196- Retour vers le 010 (07FEV26 1/1) !
C’est maintenant le temps pour un autre texte « retour vers le 000 », pratiquement dans les derniers que j’ai à vous présenter… eeeenfin.
Je peux bien vous l’avouer : cette série a été assez fastidieuse à écrire. Elle m’a forcé à sortir de mon cadre habituel, de mes zones d’intérêt confortables. Mais bon, je réusss quand même à garder l'essence du fantasme bien présente.
Comme je disais, on approche tranquillement de la fin de la visite guidée dans mon processus créatif. Toutefois, avant de pousser la porte du Bureau 196, j’ai envie de vous partager une petite découverte qui m’a frappé en plein torse il y a quelque temps.
Ne vous en faites pas, ce n’est pas une autre histoire de panneaux publicitaires aux courbes provocantes, même si, vous le savez, le sujet reste entier. Allez voir le texte 186 si jamais vous avez besoin d’un rappel.
Cette fois, je veux vous parler d’une constatation bien réelle et franchement… animale… Grrrrrraouhh !
En ce moment, soit au début 2026, tenez-vous bien, j’ai vu passer des trucs apparemment anodins qui ont quand même fait jaser, du moins dans certaines bulles de l’internet d’intérêt. On appelle ça le « Zebra-Print Renaissance ». Quessé ça ?
En français simple : le retour de l’imprimé zèbre, ou plus largement des motifs animaliers. Déçu que je vous amènes en safari-photo toute dépense payée ? Ne vous en faites pas, je ne parle pas de chandails de loups hurlant à la lune. Ici, on parle du zèbre, du vrai.
Avant de vous exposer mes réflexions, je vous fais un condensé de ce que j’ai glané sur l’origine de cette… tendance.
Le retour du zébré ne serait pas juste un feu de paille viral. Il est appuyé par les maisons de mode et les plateformes qui décide du prêt-à-porter.
À l’automne-hiver 2024-2025, des créateurs comme Jacquemus ont intégré l’imprimé zèbre dans leurs collections sur des silhouettes audacieuses, envoyant un message clair : ce motif n’est pas là pour repartir en douce.
Vogue France le disait sans détour, le zébré n’est pas près de s’avouer vaincu en 2025. Plusieurs guides de tendances le classent même comme un imprimé capable de rivaliser avec le léopard, rien de moins.
Des maisons mode comme Nina Ricci ou Balmain ont remis le zèbre à l’avant-plan pour l’hiver 2025 et ce sont surtout des influenceuses grande taille qui se sont approprié la tendance avec une assurance qui a fait travailler nos pupilles… et mes fantasmes.
Le fameux motif zèbre n’est pas uniquement réservé aux podiums. Des enseignes plus-size grand public, comme Yours Clothing, proposent maintenant des pièces zébrées dans leurs collections régulières.
Le message est clair : le zèbre migre, il s’installe en harde et prend ses aises dans des garde-robes accessibles.
En vrai, je ne peux pas dire que j’ai vu cette mode exploser dans la rue. Sauf une fois…très mémorable… au boulot.
Et laissez-moi vous dire que ce n’était pas le petit motif discret porté en accessoire pour se donner un air wild sans conséquence. Nenon. C’était le zébré assumé en noir et rouge. Oooooh oui, noir et rouge. Woooow !
Si j’avais été un chasseur de safari avec cette vision dans ma mire, j’aurais renié mes racines pour devenir un herbivore naturalisé zèbrette rouge. Psssst… entre nous, cette femme incarne, dans la vie de bureau, beaucoup plus le rôle du chasseur que celui de la proie. Ooooh que oui.
Ce jour-là, je placotais à la machine à café de la cafétéria. Madame la directrice passe tout près, cabaret à la main, coupe garçonne parfaitement lissée, regard capable de faire plier un conseil d’administration en un clin d’œil.
Ni mince, ni ronde, elle attire l’envie avec sa taille sablier et ses hanches de pin-up. Et là… la robe zébrée rouge, ajustée jusqu’au-dessus des genoux, les collants chair, les bottes mi-mollets… l’effet sur mon émoi intérieur et sur le bidule qui pend entre mes deux jambes, a été immédiat. Fin du débat.
Je vais aussi me taire devant toutes ces photos de modèles, incluant Tess Holliday, qui osent les motifs animaliers sans chercher à s'amincir, sans s’excuser d’attirer les regards sur ce qui ne répond pas aux standards de la sphère mannequinat.
Ce qui me frappe, ce n’est pas tant le motif que ce qu’il provoque. Sur un corps plus-size, le zèbre ne camoufle rien, il attire l’œil vous savez où, il brouille les repères et empêche le regard de compter les bourrelets ou de juger la texture de la peau.
Ça bouge, ça vibre, ça vit, prêt à bondir à la moindre menace. Le tissu devient un terrain de jeu pour l’imaginaire, bien plus fort que la géométrie. Et clairement, le mien n’est pas en congé.
Si je pousse la réflexion un peu plus loin, cette renaissance zèbre n’est pas qu’une tendance, c’est un refus tranquille d’être sage. C'est aussi un refus de se plier à l’idée que les bourrelets doivent rester discrèts pour être tolérés.
Le zèbre hennit : « mon corps est déjà hors norme, aussi bien l’habiller comme tel. » Honnêtement, ça fonctionne beaucoup trop bien pour le self-control fragile de mon introverti intérieur.
Étant spectateur à la fois intimidé et fasciné, c’est une leçon silencieuse sur la confiance et le plaisir de vivre comme on en a envie. Ce zèbre rouge avait réveillé quelque chose qu'il m'est impossible de garder endormi dans ce genre de circonstances !
Le motif zèbre est passé de l’imprimé rock des années 1980-2000 à celui d’un motif chic, presque polyvalent.
Mais attention : je ne resterai pas ce chasseur de safari converti si, dans ma lunette de carabine, il apparaît un motif léopard sur un Speedo porté par un homme bedonnant. Là, je tire un coup de semonce. Hihihi.
Bon. C’est ici que j’arrête de vagabonder dans la savane et que je retourne, sans trophée, à mon processus créatif.
Malgré tous les détours, les images et les élans philosophiques, créer et publier un texte fonctionne toujours de la même façon. On peut rêver, fantasmer, écrire, imaginer, mais à un moment donné, il faut valider une dernière fois avant de cliquer sur publier. Il faut regarder le texte droit dans ses caractères et se demander : « est-ce que ça tient debout ? Est-ce logique ? Est-ce assumé ? Est-ce que c’est simplement moi ? »
C’est pour ça qu’aujourd’hui, je vous amène devant une porte bien précise de ma maison d’édition fictive. Une porte sans laquelle rien ne sort d’ici.
Si vous avez suivi les escales précédentes, vous savez que chaque couloir, chaque bureau, chaque clic est une étape. Une idée se crée, se polit, se relit, se valide… ou se recycle.
Dans le pire des cas, elle est retravaillée jusqu’à revenir, un jour, réclamer son droit d’exister avec fracas. Alors, suivez-moi et… en avant la visite !
— Chers visiteurs, chères visiteuses, nous voici au bureau 196, « Validation finale », dis-je pour capter l’attention du groupe. C’est ici que la version ultime d’un texte est validée avant de quitter la maison d’édition pour le grand monde du blogue… ou qu’elle se voit refuser l’accès moyennant de se faire tricoter davantage.
Le groupe s’arrête net après mes derniers mots. Le couloir qui y mène est étroit, presque volontairement oppressant.
Les murs, d’un beige administratif sans âme, sont tapissés de photos d’auteurs souriants. On devine qu’ils ont souffert avant d’être encadrés.
La porte 196 affiche une banalité indécente : grise, sans fioriture, totalement en décalage avec l’importance du processus. Une petite plaque métallique, rayée par le temps, indique simplement le numéro… aucun nom… aucun ego.
— Avant d’entrer, laissez-moi vous avertir : le bureau n’est pas grand. Vous allez vous sentir à l’étroit. Certains disent que l’air y est saturé de tension, d’odeur de café noir trop longtemps chauffé et de textes refusés qui continuent de hanter les murs.
Derrière moi, les murmures démarrent aussitôt.
— Tu penses que c’est un homme ou une femme ?
— Certainement quelqu’un de sévère…
— Moi, je parie sur une vieille éditrice glaciale, lunettes au bout du nez.
— Non, trop cliché. Ça doit être quelqu’un de brillant, mais imprévisible.
— Paraît qu’elle peut tuer un auteur d’un seul regard. Et que les cadres sur les murs sont les âmes des malheureux.
— Ben voyons… vous allez voir… ce sera une femme tout en chair qui mène le chef de la maison par le bout du nez…
— Ahem, ajouté-je pour calmer les spéculations et les projections douteuses.
Les fantasmes se bousculent. Chacun plaque ses peurs sur cette porte drabe. Je laisse le silence s’installer, puis… je lève la main.
Trois coups secs décidés. J’ouvre la porte sachant que je suis le seul à savoir ce qu'il y a derrière, pour y avoir été trop souvent pour… hum… affaires… intimes.
Un court silence presque solennel.
Derrière un écran géant qui masque l’occupante du lieu, une femme se lève dès que le groupe s'engouffre dans l'espace.
Grande, ronde, pour ne pas dire grosse, l'apparition porte un pull moulant couleur prune qui tente, sans grand succès, de contenir des courbes bien dodues.
— Allô tout le monde. Je suis Sandra, responsable de la validation finale. Tout ce que vous voyez sur le blogue passe entre mes mains… ou retourne directement dans celles de l’auteur.
Le groupe avance d’un pas hésitant, ne sachant pas où cette figure autoritaire les conduira.
Sur la table s’empilent des versions imprimées de textes, des images générées, des couvertures provisoires et plusieurs tasses de café abandonnées. Autant de preuves silencieuses de longues journées passées à traquer les aberrations littéraires.
— Ici, reprend Sandra en balayant la pièce d’un geste lent, je m’affaire à la relecture et à l’analyse des textes soumis, surtout du point de vue d’une lectrice. Chaque paragraphe et chaque image sont confrontés à la réalité du blogue de notre cher patron.
Sandra marque une pause, elle me regarde. Pas le groupe, juste moi.
— Et parfois, ajoute-t-elle, la réalité… c’est aussi ce qui détourne le regard de l’auteur quand il devrait rester concentré.
Quelques visiteurs échangent un coup d’œil. Je sens un piège se refermer sur moi.
— Sandra…, la coupé-je d’un ton faussement calme.
Elle avance d’un pas lent. Le pull prune fait clairement sa part du travail pour me scotcher en place.
— Ne fais pas l’innocent, tranche-t-elle. Tu sais très bien de quoi je parle.
Elle pose la main sur la table, juste assez près de moi pour que le message passe sans être prononcé.
— Tu écris sur les courbes avec passion, dit-elle en s’adressant au groupe, parce que tu les comprends, parce que tu les observes. Et surtout… parce que tu les aimes.
Un silence trop appuyé s’installe.
— Et parce que, reprend-elle en penchant légèrement la tête, tu en as déjà vérifié la réalité de très près.
Quelques sourires nerveux et une toux mal dissimulée se font entendre. Je ravale le moton qui se forme dans ma gorge.
— Ce n’est pas pertinent pour la validation finale… dis-je pour m'en sortir.
Sandra sourit, cette fois sans retenue.
— Oh que si. Je ne valide pas des textes écrits à distance. Je valide des textes vécus.
Elle se penche légèrement vers moi. Assez pour que je sente la pression monter.
— Et si je te laisse passer certains excès, dit-elle calmement, c’est parce que je sais exactement d’où ils viennent. Tes mains ne mentent pas quand elles écrivent.
Elle se redresse aussitôt. Retour au mode professionnel. Personne n’ose respirer.
— Vous croyez qu’une image passe automatiquement après la création de Mélodie et le travail de Régis ? Rien n’est automatique ici. On tue des unes plus souvent qu’on ne les publie. Je m’assure que le texte et l’image se marient. Toujours.
Une pile de copies attire mon regard. Pendant que je tends une main, le groupe se penche avec moi.
La couverture montre une femme ronde, sourire timide mais assumé, appuyée contre un mur, vêtue d'un maillot de bain à motif zèbre. Elle sait exactement ce qu’elle fait au regard du lecteur.
— Chaque détail compte, reprend Sandra en se plaçant derrière moi. Même une posture, une main, un regard qui accroche l’écran. Tout doit dire exactement ce que le texte promet. Ni plus. Ni moins.
Je me penche pour mieux voir.
Sandra s’approche naturellement en poussant son gros ventre sur mon dos, presque accidentel. C'est suffisant pour que mon corps réagisse malgré moi.
Le tissu de son pull, la pression douce mais assumée, créent une tension que je n’avais pas prévue devant témoins.
— Tu vois, murmure-t-elle à mon oreille en ajustant une feuille, chaque détail compte. Même celui que tu prétends ne pas regarder.
Je retiens mon souffle. Le groupe observe les images, mais mon attention est ailleurs. Le rire discret de ma tentatrice retentit quand elle recule. Oooooh, le contact se répète et devient une épreuve délicieuse.
— Tu es concentré ? me demande-t-elle avec un sourire complice. Ou trop sensible aux vraies courbes pour rester impartial ?
Je hoche la tête, partagé entre gêne et fascination. Ce mélange de rigueur et de sensualité est électrique. Sandra le sait.
— Tu n’as pas changé, dit-elle, amusée. Toujours aussi vulnérable à certaines distractions.
— Ce n’est pas ma faute, dis-je, à moitié lucide et à moitié figé.
— Oh, mais si, répond-elle en accentuant légèrement sa cambrure. Tu devrais apprendre à résister… ou accepter de ne pas le faire.
— Et si une image ou un texte ne fonctionne pas ? demande une visiteuse.
Ouf, je suis sauvé de cette douce tentation. Sandra sait très bien comment me donner des… érections.
— On le renvoie à la chambre d’édition, répond Sandra, sèche, mais avec ce sourire qui trahit son plaisir du contrôle. On retravaille. Jusqu’à ce que chaque élément atteigne la perfection. Ou du moins celle que nous voulons transmettre.
Je me penche vers l’écran tactile, mais Sandra ne se laisse pas facilement contourner. Elle glisse devant moi, coupe l’axe, m’enferme entre elle et l’écran.
L’espace se rétrécit d’un coup. Son ventre effleure mon abdomen, d’abord par accident, puis, sans prévenir, elle appuie légèrement. Juste assez pour que mon corps trahisse ce que je m’efforce de contrôler.
— Tu es attentif aux détails, murmure-t-elle, tout près. Même à ceux qui n’apparaissent pas à l’écran.
Je ravale un souffle et mais trop tard, elle l’a senti. Son sourire ne se voit pas encore, mais je le devine dans la façon dont elle ajuste sa posture, comme si elle cherchait volontairement le point de friction exact. Mon corps réagit sans consultation préalable, ma verge se gonfle par ces caresses surprises.
Mes mains effleurent ses rondeurs, brièvement, presque par réflexe. Un contact furtif, mais chargé d’électricité, nos peaux se sont reconnues avant nous.
— Fais attention, souffle-t-elle. Ici, tout laisse des traces.
Elle ne recule pas. Au contraire, elle ancre sa présence, assume davantage de pression et de lenteur ajusté d'un brin d'indécence du moment tenu trop longtemps.
Son ventre frissonnant sous mes doigts, devient un rappel de ce qui se passe habituellement sous la table, derrière les regards, dans un silence beaucoup trop conscient.
— Tu vois, poursuit-elle à voix basse, il y a toujours un moment où le texte révèle ce que l’auteur n’avait pas prévu d’avouer.
Je ferme brièvement les yeux, mais, c'est une mauvaise idée. L’odeur de son parfum, la chaleur de son corps, la certitude qu’elle sait exactement ce qu’elle provoque rendent l’exercice cruel.
— Sandra…, dis-je, sans réelle autorité.
— Chut, coupe-t-elle aussitôt. Laisse-moi ce moment. Je… tu… me brûle tellement.
Elle bouge à peine, un simple ajustement de bassin. Suffisant pour que la tension monte d’un cran, pour que mon immobilité devienne une lutte.
Je sens son amusement retenu, cette satisfaction calme de celle qui mène le jeu en demeurant sur la ligne.
— Tu devrais être fier, ajoute-t-elle doucement. Peu de textes provoquent une réaction aussi honnête.
Je reste figé, conscient du moindre centimètre entre nous, du moindre regard possible autour. Le groupe est là, tout près, mais complètement ailleurs. Et c’est précisément ce qui rend la situation intenable.
— Respire, murmure-t-elle encore. Personne ne voit rien. Mais toi… moi… on ressent tout.
Enfin, elle se retire d’un pas. Juste un. Assez pour me laisser debout avec les conséquences. Elle tapote l’écran, professionnelle, impeccable.
— Voilà, dit-elle à voix normale. Cette image fonctionne, les autres également. Le texte répond à mes critères.
Puis, plus bas, sans me regarder :
— Toi aussi. Trop bien, même.
Le groupe est absorbé par la découverte du processus : questions techniques, regards sur les écrans, hochements de tête polis.
Tous participent, sauf une visiteuse ronde, légèrement en retrait, qui ne regarde ni les images ni les textes. Elle nous regarde, son sourire est trop posé, trop attentif pour être innocent.
Je croise brièvement son regard. Elle ne détourne pas le sien, elle l’approfondit.
— Bon, conclut Sandra en se redressant, les mains bien ancrées sur le bureau, merci d’avoir suivi la visite. Chaque texte également évalué pour… leur sensibilité.
Un visiteur ricane nerveusement.
— On sent que c’est… rigoureux, dit-il, sans trop savoir pourquoi il rougit.
Sandra sourit. Elle se tourne vers moi, lentement, son regard pèse, chargé de ce qu’on ne dit pas devant témoins. Puis, sans annoncer le geste, elle attrape doucement la main de la visiteuse ronde et la pousse contre la mienne.
— Tiens, dit-elle simplement. Maintenant, vous êtes aussi de la partie.
Le contact est immédiat, chaud et ferme, pas hésitant une seconde. Les doigts de la visiteuse se referment légèrement, comme si elle attendait ce moment depuis le début. Une décharge de feelings me traverse.
— Oh…, souffle quelqu’un dans le groupe, croyant à une démonstration pédagogique.
— C’est interactif, finalement, ajoute une autre en riant, mal à l’aise sans savoir pourquoi.
— C’est… plus incarné que je pensais, lance un visiteur, amusé.
— On dirait presque une performance, ajoute une femme, le regard brillant. Ou un casting.
Sandra ne fait pas qu'observer, elle savoure cette transgression. La visiteuse incline légèrement la tête vers moi, assez pour que je sente son parfum, pour que son pouce effleure volontairement l’intérieur de ma paume. Un geste minuscule, mais clairement assumé.
— Vous voyez, reprend Sandra en s’adressant au groupe, l'intention d'un texte ne se limite jamais à ce qui est visible. Il y a ce qui se passe entre les lignes, entre les corps, entre les intentions. C'est le jackpot lorsque le texte transcende ces états.
La visiteuse se rapproche d’un demi-pas. Trop près pour être neutre. Pas assez pour être dénonçable. Son sourire s’élargit.
— C’est fascinant, dit-elle doucement sans me quitter des yeux. Je comprend mieux pourquoi certains textes… vibrent plus que d’autres.
Je sens ma respiration changer lorsque la femme approche ses lèvres des miennes.
Les discussions se taisent peu à peu. Quelque chose flotte dans l’air. Une tension collective mal identifiée.
Un silence suit. Pas un silence choqué, mais un silence attentif.
— C’est audacieux, dit quelqu’un, presque admiratif.
— C’est intime, corrige une autre.
— C’est excitant, tranche une troisième, sans détour.
Sandra observe la scène. Son sourire est toujours là, mais il s’est durci. Son regard quitte la main que je tiens pour suivre mes doigts qui se déplacent sur le ventre de l’autre femme. Un battement de mâchoire garde un soupir retenu.
— Intéressant, dit-elle finalement. Très intéressant.
Elle marque une pause.
— J’admets que, pour une fois… j’aurais aimé être à sa place.
La visiteuse sourit, victorieuse. Elle se rapproche encore, suffisamment pour que le groupe comprenne qu’il se passe quelque chose, sans pouvoir en pointer la nature exacte.
— On devrait peut-être… avancer, propose quelqu’un, la gorge sèche.
Sandra hoche la tête, satisfaite.
— Exactement. Parce que… non… ça va, conclut Sandra une pointe d'amertume dans la voix. Je souhaite une bonne visite à tous et je vous dot que l'avenir appartient à ceux qui savent regarder autrement.
— Je ne verrai plus jamais ce blogue de la même façon.
— C’est plus vivant que ça en a l'air.
— Clairement.
Je sors main dans la main avec la visiteuse. Personne ne fait semblant de ne pas voir. Certains sourient, d’autres envient et d’autres observent franchement.
Dans le couloir, la femme que je tiens la main, hésite, avant de se détacher à contrecœur.
Juste avant, ses doigts glissent et s’attardent une fraction de seconde de trop à un endroit qui ne laisse aucun doute sur son intention, centuplant la tension sexuelle déjà forte entre nous deux.
— À plus tard, murmure-t-elle. On pourrait se revoir n'importe quand.
Elle rejoint le groupe comme si de rien n’était.
Moi, je reste là une seconde de plus, le corps encore tendu, parfaitement conscient que quelque chose a commencé… sous les yeux de tous.
La porte du bureau 196 se referme derrière nous, Sandra me regardant, me suppliant en silence de venir la rejoindre après que tout ça soit terminé.
Le groupe se disperse en commentaires banals, en rires nerveux, mais sous ma peau, l’impression demeure. Le jeu, le contact, le regard de Sandra, et celui beaucoup trop clair de la visiteuse ronde.
Quelque chose a été validé ici et ce n’était pas seulement un texte.
Voilà. Vous avez vu comment un texte passe au tamis, comment une image est regardée droit dans les yeux avant d’être livrée au monde.
Maintenant, pour le prochain arrêt, on quitte les bureaux et les écrans. On descend d’un étage plus trouble, plus quotidien, plus humain, celui se tenant derrière les mots du texte numéro 010, publié en décembre 2022.
Les échelons de la correspondance, le troisième, ça vous dit quelque chose ? C'est celui où on fouille, on vérifie, on tente de relier un prénom à un visage, un discours à une présence réelle. Google, Facebook, Messenger et LinkedIn deviennent alors des terrains d’exploration émotionnelle plus que technologique. Pas pour espionner, mais pour sentir si quelque chose tient debout.
Le texte 010 revient donc, remis en lumière, avec ce que j’ai appris depuis. Les réflexes, les maladresses, les élans, les limites qu’on s’impose… ou qu’on contourne. Si le Bureau 196 valide ce que j’écris, l’échelon trois valide ce que je ressens.
Merci d’avoir survécu à la lecture de ce texte et à votre énième visite sur le blogue. C'est ce moment qud je vous dis… à la revoyure !
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