la sœur d’une autre actrice qui m’a fait découvrir très tôt le concept d’auto-feeling télévisuel : Valérie Valois. Ouf. Fin de la parenthèse nostalgique, je m’évente deux secondes.
Chaque décennie a donc eu sa série hospitalière mélodramatique… ou presque. Les années 80, ont complètement esquivé le milieu médical à la télé québécoise. Il a fallu attendre que notre système de santé commence à tousser sérieusement, à s’essouffler, à montrer ses bobos chroniques, pour que l’intérêt dramatique médical s’installe. Avec, un petit coup de pouce de l’influence américaine.
Et les années 70? On va oublier ça. À part M*A*S*H, j’ai beau fouiller, je ne trouve rien. MASH, disons que ce n’était pas exactement propice à mes élans adolescents. Quoique… Loretta Swit (Margaret Hot Lips Houlihannon)… laissons tomber. Il fallait que je me lève de bonne heure les fins de semaine pour rêver à Loretta sur la télé noir et blanche qu'on avait.
De retour au programme principal. Je vous propose ici une série de non-anecdotes, montées fictivement en une seule journée passée à l’hôpital.
Oui, ça va m'arriver de plus en plus avec l'âge : un examen de radiographie prescrit par un médecin, un rendez-vous banal sur papier, beaucoup moins anodin dans la tête.
En passant, si vous tombez sur ce texte par hasard, je vous invite très sérieusement, presque avec autorité, à aller lire les volets précédents avant d’aller plus loin, soit le 197 et le 198. Sinon, tant pis pour vous. Bon, cette foooolle journée fictive commence ici !
Youppi, le stationnement de l’hôpital offre encore quelques cases libres, gratuit pour deux heures. C’est le fun de croire qu'il y a encore des trucs gratuits en 2026.
Même si on m’a demandé de me présenter à l’inscription une demi-heure à l’avance, ma crainte d’arriver en retard a fait son effet, j’ai une heure complète d’avance. Non merci, je ne vais pas attendre près des autres patients. Je les vois trop, ces couples où l’un est en jacquette d’hôpital et l’autre rouspète derrière.
Quelqu’un tousse, une chaise grince.
— …j’te dis que c’est de même depuis la tempête…
— …non, pas celle-là, l’autre…
Un sac plastique se froisse, une voix lasse :
— …faut enlever les bijoux… oui, même ça…
Silence. Puis, à côté :
— …enceinte ?
— …ben voyons donc… c’est ta manière polie de dire que je suis trop grosse.
Un rire étouffé, presque gêné.
À la réception, une voix à demi étouffée au cellulaire :
— …non, c’est pas l’urgence… radiographie… ouin… j’sais… c’est long comme au triage, mais avec moins de monde.
Un pas, puis un autre, suivi d’un murmure.
— …j’pensais qu’ils nous appelleraient plus vite… t’es sûr d’avoir mis la requête au bon endroit ?
— …ben oui… on se dit toujours ça…
Une voix neutre résonne dans le long couloir :
— Monsieur Tremblay…
Un raclement de gorge quelque part.
— …lequel ?
Ouf, non merci. Direction la cafétéria. Un café et Candy Crush, parfaits pour passer vite cette demi-heure supplémentaire. Je descends à pied, peu tenté par les tousseux de l’ascenseur.
Ce n’est pas l’heure des repas à l'hôpital, mais assurément une pause café pour le personnel. La cuisine est ouverte, de grâce, je n’aurai pas à me battre avec une machine à café bornée dans une salle d'attente… erreur. C’est aussi une machine automatique, aaaaargh !
Je sélectionne mon breuvage en scrutant la cafétéria à moitié vide.
Je place mon gobelet sous le distributeur et remarque deux préposées qui rient trop fort près du micro-ondes.
Je passe mon Paypass sur l'interface de paiement en jetant un œil à un médecin collé à son cellulaire.
J’appuie sur démarrer et observe un patient passer, cabaret d’une main, poteau de soluté de l’autre.
Mon gobelet se remplit et je me surprends à espérer que le gars d’entretien n’aura pas à mopper un de mes dégâts.
Le sifflement de la machine retombe en silence, comme si elle me répondait un discret « merci, bonne journée ».
Je m’assois, seul, gobelet en main, Candy Crush en mode automatique… « quinze minutes max » que je me dis, en surveillant l’heure.
— Ben voyons donc… c’est-tu toi, ça ?
La voix me percute avant le visage. Je lève les yeux. Debout en uniforme rose pâle juste assez ouvert pour laisser voir un t-shirt noir tendu par une poitrine… impossible à ignorer, une infirmière au visage familier. Large sourire, lunettes, regard pétillant dans une tête ronde, « m'semble que j'la connais » ?
— Hein ? que je réponds, brillant par mon éloquence légendaire.
Elle rit, un rire franc, légèrement essoufflé.
— C’est moi, Marie-Claude, la mère d’Émile. Câline les hommes et votre mémoire sélective.
Le nom fait un détour par quinze ans de mémoire avant d’atterrir.
— Attends…
— Du rang Sainte-Anselme. Ton gars jouait avec le mien à essayer de devenir les meilleurs joueurs de soccer.
Je reste bouche bée, une seconde trop longue.
— Ben coudonc… oui ! Marie-Claude ! Woooow ! J’essayais de remettre ton visage sur toutes celles que je voyais au service de garde de l’école. Ça fait une éternité !
Elle penche légèrement la tête, comme pour me jauger.
— T’as pas tant changé, toi. Un peu plus de gris… mais les mêmes bouclettes.
— Merci… tu confirmes que les shampoings « juste un peu de gris » fonctionnent.
Elle éclate de rire et s’assoit sans demander, en face de moi. Son café posé, ses hanches s’installent difficilement. Et là, je réalise, avec un léger retard… qu’elle a changé. Il y a quinze ans, elle était déjà ronde et craquante.
Je suis certain que ce n’est pas qu’une question d’uniforme… ou presque. Hooooolala. Des seins énormes que j’avais complètement effacés de ma mémoire, retenus tant bien que mal par un uniforme qui fait clairement des heures supplémentaires. Petite, elle l’a toujours été, mais incroyablement enveloppée.
Ce qui me fait vaciller, ce sont ces monts et vallées visibles sous un tissu trop serré pour être honnête. Je ne dis rien, mais mon cerveau halète, coincé entre de vieux souvenirs et tout ce que j’ai sous les yeux.
— Qu’est-ce que tu fais ici ? qu’elle demande.
— Radiographie. Rien de grave, j’imagine. De la mécanique. Et toi ?
— Pause. J’suis infirmière ici depuis dix-huit ans.
— Hein… sérieux ? Woooow ! Tu fais partie des meubles !
— Ouin. La petite Marie-Claude du village. Infirmière.
Je hoche la tête.
— Tu sais que…, dit-elle en me regardant droit dans les yeux, j’étais sûre que tu me reconnaîtrais pas.
— Pourquoi ? Les noms, j’avoue, c’est pas mon fort, mais pour les visages, je me débrouille pas si mal.
— Parce que…, elle hausse les épaules, disons que j’ai pris un peu de tour de taille depuis le temps.
Un silence s’installe. Pas inconfortable, chargé.
— Tu sais, ajoute-t-elle plus bas, j’me rappelle que t’étais toujours fin avec moi.
— T’as vraiment remarqué ?
— Ouin. Les autres gars faisaient semblant de pas me voir. Toi, tu me parlais.
Je baisse les yeux vers mon café. — J’te trouve trèèèèès attirante, autant il y a quinze ans qu'aujourd'hui.
C’est sorti tout seul, trop vite. Un souvenir mal enterré qui refait surface. Elle se fige une demi-seconde, puis sourit. Un sourire différent, moins professionnel, plus personnel.
— Ben là…
— J’dis ça de même… dans le temps.
— Ouin…, elle se recule légèrement sur sa chaise, si j’avais su.
— Quoi ?
— Que t’étais sous mon charme.
Elle rit doucement alors que j’avale tout croche.
— Pis là ? demande-t-elle, faussement innocente. J’suis-tu encore de ton goût ?
Je relève les yeux. Je pourrais mentir. Je pourrais jouer au gars raisonnable. Je ne fais ni l’un ni l’autre.
— Oui.
Un silence. Long. Elle inspire profondément, comme si c’était la première fois qu’on lui disait ça.
— Ben… merci.
Une voix résonne dans la cafétéria.
— Marie-Claude ! Salle 3 !
Elle se lève avec effort, ajuste son uniforme.
— Faut que j’y aille. C’est la natalité. L'accouchement était prévu.
— Ouin… la vraie vie.
Elle hésite, puis se penche légèrement vers moi.
— J’suis vraiment contente de t’avoir revu.
— Ooooh, moi aussi. Je capote intérieurement, tu sais.
Elle s’éloigne à grands pas lourds, laissant derrière elle une odeur de café, de savon… et autre chose que je n’arrive pas à nommer.
Je reste là, avec un café refroidi et Candy Crush toujours au même niveau.
Je remonte à l’étage pour confirmer ma présence à l’accueil de la radiographie. Comme prévu, passage obligé par l’habillage. La jaquette d’hôpital.
Ce vêtement mythique qui ne protège ni la dignité ni la pudeur, mais qui a le mérite d’être impartial. Devant la jaquette, tout le monde est à égalité, et surtout… vulnérable.
Je m’assois dans le corridor d'attente pour la radio. Étrangement, je semble être la seule âme à avoir un rendez-vous à cet heure.
— Monsieur ?
Je me lève. Une technicienne en radiologie m’ouvre la porte… ouf… et n'est pas une planche à repasser pantoute. Elle est très ronde, solidement campée dans ses vêtements de travail. Définitivement, c'est impossible pour moi de l'ignorer.
Ses traits et ses cheveux grisonnants disent soixante ans faciles.C'est le genre de technicienne qui a vu passer des tonnes de corps en jaquette et qui n’est plus impressionnée par grand-chose, sauf peut-être un appendice masculin qui refuse de coopérer.
— Ça va bien ? me demande-t-elle en consultant mon dossier.
— Aussi bien que possible en jaquette, je réponds.
Elle sourit d'un sourire de professionnelle aguerrie.
— Parfait. Je vais t’expliquer comment ça va se passer. Tu fais exactement ce que je te dis. Moi, je m’assure que tout est bien protégé. Les rayons X, c’est sécuritaire quand on respecte les règles.
Elle attrape alors un plastron de plomb, épais, rigide et passablement lourd. Elle le soulève avec aisance puis le passe par-dessus ses épaules.
Le plastron descend… mais pas sans résistance. Son ventre rebondit offre une résistance contre la chape avant qu’elle ne trouve sa place. Elle ajuste, tire un peu, soupire.
— C’est jamais fait pour les femmes comme moi, ces affaires-là, dit-elle en riant. Mais inquiète-toi pas, je suis blindée pareil.
Moi, pendant ce temps-là, je capote intérieurement. Je suis trop près pour faire semblant que je ne saisis pas, trop conscient de ce qui est arrivé sous mes yeux.
Puis elle s’approche pour me passer un plastron par-dessus la tête et l’ajuster sur mes hanches.
Contact.
Son ventre me frôle pendant qu’elle cherche les attaches. Un geste machinal, précis… qui dure une seconde de trop. Je me fige pendant que mon cerveau disjoncte.
Respire.
Pense à autre chose : les impôts, les formulaires gouvernementaux, un stationnement payant, une menace d’endoscopie de la vessie.
Je fais tout pour me concentrer sur la machine, sur le mur, sur n’importe quoi sauf sur ce que mon corps tente stupidement de signaler après un centième de seconde de mauvais timing.
La technicienne, imperturbable, termine l’ajustement comme si j’étais un mannequin de plastique. Moi, je sais très bien ce qui est en train de se passer sous ma jaquette, incapable de retenir… mon érection.
Elle s’arrête, le temps d'un battement de cœur. Pas assez long pour être gênant, mais trop précis pour être accidentel.
— Hmm…, fait-elle sans lever les yeux.
Puis, très calmement.
— Bon… je le replace un petit peu, je pense que ça ne te dérangera ben ben.
Elle ajuste le plastron d’un cran, à peine. Un demi-pas de recul. Son regard croise le mien une fraction de seconde. Pas accusateur ou moqueur, juste un regard qui dit qu'elle a compris, suivi d’un léger sourire en coin.
— T’en fais pas, ajoute-t-elle doucement, ça arrive… pas en radiologie.
Une pause.
— Pas souvent avec quelqu’un de plus jeune que moi, par exemple.
Je manque d’avaler ma salive de travers.
— Tiens-toi droit, reprend-elle aussitôt, redevenue parfaitement professionnelle. Regarde droit devant. Parfait. Bouge plus.
La photo est prise, puis une autre. Elle me fait changer légèrement de position, sans le moindre commentaire supplémentaire.
— Bon, c’est terminé. Tu peux aller te rhabiller. Le médecin va te contacter pour les résultats.
Je sors de la salle avec cette impression étrange d’avoir vécu quelque chose de complètement banal… et pourtant profondément déstabilisant.
Direction les vestiaires, puis la sortie. Une fois dehors, l’absence d’air climatisé me remet les idées en place.
J’ai soudainement faim et besoin d'une nécessité de la vie : un café qui ne refroidit pas, de bacon dégoulinant de gras saturé et d’un endroit où personne ne porte de vêtements d’hôpital.
Je traverse le boulevard et m’échoue dans un petit resto déjeuner très populaire dans le coin, surtout chez les aînés. C’est bondé, les banquettes débordent. Les tables sont collées serrées pour maximiser chaque patate carré de plancher.
Les serveuses circulent avec l'efficacité cumulée de milliers de tasses de café servies, aussitôt avalées. Jupes noires droites, bas collants foncés, cheveux grisonnants attachés à la va-vite.
Elles font le service, placotent avec les habitués, lancent une blague ici, une autre là et détendent l’atmosphère à certaines tables.
Mon regard glisse sur elles sans s’y accrocher, les gardant instinctivement dans le décor, comme des abeilles dans leur ruche.
Mon attention s’arrête plutôt sur une banquette près du mur vitré. Deux femmes y sont assises face à face. Des silhouettes aux courbes généreusements plissées, aux hanches et à la taille, installées pour un moment de confidences.
La table appuie légèrement contre leurs ventres, créant ces plis naturels coincés entre le rebord et la banquette, visibles sans être indécents… sauf pour moi, évidemment.
Je craque pour celle qui porte le chandail rouge… hoooolala… elle est de mon type. Tassée dans la banquette, les cuisses bien gonflées, la poitrine tombant vers l’avant, presque au niveau de la table.
Chaque fois qu’elle se penche vers son amie, sa chair se comprime, son ventre avance un peu, comprimé entre elle et la table, dessinant ce pli que je repère aussitôt.
Je connais trop bien ce regard que je lui porte qui n’est pas juste de l’envie, c’est le goût et la faim ! Les poitrines pleines me sifflent, les corps qui roulent m’appellent, les visages ronds à lunettes me parlent directement. Hoooolala, ça me rend complètement fou de désir !
Les deux amies discutent et rient à grands gestes alirs que la banquette gémit doucement sous leurs mouvements. La femme en rouge attrape sa tasse, les avant-bras pressent ses formes. My god, je ne manque a-b-s-o-l-u-m-e-n-t rien.
Une ombre passe devant moi. La serveuse dépose un café sans même me demander.
— Vous êtes prêt à commander ?
Je relève les yeux à contrecœur.
— Oui… oui.
Je choisis sans trop réfléchir, des œufs, du bacon, des patates. Et une bonne excuse pour rester assis là encore un peu.
Pendant que certains écoutent les nouvelles à la télé, que d’autres feuillettent un journal taché de beurre et bariolé de café, que la majorité scrolle machinalement sur son téléphone, il y en a un qui est hypnotisé par une femme en chandail rouge. Tout simplement.
Quand mon assiette arrive, celle de mon alter ego est également servi, pleine, généreuse, exactement comme je l’imaginais.
Chaque bouchée qu’elle avale devient, dans ma tête, une confirmation de sa beauté. Elle mange sans hâte, à l’aise, plongée dans la discussion avec son amie. Je n’entends pas un mot, mais je suis captivé pareil.
À un moment, elle lève les yeux. Nos regards se croisent. Cette fois, ce n’est pas un accident. Elle m’a vu, elle sait que je la reluque.
Dans ma tête, la scène déraille. Je me vois payer mon addition, me lever, passer près de leur table. Elle se décale alors légèrement dans la banquette et pose la main sur le bord.
— Assieds-toi donc, dirait-elle à voix basse. Y’a de la place… je me tasse.
Je m’installe trop près pour que ce soit un accident. La banquette proteste, le cuir gémit en craquant. Oh boy-boy-boy… sa cuisse est chaude, ferme, coincée contre la mienne par l’espace étroit. Nos bras se frôlent, offrant un ressenti n'ayant rien de spectaculaire pour les autres, mais pour moi, c’est foooou !
Sous la table, quelque chose bouge, volontaire ou non, peu importe.
— C’est serré, hein ? dirait-elle, faussement candide, les joues rosées.
Mes doigts n'hésitent plus et trouvent les siens. Ils glissent un peu trop loin, sur une hanche qui offre beaucoup de moelleux.
Tout ça se jouerait tranquillement, entre une bouchée de patates, un jaune d’œuf coulant, une tranche de pain. Un terrain de désir invisible aux autres… sauf à celui qui finirait par s’asseoir à la table plus loin.
Je cligne des yeux.
Je suis encore debout près de leur table. Elle mange tranquillement en discutant avec son amie. Puis son regard me frôle une dernière fois, appuyé, complice… ou est-ce moi qui l’invente ?
Peut-être que son esprit a joué avec le mien quelques millisecondes, assez pour me donner l’impression d’avoir été vu. Je sors, fébrile, rassasié de corps et d’esprit. C'est trop iiiiincroyable !
Bon. Avant de ranger la jaquette d’hôpital pour de bon, je vous offre une petite leçon d'histoire sur ce petit monde qui nous entoure : les restos à déjeuner de chez nous. C’est plus que du café et des œufs, c’est un vrai bout de culture québécoise, vous allez voir !
Le concept du restaurant spécialisé dans le déjeuner, tel qu’on le connaît dans la Belle Province, a réellement pris son envol avec Cora Tsouflidou en 1987. Elle achète un petit diner (prononcé à l’anglaise) dans l’arrondissement Saint-Laurent à Montréal et décide de faire du déjeuner sa spécialité incluant un menu créatif, généreux et coloré : fruits frais, crêpes, omelettes, pain doré.
Le modèle sera franchisé à partir de 1994. Après les Cora, d’autres entrepreneurs suivent et s’installent dans le paysage : Eggquis (1995), l’Œufrier (1995), Allô mon Coco (2001), Ben & Florentine (2008). Tout un écosystème. On est loin du deux œufs-bacon servi jusqu’à onze heures dans les restos dits standards.
Avant les années 1980-1990, on déjeunait au restaurant, oui, mais rarement pour en faire un événement social. C’était un repas fonctionnel, avant le boulot. Cora a transformé cette habitude en concept.
À partir de là, sortir au resto juste pour déjeuner est devenu une tradition bien ancrée dans la province. Lire les jeux de mots parfois trop enthousiastes dans les menus fait presque partie de l’expérience, surtout un lendemain de veille.
On parle souvent des cafés et des restos comme de « third places », des lieux entre la maison et le travail où une vie sociale s'y déploie. On y rit, on jase, on observe, on croise des regards, on goûte, on crée des complicités.
Et oui, parfois, ça dérape doucement vers de petites histoires coquines ou des rendez-vous improvisés. J’en sais quelque chose. J’en ai vécu quelques-unes dans ces endroits dédiés au café et au temps qui fait une pause.
J’ai recherché des chiffres et des statistiques sur les romances nées dans les restos déjeuner. Je n'ai rien trouvé de concret. Par contre, les anecdotes, les chroniques personnelles aussi, et le bouche-à-oreille fait le reste.
De toute façon, je n’ai pas besoin de statistiques pour savoir que, dans ces banquettes serrées, les frôlements, les clins d’œil et les tensions silencieuses existent bel et bien. Même l'industrie pornographique ne se gêne pas d'y faire une virée.
Alors voilà, chères lectrices et chers lecteurs, le troisième volet de cette série se termine ici. Trois textes pour raconter ces petits moments, ces instants volés, ces souvenirs qui remontent sans prévenir, comme une infirmière qui vous annonce sans crier « gare » qu'elle va vous installer une aiguille de perfusion au bras : « êtes-vous gaucher ou droitier » ?
Tout ce que vous avez lu dans cette série est de l'ordre du fait vécu, sauf, bien sûr, les conversations, légèrement (un peu beaucoup) romancées. Il faut bien laisser un terrain de jeu à l’imaginaire, huhuhu !
Alors santé. Que votre prochain café matinal soit aussi chaud que vos désirs, que vos rendez-vous médicaux soient moins platonique que prévu. Merci d’avoir suivi mes histoires sans histoires et, comme on dit sur le blogue… à la revoyure !
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