016- Les Aventures avec un grand A (18DEC22 1/1)!

Mes grandes aventures… avec un grand A… ne sont pas celles d'Indiana Jones explorant le fin fond d'une chambre secrète d'une pyramide au Caire, ni une descente des Alpes à ski ou à motoneige à la James Bond, ni encore un road trip chassé-poursuite avec Thelma & Louise sur la route 66.
  Ce sont plutôt des petits trucs bien banals, comme la découverte d'un plancher sous le bardat de la chambre à coucher de mon fils, une descente rapide à dos de genoux d'un sommet au mont Saint-Hilaire et un road trip du boulevard Cousineau à Saint-Hubert pour un « rencontre & feelings » bien ressenti.
  Vous comprenez que mes histoires avec ces correspondantes fantasmagoriques, je les ai toujours placées sur un piédestal à la hauteur de mes désirs, soit d'une hauteur à faire jalouser la tour Burj Khalifa de Dubaï.
  Hum. Pourquoi pas des histoires avec un grand H, dont le niveau de bouleversement, de mon petit moi, se retrouve quelque part en importance entre les « grandes guerres de l'Histoire », entre les empires qui s'effondrent et les révolutions qui changent le monde. Bon… j'exagère un tantinet.
  Il n'y a pas eu de général Patton pour me peaufiner des stratégies, d'installer mes désirs sur un plan de bataille et m'aider à affronter de plein fouet toutes mes appréhensions.
  C'est plutôt un discret parachutage derrière ma ligne de timidité, à gruger ce front de gêne un petit mètre à la fois. Vous voyez comment toutes mes aventures comptent ?
  Et j'adore par-dessus tout mes histoires qui arrivent sans prévenir, qui chamboulent quelques semaines, quelques mois ou parfois quelques années d'une vie, puis qui laissent derrière elles une trace suffisamment discrète pour passer inaperçue, mais trop profonde pour que je l'oublie.
  Tsé, en tant qu'explorateur de mes fantasmes, j'en dresse justement la carte pour ne rien perdre. À force d'introspection, plusieurs « non-aventures » remontent à la surface et méritent une place bien nichée à mon blogue.
  J'en ai aussi oublié ou enterré d'autres, dont je ne soupçonnais même plus l'existence. C'est un peu de tout ça dont il est question sur mon blogue.

  Justement, à propos du texte que vous avez sous les yeux : vous en lisez sa réédition, soit la version 2026, remplaçant celle de 2022… hooooolala !
  Ce qui a été écrit à ce moment-là, je le garde, mais comme j'ai pris du galon côté écriture et expérience de la vie, mon nouveau grade de sergent m'aide à être un peu plus à l'aise d'affronter toutes les poches de résistance de mes phobies sociales. Mais, gagner contre celles-ci passé la cinquantaine, c'est un rude combat.
  Disons que les aventures sentimentales sur la ligne de front épuisent à la longue. Je ne parle pas d'épuisement professionnel, je parle plutôt du fait que je dois constamment courir sous l'artillerie adverse, avancer sur un front de tranchées, franchir les barbelés, affronter les troupes retranchées derrière les bunkers et enfin… hisser mon drapeau de conquérant du royaume.
  Je suis ce sergent un peu essoufflé, un peu dépassé même, qui réalise que, dans certains cas… ce n’est pas lui qui mène l’assaut. J'ajouterai que certaines générales ont plus de… présence sur le champ de bataille que d’autres. Hihihi !
  Ce que je veux dire, c'est qu'il y a beaucoup plus d'obstacles qu'avant pour atteindre celle qui me fait vibrer et capoter. Peut-être que c'est moi-même qui élève ces barrages, je ne sais pas trop, j'ai tellement tendance à intellectualiser.
  Quand ça devient trop chargé en émotions, en intuition ou en craintes, je coupe le ressenti et je bascule en mode analyse purement logique, une question de survie mentale, disons.
  Ben oui, je suis un humain pensant et… bloqué… jusqu'à un certain point. Restez dans les parages du blogue, vous êtes de petits espions derrière les lignes ennemies !

  J'ai connu des histoires courtes, qui ont, pour la plupart, dépassé le simple coup d'un soir. Ce sont quand même des aventures qui auraient tout juste suffi à remplir un épisode des Simones.
  Oups… petite parenthèse. Je viens de me rappeler que je réédite ce texte en 2026. Il y a de bonnes chances que plusieurs d'entre vous se demandent c'est quoi, au juste, Les Simones.
  En gros, c'était un téléroman québécois diffusé dans le coin de 2016, qui suivait quatre trentenaires accumulant les mauvaises décisions amoureuses, professionnelles ou existentielles, avec beaucoup plus d'autodérision que de glamour.
  Ajoutons que c'était davantage le pendant québécois, un peu plus cru et beaucoup plus près de la vraie vie, de Girls sur HBO, adapté à la réalité montréalaise.
  En 2016, j'étais dans la quarantaine et Les Simones me faisaient autant rire que grimacer de par la vision féminine de la vie des trentenaires.
  Bien sûr, la série restait quand même assez loin des pitreries des quatre gars des Invincibles (2005 à 2009), auxquels je m'identifiais davantage, surtout Carlos.
  C'est le gars bien rangé, sérieux, presque beige de l'extérieur, mais qui cache un joyeux bordel de désirs et de fantasmes derrière sa façade de parfait employé de bureau. Guuuurlp !
  Avec les histoires éphémères, on tourne généralement la page assez vite… parce que ça ne dure jamais assez longtemps. La recherche de feelings est un puissant moteur de résilience et de persévérance, j'en veux toujours plus !
  J'ai aussi connu des histoires plus longues, suffisamment pour que Revenu Québec commence à s'intéresser à mon statut conjugal.
  Quand l'impôt s'intéresse à vous, c'est généralement que vous avez franchi quelques étapes importantes... au point que votre amie finit par glisser qu'elle est prête à marier un homme qui sait cuisiner. Remarquez que j'ai écrit qui sait cuisiner... pas qui aime cuisiner… nuance !
  Et puis il y a eu les autres, les étoiles filantes, celles qui ont traversé mon ciel sans jamais s'y arrêter. J'ai quand même fermé les yeux pour faire un vœu… quand je les ai rouverts, c'était déjà terminé.
  Ben oui, je ne suis pas infaillible, je ne plais pas à tout le monde, même quand des promesses d'aventure flottent dans l'air.
  Mais je garde de bons souvenirs de ces rencontres, elles aussi ont laissé leur trace. Ça forge un homme… ou, à tout le moins, ça lui donne de bonnes histoires à raconter.
  Je ne sais pas par quel chemin vous êtes arrivé sur ce blogue, mais si c'est votre première visite, persévérez un peu. Des aventures, il va en surgir de ma mémoire. Qu'elles aient duré le temps d'une météorite ou frôlé le quasi-mariage, j'aime rendre hommage à celles qui, chacune à leur façon, ont été mes muses.

  Chaque fois que je repense à toutes ces histoires, je finis inévitablement par remonter jusqu'au même point de départ.
  C'est comme dans les films où le vieux héros, une bière à la main, les yeux un peu humides, raconte son aventure face à la caméra. « Tout a commencé par le commencement. »
  Dans mon cas, ce commencement prend les traits d'une amie fraîchement divorcée, une chum de fille, comme on dit.
  Laissez-moi vous dire qu'elle a probablement davantage contribué à mon éducation sentimentale que tous les cours d'éthique, de morale, de religion et d'éducation sexuelle réunis.
  Après son divorce, quelque chose avait changé. Je ne sais pas si elle cherchait à rattraper le temps perdu ou si elle savourait simplement sa liberté retrouvée, mais elle s'était lancée dans la vie avec un enthousiasme qui forçait l'admiration… la mienne surtout.
  Elle racontait des histoires qui étaient encore pas mal taboues pour mes oreilles plutôt chastes de l'époque.
  Je la revois encore, assise dans le salon, le sourire déjà accroché aux lèvres. Ce sourire, c'était le signal, je savais que la phrase magique s'en venait. Celle qui allumait instantanément des feux d'artifice dans mes yeux.
  — Y faut absolument que je vous raconte ça… tsé le gars de Mascouche que j'ai matché ?
  À partir de ce moment, j'étais perdu. Je m'enfonçais confortablement dans mon divan, j'écoutais, je buvais ses paroles, je les absorbais, je les collectionnais.
  Chaque histoire semblait sortir d'un univers parallèle auquel je n'avais jamais eu accès. Des aventures qui commençaient précisément là où la plupart des gens auraient rebroussé chemin.
  Des rencontres improbables et des péripéties qui me faisaient sérieusement me demander s'il était humainement possible de vivre autant d'affaires en une seule vie.
  Elle racontait tout ça avec un feeeeling qui venait me picoter l'épiderme… remontant doucement le long de la colonne vertébrale jusqu'au cerveau… avant de redescendre directement dans le coin du… bas-ventre !
  Cette amie aurait pu me raconter l'achat d'un simple grille-pain avec le même ton de confidence et j'aurais eu les mêmes vibrations me traverser le corps. Elle possédait une façon de raconter qui avait exactement le même effet qu'un massage du cuir chevelu. Woooow !

  J'en ressens encore les chatouilles juste à y repenser. Je suis convaincu que ça aurait fait une excellente série télé, une fiction, évidemment, parce que personne n'aurait cru qu'il s'agissait de faits vécus.
  Mais, seul Bleue Nuit aurait eu l'audace de diffuser les aventures de ma chum de fille.
  Quand cette amie se dévoilait, j'avais l'impression de retrouver mon émission préférée. Le nouvel épisode était annoncé, je me réservais un créneau, je m'installais confortablement… puis j'écoutais religieusement.
  Mon imagination faisait le reste. Elle me transportait directement dans chacune des scènes. J'étais sur les lieux, j'entendais les échanges, je me glissais dans les dialogues, j'observais tout avec un regard beaucoup trop voyeur.
  J'imaginais chaque détail avec une précision qui aurait probablement inquiété certains professionnels de la santé mentale.
  Jamais je n'aurais pu imaginer que cette amie fut une véritable bête de… d'échange intime… vous saisissez ?
  Et dans ma petite vie de villageois, je n'aurais jamais cru que certaines des pratiques qu'elle racontait, existaient réellement en dehors des films pour adultes.
  Ce qui m'a frappé de plein fouet dès le départ, c'est qu'elle entretenait plusieurs amants en même temps, chacun avec sa spécialité, comme des artisans dans une foire commerciale, chacun dans son stand.
  Vous pouvez me croire : lorsqu'elle partait en road trip, ce n'était pas pour visiter des musées. Rive-Nord, Rive-Sud, grand Montréal, Québec, Ontario, États-Unis… partout où se trouvait un homme capable de la satisfaire, il y avait un échange de feelings qui l'attendait.
  Je pense qu'elle a fini par traverser à peu près tout le catalogue des fantasmes imaginables : des aventures en voiture, de l'échangisme, du dogging, des soirées libertines, des orgies privées, du sexe en public, de la webcam… et même le tour complet des ethnies. Ouf !
  Parfois, c'était l'âge qui devenait la règle. Un jour, elle jouait la cougar et le lendemain, la sugar baby, selon l'humeur. J'ai déjà lu que, si on reste dans le répertoire animalier, les hommes plus vieux sont les silver foxes… et les femmes plus jeunes étaient les kittens. Hihihi !
  Ajoutez à ça qu'elle animait aussi des groupes privés de webcam et d'autres bidules en ligne.
  Étrangement, c'était le seul sujet sur lequel elle demeurait presque mystérieuse. Aucun détail croustillant, rien, comme quoi même les meilleurs conteurs gardent parfois quelques cartes dans leur manche.
  Bref, elle m'a offert le forfait tout inclus… avec absolument tous les extras ! Sauf pour l'abonnement premium VIP dont elle gardait précieusement le lien pour y souscrire.

  Plus je l'écoutais, plus une idée commençait à s'installer quelque part dans mon cerveau. Une toute petite idée, encore discrète, pas assez forte pour prendre toute la place, mais suffisamment tenace pour revenir cogner régulièrement à la porte. « Pourquoi pas moi ?... Ouin... pourquoi pas moi ? »
  Pourquoi certaines personnes semblaient-elles accumuler les aventures comme d'autres collectionnent les cartes Pokémon, pendant que moi, je regardais le train passer en agitant la main depuis le quai ?
  Je n'avais pas la réponse. Psssst… je ne suis pas certain de l'avoir davantage aujourd'hui. Mais la question s'était définitivement installée.
  Un jour, sans le moindre avertissement, les récits se sont arrêtés. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais plusieurs morceaux de la vie de ma chum de fille s'étaient mis à s'effondrer en même temps : une faillite, une dépression… et l'addiction à la « chose » avait fini par être décortiquée par des professionnels de la santé.
  Vous me comprenez : quelques thérapies et une médication bien ajustée… ça doit forcément changer un brin une personne. Ou peut-être avait-elle simplement remarqué que mes yeux s'illuminaient un peu trop chaque fois qu'elle amorçait une nouvelle histoire.
  Je ne l'ai jamais su. Tout ce que je sais, c'est que j'ai ressenti une drôle de perte, comme lorsqu'une série télé qu'on adore est annulée sans prévenir, alors qu'il restait encore plein de saisons à raconter.
  Bon… le potineur invétéré en moi venait de perdre sa meilleure source d'histoires bouillantes. Mais surtout, je venais de perdre, sans m'en rendre compte, la personne qui m'avait donné envie de sortir de ma tanière. Parce que la question, elle, était toujours là. « Pourquoi pas moi ? »
  À force de revenir, cette question est devenue agaçante, puis envahissante, presque harceleuse. Je me suis donc lancé dans une quête un peu étrange : trouver d'autres sources d'histoires coquines qui accepteraient, bien malgré elles, de prendre le relais.

  Un jour, j'ai arrêté de me poser cette fameuse question, j'ai décidé d'essayer d'y répondre. Je ne me faisais pas d’illusions, j’avais déjà remarqué que certains hommes semblaient obtenir des résultats impressionnants simplement en respirant à proximité d’une femme.
  De toute évidence, je n’appartenais pas à cette catégorie, il fallait travailler un peu plus fort. Lorsque les lois de la génétique ont distribué les cartes, elles m’ont probablement donné quelques points en humour et en écriture… plutôt qu’en beauté fatale. On fait avec ce qu’on a, mais encore faut-il en prendre conscience.
  Alors j’ai commencé à écrire pour flirter un peu, pour discuter beaucoup, pour apprendre à la folie… avec l’espoir de découvrir un monde dont j’ignorais pratiquement tout.
  Et, contre toute attente, ça a fonctionné. Pas à chaque fois, bien sûr, mais suffisamment pour que les aventures cessent d’être uniquement celles des autres, j’ai commencé à compter les miennes.
  Quand je regarde le chemin parcouru aujourd’hui, je reviens toujours à cette femme assise dans son salon, sourire en coin, prête à raconter sa dernière histoire intime.
  Je doute fortement qu’elle ait réalisé l’effet qu’elle a eu sur moi. Pour ma chum de fille, ce n’était probablement qu’une conversation parmi tant d’autres. Bref… pour votre blogueur, c’était le début des aventures avec un grand A. Hihihi ! En passant, ben oui je peux répondre à votre fameuse question qui pend au bout de vos lèvres, « l'amie n'était pas mince, ni forcément ronde… mais surprenamment grande ! »
  Très chères lectrices, très chers lecteurs, je vous invite à revenir ici aussi souvent que le cœur vous en dit.
  C'est à mon tour de vous raconter des histoires : du placotage à voix basse, des jasettes à mots couverts… et encore quelques affaires que je n’ose pas tout à fait révéler.
  Merci de tout cœur d’être venus me lire. Et à la revoyure !



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Commentaires

  1. J'en ai pas terminé avec mes questions existentielles. Même si mon texte est réédité en 2026, c'est encore la même rengaine : « Pourquoi pas moi » ?

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