015- Autoportrait approximatif (17DEC22 1/1) !

  Vous me lisez depuis un bon moment maintenant (ce texte est une version rééditée 2026 d'une vieillerie écrite en 2022, alors que je respectais la formule blogue au pied et à la lettre... avec des mini-billets), mais quand j'y pense, vous me connaissez surtout par mes réflexions, mes coups de cœur, mes innombrables interrogations, mes divagations tordues et mes préférences... bourrelesques!
  Au gré de mes histoires « faits vécus », « fiction assumée » ou « do-CUL-mentaires », vous savez que je suis plutôt du genre intello que douchebag, vous savez que je ne gagnerai probablement jamais un concours de dominance masculine, vous savez que j'ai un faible assumé pour les femmes bien en chair et vous savez aussi que je suis capable de pondre une histoire de trois mille mots après avoir simplement croisé une inconnue qui m'a fait vibrer intérieurement à l'épicerie.
  Mais à part ça ? Qui est donc l'intello derrière le clavier ? Je vais essayer de répondre à la question, tout en me gardant aussi mystérieux que le triangle des Bermudes ou les statues de l'île de Pâques.
  Même si j'aime bien me dévoiler dans mes textes, je tiens à conserver une certaine… discrétion. J'aime bien l'idée que ce blogue demeure un endroit où les histoires sont plus importantes que la personne qui les écrit.
  D'ailleurs, j'ai souvent l'impression d'être une espèce de paradoxe ambulant. D'un côté, j'étale mes pensées les plus intimes, mes fantasmes, mes observations un peu crues, sur la place publique, semaine après semaine, sans gêne aucune. De l'autre, demandez-moi mon nom de famille et je deviens soudainement muet… allez comprendre la logique !
  C'est un peu comme si j'avais décidé de devenir le bibliothécaire le plus extraverti de la place. Vous avez accès à toute la collection, vous pouvez emprunter, lire, relire, commenter dans la marge des bouquins (figurativement uniquement, ne pas écrire dans mes livres svp)... mais ma fiche d'employés n'est disponible qu'à mes collègues.
  Et c'est probablement ça, le plus drôle dans toute cette aventure. Après plus de 200 textes, je continue d'être à la fois le gars le plus ouvert et le plus cachottier que vous « connaissez », comme… un livre ouvert dont la couverture serait qu'une couleur, une émission de télé-réalité dont vous n'êtes pas abonné au canal (comme la télé payante des années 90) ou un perroquet qui parle beaucoup mais qui garde avec lui le secret de l'île d'Oak Island ! Hihihi !

  Il faut dire que je trouve ça assez comique, le contraste entre ma vie « officielle » et ma vie de blogueur.
  Dans mon quotidien normal, je suis probablement perçu comme quelqu'un de plutôt tranquille, poli, presque ennuyant.
  Mais une fois devant mon clavier, le samedi matin avec une bonne dose de caféine (un petit espresso, pas de Rockstar ou Red Bull), je me transforme en une sorte de Clark Kent du désir des courbes, sauf que mon costume de superhéros est juste... mes lunettes portées un peu de travers. Bon, je m'égare encore, c'est une vieille habitude !
  Quand je me regarde dans un miroir, je n'ai jamais vu un homme particulièrement beau.
  Je me débrouille avec mes défauts et mes complexes, en les retournant dans tous les sens pour qu'ils deviennent tant soit peu acceptables à mes yeux.
  Puis, avec l'âge, j'ai fini par me tanner de ces combats perdus d'avance. La jeunesse pousse à vouloir être admiré, alors que le temps qui passe m'apprend plutôt à vouloir être en paix avec mon modèle, tranquillement en voie d'obtenir sa plaque de véhicule antique. Hihihi !

  Je parle beaucoup du physique de mes, ouf, muses de la rondeur. Vous avez quand même le droit d'en savoir un tantinet sur le mien.
  Parlons taille d'abord. Je ne suis pas particulièrement grand, le six pieds n'est pas au rendez-vous et ne le sera jamais.
  Dans la cinquantaine, on commence parfois à rapetisser, mais inquiétez-vous pas, le processus du tassement de la colonne n'est pas encore enclenché, j'ai encore de la marge avant de me transformer en hobbit !
  Donc, si ce n'est pas six pieds, je dirais que c'est 1,75 m selon mon permis de conduire. Bof, pas assez grand pour être un joueur des Alouettes de Montréal (la moyenne de la grandeur des joueurs est de 1,90 m), non plus pour rejoindre l'ancienne formation des Expos au baseball (1,88 m), ni pour porter le chandail des Canadiens au hockey (1,87 m), mais je pourrais sans doute envisager une carrière avec l'Impact CF de Montréal au soccer (1,80 m) !
  Cela dit, avec le sport national de l'admiration des rondeurs, il n'y a pas de minimum de taille requis pour faire l'équipe. Bonne nouvelle pour moi, parce que côté records olympiques, je n'ai jamais brillé, sauf peut-être pour celui qui a le plus de prétendantes dans un harem imaginaire.
  Définitivement, c'est une discipline méconnue, peu médiatisée et étrangement absente des Jeux depuis leur création, hahaha ! Pourtant, je vous assure que je m'entraîne avec un sérieux remarquable.
  Je décrocherais probablement l'or dans l'épreuve du regard émerveillé, l'argent dans celle des scénarios improbables, et une disqualification immédiate dans la catégorie réalisme.
  Du côté de la stature, je pourrais dire que ma silhouette est relativement ordinaire, ben oui ! Je suis quelque part entre le mince et le dodu, dans cette vaste catégorie des hommes qui pourraient être en meilleure forme, mais qui essaient de préserver tant bien que mal ce qu'ils ont encore.
  La machine fonctionne correctement, mais elle nécessite un peu plus d'entretien qu'à vingt ans, et certaines articulations grincent davantage qu'avant.
  Je lis souvent dans l'argot internet qu'on appelle ça le « dad bod » (corps de père), dans toutes ses variantes possibles.
  Ce n'est ni le corps sculpté d'un athlète qui ne jure que par ses protéines, ni celui d'un homme franchement corpulent. C'est une sorte de territoire neutre entre les deux, une zone démilitarisée où cohabitent les bonnes intentions, les résolutions de janvier qui ne durent que le temps du nouvel an, les vendredis pizza et les promenades occasionnelles pour se donner bonne conscience.
  Ce qui me fait sourire avec le dad bod, c'est que personne ne s'entend sur sa définition. Personnellement, j'ai toujours trouvé que le terme était un peu injuste, comme si la bedaine apparaissait spontanément à la naissance du premier enfant.
  Ma meilleure théorie pour le dad bod, c'est le « temps ». Les enfants grandissent, les responsabilités s'accumulent, les soirées deviennent plus courtes et les activités physiques finissent parfois remplacées par un rôle de chauffeur, de dépanneur, de réparateur ou de taxi familial.

  Peu importe la stature ou la silhouette, à cinquante ans, le corps est en fin de garantie. Même pour ceux qui ont réussi à négocier une garantie prolongée, la mécanique interne s'use sans possibilité de véritable entretien.
  Impossible d'y faire un antirouille ou un plan de lubrification préventive sur les 360 articulations du modèle. Même la glucosamine ne peut pas grand-chose contre un genou qui craque, une épaule qui proteste ou un muscle en grève générale illimitée.
  C'est ici qu'on réalise que le concessionnaire ne fait jamais de rappel, même quand il y aurait matière à le faire. Je me dis que je mériterai un mise à jour gratuite pour le dos… mais non… on m'offre qu'un conseil plate, « le travail c'est la santé » de mon mécano en guise de service après-vente.
  Bien sûr, je suis chanceux, rien de dramatique ne s'est révélé jusqu'à maintenant, même si la garantie légale de mes morceaux ne s'applique plus depuis longtemps. Désormais, je roule essentiellement à mes risques... et surtout à mes frais.
  Cela dit, deux pièces esthétiques de la carrosserie échappent un peu miraculeusement à l'usure générale. D'abord, les cheveux que je porte longs, très longs même.
  Bouclés et pas mal broussailleux, j'ai une tignasse qui a survécu à plusieurs modes et à un nombre incalculable de commentaires de gens convaincus qu'un homme passé un certain âge devrait « se faire arranger ça ».
  Désolé, mais cette pièce-là n'est ni négociable ni à vendre, surtout que, même passé la cinquantaine, le gris et la rouille ne sont pas encore dominants sur ma tête.
  Je ne dirais toutefois pas la même chose des autres poils du corps, ouf ! Tout de même, la génétique fait son œuvre, ça clairseme tranquillement et se terni, mais pas au point de m'envoyer en clinique capillaire en Tunisie ou de me faire prendre du Rogaine pour le restant de mes jours.
  L'autre ajout esthétique du tacot, ce sont ces grosses lunettes au cadre noir qui font partie intégrante de mon visage.
  Je soupçonne fortement certaines personnes de ne pas me reconnaître sans elles, cachant astucieusement les cernes et autres dégâts causés par le manque de sommeil.
  En tout cas, aveugle sans mes fonds de bouteille, c'est la première chose que j'ai entre les mains au réveil, bien avant le fichu téléphone.
  Avec une tignasse emmêlée, les lunettes et un gros nez, on dirait presque un kit de déguisement vendu au Dollorama, sauf que dans mon cas, c'est… permanent.
  Pssst... ben oui, jamais en cinquante ans, je n'ai eu besoin d'entretenir mes sourcils. Or, je ne peux plus dire la même chose aujourd'hui.
  Pendant qu'il y a des hommes qui égalisent leurs favoris, je fais le même travail sur… mes sourcils et mes poils de nez !

  On peut garder le moteur bien rodé avec toutes sortes d'additifs qui contribuent à maintenir la santé, mais la transmission doit continuer à tourner pour ne pas gripper.
  C'est pour ça que je fais, ou faisais, du jogging plusieurs fois par semaine. Officiellement, c'est pour demeurer en santé, officieusement, c'est parce que j'aime beaucoup trop les chips, les pâtisseries, la malbouffe et à peu près tout ce qui contient davantage de calories que de sagesse.
  Le jogging et le junk food entretiennent chez moi une relation complexe, l'un existe principalement à cause de l'autre.
  Autre facette de mon moi qui est venu avec le fait d'être le père d'une troupe nombreuse… j'adore cuisiner. J'aime lire des recettes, en regarder, les modifier et surtout en inventer qui n'auraient jamais dû exister. Le résultat final me rappelle pourquoi les recettes ont été inventées au départ.
  Parce que je suis de la génération X, je suis amateur de musique québécoise, de rock des années 80 et d'électro capable de faire grincer les oreilles des plus jeunes.
  Mais je ne peux pas dire que la musique m'accompagne partout, ce sont plutôt les podcasts qui occupent ce rôle. J'ai des écouteurs sur les oreilles un peu partout, si je n'ai pas d'interlocuteur actif (pas souvent, j'avoue humblement).
  Avoir plus que cinquante ans en 2026, c'est d'avoir connu les longues épopées sportives des Jeux Olympiques de Montréal, de nos z'amours les Expos et des Nordiques. Par « obligation », je suis devenu un fidèle partisan du Canadien de Montréal... lorsque l'équipe participe aux séries.
  Ce qui signifie essentiellement que je pratique l'optimisme chronique depuis plusieurs décennies. Chaque automne, je me convainc que l'équipe est sur le point de surprendre tout le monde. Chaque printemps, je révise mes attentes et je recommence l'année suivante.

  Si je devais identifier le trait qui me définit le plus, ce serait probablement ma curiosité. Disons que j'observe constamment les gens, les lieux et écoute les conversations. J'aime repérer les petits détails que la plupart des gens oublient aussitôt qu'ils les ont vus.
  Je peux croiser une personne pendant quelques secondes et me surprendre à réfléchir à cette rencontre pendant… plusieurs jours. Non pas parce que je m'invente une histoire (on se comprend), mais parce que j'essaie de comprendre ce qui m'a touché, pourquoi ce souvenir persiste-t-il alors que mille autres ont disparu. Une bonne partie de ce blogue est née de cette habitude.
  Je ne suis pas tant fasciné par les gens que par les réactions qu'ils provoquent en moi, plutôt analyste que romantique, plus observateur que séducteur, plus rêveur que conquérant.
  Dans un groupe, je suis souvent celui qui regarde un peu autour pendant que les autres s'en vont déjà. Non pas parce que je veux rester seul, mais parce que j'aime observer ce qui se passe avant d'embarquer dans le moule.
  Je suis certain que vous le savez déjà : « j'aime les gens… en général » ! J'aime discuter, jaser, placoter et surtout rigoler.
  Ce qui fait que l'humour occupe une place immense dans ma vie. Entre l'autodérision et le plaisir de taquiner affectueusement mes lecteurs, j'ai trouvé là mon sport préféré après… le jogging !
  C'est peut-être aussi pour ça que j'ai toujours occupé des emplois où des tonnes de gens gravitent autour de moi.

  Vous connaissez maintenant un peu mieux l'homme derrière les textes. Pourtant, vous ne connaissez toujours pas mon nom complet, mon adresse ou l'endroit où je travaille. Et c'est parfait ainsi.
  L'essentiel n'a jamais été là. Il se trouve plutôt dans les réflexions que nous partageons, dans les échanges que nous avons et dans ces petits bouts de vie qui finissent parfois par créer une certaine proximité entre parfaits inconnus.
  Mais bon, dites-vous que si vous osez m'écrire, plusieurs de ces détails cesseront rapidement d'être mystérieux. Et si vous osez la rencontre, ma face ne sera plus seulement une collection de pixels.
  En tout cas, comme toujours, merci de me lire, merci de revenir et merci de m'accompagner dans toutes ces aventures parfois profondes, parfois absurdes, mais toujours sincères. 
  Il y aurait encore un milliard de petites patentes que je pourrais vous raconter à mon sujet, mais je préfère vous laisser les découvrir au fil de vos passages ici. À force de traîner vos godasses sur mes pages, le portrait finira bien par se préciser tout seul.
  Tant qu'à briser un peu la magie, l'homme que vous voyez sur les photos de ce texte, ce n'est pas moi. Enfin... pas vraiment. C'est la version que l'intelligence artificielle a imaginée à partir des détails que je lui ai donnés. 
  Une espèce de moi parallèle qui semble avoir passé sa vie à réparer des muscle cars, boire du café noir et séduire la caméra du regard.
  Dans la vraie vie, je suis très loin du look « bad boy ». Disons que si l'IA m'a transformé en héros de magazine automobile vintage, elle s'est accordé quelques libertés artistiques. Beaucoup de libertés artistiques, même. Hihihi !
  Même si j'aurais aimé être le personnage des photos, un peu rebelle, un vieux rocker qui accumule les excès depuis les années 80, la réalité est malheureusement beaucoup moins spectaculaire.
  Je ne traîne aucun paquet de cigarettes sous la manche de mon t-shirt, je n'ai jamais roulé de joint, je n'ai aucun tatouage à part une discrète tache de naissance à la cheville et aucun piercing n'a jamais effleuré la moindre partie de mon anatomie. Même mes oreilles n'ont jamais connu l'émotion d'une aiguille.
  Je suis probablement l'un des mauvais garçons les moins crédibles de la province.
  À bien y penser, mon plus grand vice demeure probablement le café, suivi de très près par les chips et ma capacité à tomber en fascination devant une inconnue croisée dans une allée d'épicerie.
  C'est loin de l'image du motard tatoué qui sillonne les routes sur fond de guitare électrique.
  Mon côté dangereux se limite généralement à écrire des textes un peu trop longs, à mettre trop de chili dans mes recettes ou à trouver beaucoup trop de charme à des bourrelets qui, paraît-il, devraient être détestés. À la revoyure !


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