192- Romance à broil (10JAN26 1/2) !

  Je vais tout de suite vous dire une chose : je ne traînerai pas comme d’habitude, avec tout plein de paragraphes d'introduction. Normalement, je vous aurais sorti une sempiternelle histoire de femme ronde aperçue dans une épicerie de la belle province. Ça sera pour une autre fois.
  J'ai plutôt choisi une histoire qui m’a donné un bon lot d’émoi intérieur. L’univers m’a récemment offert quelques moments de placotage avec une femme trèèèès ronde, comme j’en croise rarement, mais que je désire tellement.
  Hoooolala… une semaine plus tard après THE EVENT, je suis incapable d’arrêter le petit hamster nocturne qui court dans ma tête, me ramenant toujours à cette femme aux courbes re-dou-ta-bles.
  Okokok, je parle pour moi, c’est clair. Je sais très bien que sa grande taille ne fait pas l’unanimité chez mes pairs… mais j'en suis un allié indéfectible.

  Pour tout vous dire, j’étais invité à une fête familiale. Le genre de rassemblement où tu vois certaines personnes une fois par année, d’autres aux grandes occasions, et d’autres… juste les années bissextiles.
  L’hôtesse de la fête, une femme ronde qui assume sans problème ses courbes, elle nous accueille dans un legging qui annonce clairement son allégeance à la silhouette poire variété Anjou.
  Ooooooh oui. Cette femme-là vit dans mes fantasmes depuis ce jour où elle est sortie de son Honda, une jambe galbée après l’autre, en robe blanche moulante, fendue jusqu’à la limite légale du haut de sa cuisse.
 J'avoue être resté longtemps à jaser avec elle… ou plutôt, à faire semblant d’être captivé par son monologue sur le port des chaussettes blanches dans les sandales Croc, pendant qu’elle se penchait pour détacher un de ses enfants.
  J’étais… très très très… amoureux (ou en admiration) d’elle à ce moment-là. Tsé, ce genre de feeling félin où t’as envie de te frotter doucement comme un vieux matou qui frôle une minette de sa queue frétillante… ouin !
  C’est précisément cette femme d’exception qui invite à venir fêter dans sa maison. Plusieurs invités sont déjà arrivé. La plupart, je les connais juste de vue : un signe de tête pour eux, un high-five élaboré pour les connaissances, un enlacement poli pour l’hôtesse.
  Comme partout maintenant, c’est une fête familiale « apportez votre vin et bière », parce qu’avec les prix actuels, personne ne veut s'obliger à prendre une deuxième hypothèque pour dévaliser la SAQ et faire plaisir à 20 personnes. Pendant que je reluque l’hôtesse de l'autre bout de la cuisine, membre de la famille par procuration mais membre VIP dans mes pensées, je… ben… je n’étais pas prêt pour un raz-de-marée de feeling.

  La porte s’ouvre pour laisser passer les derniers invités. Un duo de femmes que je vois à peu près aussi souvent qu’un changement de gouvernement fédéral (genre tous les huit ans… sauf Paul Martin, qui a fait un petit trois ans façon éclair).
  « Tiens, elles sont maintenant accompagnées d’un homme », que je me dis. Moi qui avais toujours cru qu’elles formaient un couple… pas un trouple. Bon, déjà là, en tant que potineur, je sais que la soirée va être riche en placotage.
  Derrière l’homme… c'est … elle. Celle que j’ai toujours imaginée en couple lesbien dans mes scénarios internes, celle qui m’a déjà fait vivre mille aventures improbables dans ma tête, je la revois.
  Déjà ronde il y a dix ans, elle est maintenant une reine des rondeurs, ma Ursula en chair et en chair. Je capote ben raide.
  Essayant de ne pas passer pour un dépravé, je réussi à contenir mes réactions physiologique, ce qui n'empêche pas de rester scotché sur place.
  En la dévorant des yeux, je me dis qu'elle ne s’est pas gênée pour porter une tenue jugée « ordinaire » chez les femmes minces, mais qui devient un acte d’audace absolue à sa taille.
  Avec le recul, je me demande si je suis le seul à avoir eu cette fièvre printanière en voyant une femme ronde en jeans pâle skinny… à sa taille. Pas un skinny « qui te coupe la circulation en quinze secondes », un vrai skinny assumé qui dessinait tout, absolument tout. C’est fou.
  J’ai même eu l’impression qu’elle était venue exprès pour me montrer comment son belly apron, tsé le surplus de chair abdominal qui descend, bombait le mont de Vénus en créant ce fameux pli de ceinture qui m’enlève cinq ans de vie à chaque fois que j'en vois. Hoooolala.
  Si mes pensées avaient émis de l’électricité, j’aurais pu alimenter une ville de 100 000 habitants juste avec ce moment-là.

  Pour vous la décrire, elle a les cheveux longs tirés vers l’arrière, une tête ronde aux rondeurs que ne se dissimulent pas, un t-shirt moulant trop petit qui exposait des bras épais, une poitrine tenue haute et des bourrelets de hanches décidés à respirer dès que possible.
  Oui, oui, j’ai regardé ailleurs, j’ai tenté de m'intéresser aux autres invités… mais elle m’avait ensorcelé juste en posant un pied dodu dans la maison. Pas besoin de poupée vaudou pour réussir ce tour de force : un tour de hanches de 60 pouces, ça me domine sans incantation.
 Quand elle s’est assise face à moi, obligée d’écarter les genoux pour laisser de la place à son lourd abdomen comprimé… c’était débile. Je suis tombé en amour en trois respirations.
  Ne pensez pas que je suis resté silencieux à la contempler comme un enfant devant un poster de Samantha Fox. Non non. J’ai dévoré l’entièreté de son babillage. Elle m’a tout raconté, ce qui est arrivé dans le gap depuis la dernière fois où on s’est vus, sa vie professionnelle de secrétaire adjointe dans une clinique privée… « mais ça, chut, c’est un secret ». 
  Avec son sourire qui aurait fait frémir un poteau de téléphone, je me suis laissé bercer comme un imbécile heureux, complètement charmé de l’avoir si près, comme si la soirée entière avait été organisée juste pour ça.
  Disons que je ne vais pas vous amener dans ce chemin tortueux d’une conversation platonique gobée mot à mot par un auditeur charmé d’avance.
  Je vais plutôt vous amener dans une conversation fictive que je m’imagine le soir, quand ma tête est fin prête pour le pays des songes, mais que la zone masculine décide de s’accrocher à une femme pleine de milles feelings.
  Vous avez compris, on retourne à la petite fête, un samedi d’automne frisquet. Au lieu de dire « cette femme », on va l’appeler Charlotte. Allons-y. Je vous épargne mes réactions biologiques à écrire cette histoire, parce que vous les connaissez déjà.

  Charlotte me surprend en me lançant un regard en coin. C’est le genre de regard qui dit clairement, « j'ai vu ton regard vitreux… t'es malade ? » Comme je suis un introverti de compétition, je fais semblant de fouiller dans mon verre pour cacher mon sourire… mais c’est raté. Elle ricane.
  — Quoi ? que je lui demande en me penchant un peu.
  — Rien, rien… c’est juste que ça faisait longtemps que personne m’avait regardée comme ça.
  — Comme quoi ? Comme… comme… rien !
  Charlotte hausse les épaules, mais je vois très bien qu’elle attend la suite. Elle fait la détachée, mais ses doigts pèlent l’étiquette de sa bouteille comme si elle essayait de cacher un tremblement.
  — Ben… comme si t’avais vu un buffet à volonté pis que t’avais soudainement très faim, dit-elle en riant, pas certaine d’elle.
  — Je te regarde pas comme un buffet.
  — Ah non ?
  — Non. Je te regarde comme une femme très plaisante à écouter.
  Elle arrête net de jouer avec son étiquette. Comme si ces mots-là ne faisaient pas partie de son univers.
  — Arrête… les gars comme toi, ça s’intéresse pas aux filles comme moi.
  — « Les gars comme moi » ? Je suis classé dans quelle catégorie là ?
  Elle inspire profondément. La vérité plate s’en vient.
  — Celle des gars qui trippent sur les minces, les normales… pas sur une fille de ma stature. Moi je suis… ben… trop. Toujours trop.
  Je glisse ma main sur la table, tranquillement, en lui laissant une échappatoire. Elle ne recule pas. Ses cuisses sont près des miennes, et la chaleur monte déjà.
  — Sais-tu quoi ? que je murmure.
  — Quoi ?
  — Je trippe exact sur le trop. C’est littéralement ma zone de confort.
  Elle rit, nerveuse, mais ses yeux veulent un test de sincérité.
  — Tu devrais pas me dire ça…
  — Pourquoi ?
  — Parce que ça fait longtemps qu’un gars m’a pas parlé comme si j’étais… désirable.
  Sa voix craque juste assez pour me rentrer dedans. Je tente une petite chance. Je glisse mes doigts sur son avant-bras sans être trop cowboy, juste une petite chaleur claire et assumée. Elle frissonne, un frisson sur une femme de sa douceur… ça bouge, ça vibre, ça réveille des affaires.
  — Tu mérites un gars qui te regarde comme je te regarde, que je lui souffle.
  — Et toi, tu mérites pas mieux ? dit-elle en détournant les yeux, comme si elle avait elle-même peur de sa question.
  Je ris, doucement.
  — Je viens de te dire que je suis exactement dans mon élément. Tu penses que je capote sur qui, d’habitude ? Sur les femmes d’affaires snob, qui portent des skinny jeans sans gêne et qui font perdre la carte à un gars juste en s’assoyant ?
  — Arrête… tu vas me faire croire que tu me veux vraiment.

  Je me penche, pas pour l’embrasser même si dans ma tête je suis déjà en train de la frencher depuis dix minutes. Je me rapproche juste assez pour que nos mains se touchent clairement.
  — Pourquoi tu penses que je suis resté assis ici au lieu d’aller jaser hockey avec les mononcles dans le salon ?
  Elle regarde nos mains.
  — Tu me fais perdre la tête…
  Je glisse mon pouce lentement dans sa paume.
  — Tu peux la perdre un peu beaucoup… si tu veux.
  — Faut pas, dit-elle. Sa main reste là.
  — Je sais.
  — Je suis dangereuse.
  — Moi aussi.
  Elle relève les yeux, pour me faire basculer davantage. Ce n’est plus le regard d’une femme qui doute. C’est celui d’une femme qui réalise que quelqu’un l’a vraiment vue. Ça lui arrive peut-être pas souvent, mais ce soir, c’est tombé sur moi.
  — Quoi ?
  — T’es en train de me faire quelque chose, là.
  Je souris.
  — Ça te dérange ?
  — Non… c’est ça le problème.
  Sa cuisse touche la mienne. Avouons que ce n'est pas accident ou une coïncidence. Je range plutôt ce geste du côté d'une décision et d'un message.
  Elle ne la retire surtout pas. Au contraire, on dirait qu’elle s’installe un peu mieux, comme si elle choisissait officiellement de me chauffer la jambe.
  — Je devrais pas être assise aussi proche de toi, dit-elle en se mordant la lèvre.
  — Ça dérange quoi ? dis-je de ma voix mielleuse.
  — Parce que… je me connais. Quand je me sens désirée… je deviens collante.
  — Ooooh que j'aime entendre ça. Collante comment ?
  Elle rit d'un petit rire nerveux, celui d’une femme qui avertit qu'elle peut attaquer… et qui espère fort que l’avertissement donne envie de continuer.
  — Du genre à me coller après un gars comme un chat… sauf que je fais pas 8 livres.
  Je me penche un peu, ma main glissant lentement sur le côté de sa cuisse, juste au-dessus du genou. Sa chaleur traverse le denim.
  — J’aime ça, une femme qui se colle.
  Elle souffle du nez.
  — Tu dis ça parce que t’as pas senti mes 300 livres te tomber dessus.
  — Ouf, je t'assure que je n’ai zéro souci avec ça.
  Elle respire plus vite. Son torse et son ventre se soulèvent. Je vois son t-shirt tirer un peu vers le haut. Elle s’en rend compte et essaie de le retenir, mais je lui attrape la main avant.
  — Hey. Regarde-moi.
  Elle lève les yeux, on est très proches.
  — Tu ne me fais pas peur. Tu me plais. Avec moi, tes bourelets ne sont pas une tare.
  — Arrête… t’es en train de me rendre folle.
  — Parfait.
  Charlotte lâche un petit rire étranglé, puis pose sa main sur mon torse. Une vraie prise, chaude, large, gourmande. Elle glisse ses doigts pour vérifier si elle a vraiment le droit de me toucher.
  — Tu trembles, qu’elle me dit.
  — Toi, tu vibres.
  Ses doigts remontent jusqu’à mon cou. Le monde autour disparaît. Il reste juste la chaleur de sa main et son souffle qui s’approche du mien.

  Je me lève, une coupe de vin vide est toujours mal vue par les hôtes de la maison. Du coin de l'œil, je vois mon crush se lever de table, ses grosses cuisses se gonflant à l'effort.
  — Si tu continues…
  — …
  — Je vais avoir envie de t’embrasser.
  — Pis qui t’en empêche ?
  Elle laisse échapper un « tabarnak » presque silencieux, le genre de juron qui sort tout seul quand la retenue s’effrite. Charlotte approche son front du mien. Ce n'est pas encore un baiser, disons que c’est pire, soit, c’est la promesse de ce qui viendra.
  Sa main descend le long de mon flanc, puis vers mon ventre, lentement en apprivoisant quelque chose qu’elle croyait perdu.
  — Tu réalises pas, dit-elle dans un souffle.
Quoi donc ?
À quel point… ça fait longtemps qu’un homme m’a pas touchée comme ça. Avec… je sais pas… des intentions ? Du désir ?
  Je lui prends le poignet et l’attire un peu plus vers moi. Son ventre presse contre le mien et j’ai l’impression que tout l’air autour se met à vibrer.
  — Tu veux que j’arrête ?
  — Non… non non non…
  Elle passe sa main derrière ma nuque et m’attire. Nos lèvres se frôlent, juste un contact, un fil tendu entre le « on devrait pas » et « on va le faire pareil ».
  Puis…

  — Hééééé ! Les amoureux ! Vous venez manger ou vous faites un bébé dans la cuisine ?!
  Un oncle vient de passer la tête dans l’embrasure de la porte, sourire croche, canette de bière à la main.
  Charlotte sursaute et rit comme une ado prise en flagrant délit. Elle cache son visage dans ma poitrine et murmure tout bas :
  — Sacrament… on continue ça plus tard. Je te jure.
  Nous retournons dans la salle-à-manger, son ventre se replace doucement à chaque pas. Elle me lance un sourire par-dessus l’épaule, un sourire clair qui me dit qu'elle sait très bien que je suis en train de checker ses grosses fesses coincées dans son jeans.
  Après le repas, la cuisine déborde de monde… et de vaisselle sale qui attendra qu’un bénévole se déclare.
  Les adultes migrent vers le salon, les ados montent à l’étage, les enfants dévalent au sous-sol. Les jeux de société s'installent, pour que la fête se poursuive. Même si je flirte avec le titre de doyen de la fête, je reste planté là, debout avec mon assiette vide, comme un ado qui attend un signe.
  Elle arrive derrière moi.
  Je ne l’entends pas, je perçois son parfum, une chaleur irradiante et le froissement de grosses cuisses sur un jeans. Puis, le signe ultime que j'attendais, son ventre qui arrive une demi-seconde avant elle.
  — Bouge pas, j’vais passer, dit Charlotte.
  En tant qu'agace du bourelet, elle ne me contourne pas. Son corps glisse sur mon dos, sur ma hanche, sur mon bras. Je suis sûr qu’elle prend la mesure exacte de l’effet qu’elle me fait.
T’es en train de faire exprès, que je lui dis sans me retourner.
Pfff… j’suis juste grosse. Je prends de la place.
Menteuse.
Ouais… un peu.
  Elle rit en coin, ouvre le lave-vaisselle, mais reste collée à moi. À chaque assiette qu’elle range, elle me frôle, comme si ma taille était un aimant.
  — T’es venue me sauver, que je souffle.
  — Te sauver de quoi ? demande t-elle avec des traits perplexes.
  — Du monde que je connais pas ben ben. De tout ce brouhaha. De… moi-même, un peu.
  Elle arrête en refermant la porte du lave-vaisselle d'un coup de fesses. Deux secondes de silence, puis son regard change, perdant toute défense.
  — T’es cute quand t’es nerveux.
  — Je suis pas nerveux.
  — Non ? Pourquoi t’as les oreilles rouges ? 
  — Beeeeen… c'est le vin, sans aucun doute !
  Elle passe ses doigts dessus. Je perds un an d’espérance de vie tellement ça me fait vibrer.
  — Pourquoi t’es comme ça avec moi ? que je lui demande.
  — Parce que t’es le seul qui m’a regardée… comme une femme. Pas comme un prank ou un avertissement de santé publique.
  Elle inspire, son ventre avance, son chandail se tend.
  — Pis… j’te crois pas encore quand tu me dis que t’aimes les rondes.
  — Tu veux une preuve ?
  — Ouf… je me méfie ben gros quand un gars dit ça.
  — Pas une preuve sexuelle. Une preuve tendre.
  Je m’avance et lui prends la main. Charlotte tressaille, mais ne la retire pas. Sa main est chaude, un peu moite, le contact d’une femme pas préparée à ça. Je pose sa main sur sa propre hanche, sur le bourrelet qu’elle tente de cacher depuis le début de la soirée.
  — Ça.
  — Quoi ça ?
  — Ça, j’aime ça.
  Elle déglutit. Ses yeux brillent.
  — Dis-le encore, murmure-t-elle.
  — J’aime ça. J’aime toi.
  — Mon ventre aussi ?
  Elle se place face à moi, coincée entre le frigo et la table, dans un espace où deux personnes minces pourraient circuler… où Charlotte remplit toute la zone et moi avec.
  — Surtout ton ventre, que je dis.

  Elle ferme les yeux, comme si elle recevait un coup… un uppercut qui fait du bien.
  — … viens ici.
  Elle me tire par le col et m’embrasse. Un vrai baiser. Un french de femme ronde qui n’a plus peur. Et queeeel french : un mélange de barbe-à-papa, de bière froide et de dix ans de manque d’affection compressé dans une seule seconde.
  Je glisse ma main derrière son dos, mes doigts passent sur les back rolls. Elle m’attrape le poignet.
  — Descends pas trop, dit-elle.
  — Pourquoi ?
  — J’suis super chatouilleuse.
  — Ah oui ?
  Je souris… et je descends quand même d’un pouce. Elle sursaute comme si elle venait de recevoir une décharge.
  — Hey ! dit-elle en riant.
  — Je voulais voir à quel point t’es sensible.
  — Continue… pis je vais crier au meurtre.
  Elle me regarde comme si j’étais un tortionnaire… ou une tentation.
  — Si tu continues, je te laisse pas quitter la maison.
  Comme de fait, son french me plaque au frigo. Charlotte n’embrasse pas comme une femme timide, elle y va comme une femme qui a décidé de reprendre dix ans de tendresse d’un seul coup. Sa bouche est chaude, insistante surtout, affamée juste comme il le fallait. Son ventre se presse contre moi, lourd, doux, irrésistible… woooow ! Son souffle s’accélère alors que le mien s’affole.
  — Tu sais pas dans quoi tu t’embarques…, murmure-t-elle contre ma bouche, ses lèvres encore collées aux miennes.
  — Ah oui ? que je lui glisse, la voix basse, en glissant mes doigts sous le bas de son chandail… Seigneur, cette chaleur-là.

  Elle frissonne d’un coup sec en se collant. Rien de cute : c’est du corps-à-corps assumé pendant que son bassin dodu m’emprisonne et que son abdomen se moule sans gêne contre moi.
  Ses mains m’attrapent par les pantalons, comme si j’allais lui filer en courant alors que je flotte juste dans un rêve éveillé.
  — Tabarnak… tu me fais perdre la tête, souffle-t-elle en glissant une main derrière mon dos pour me ramener encore plus serré, me pliant pour épouser la forme de son ventre en escalier et écraser sa poitrine bien haute contre moi.
  — Laisse-toi aller.
  — Tu dis ça maintenant… mais tu vas crier à l’aide quand je voudrai plus te lâcher…
  Je la sens sourire contre ma gorge, puis elle embrasse, pas les lèvres, pas les joues, oh non. Elle m’embrasse sous la mâchoire, à un spot où tous mes nerfs sont déjà en surcharge depuis dix minutes.
  Ouf.
  Je pose mes mains sur ses hanches larges, chaudes, adipeuses juste comme j’aime. Quand je serre, elle pousse un petit son qu’elle a clairement pas planifié. Un son cru, animal, zéro filtre familial.
  — Continue pas…, souffle-t-elle.
  — Pourquoi ?
  — Parce que je vais m’accrocher à toi comme si t’étais une maudite barre d’autobus. Pis je te jure que je lâche pas.
  Elle me repousse d’un centimètre… puis se ravise et se recolle trois fois plus fort, son ventre qui écrase le mien avec une pression à la fois tendre et incendiaire.
 VSa main descend sur mon flanc, prenant son temps, mesurant mes hanches comme si elle voulait les mémoriser pour un futur… disons… usage. Elle accroche même ma ceinture du bout des doigts.
  — Charlotte…, que je souffle.
  — Chut. Laisse-moi te sentir…

  Elle pose son front contre mon torse. Ses mains descendent à ma taille, puis glissent sous mon pantalon, avec une assurance qui laisse croire qu’elle avait déjà un excellent résumé de ce qui l’attendait là-dedans.
  Je déglutis et ne repousse rien. Mes doigts remontent sur son dos, suivant chaque bourrelet qui n'ont pas été défriché de main d'homme depuis belle lurette. Quand je les touche… elle arrête littéralement de respirer pendant une seconde.
  — Hey…, fait-elle en se mordant la lèvre. Jamais quelqu’un s’est intéressé à ma peau comme tu le fais… Et j’avais oublié comment ça peut être chaud, la gugusse que tu caches dans tes pantalons.
  Je souris et j’attrape son gros ventre avec les deux mains. Elle étouffe un gémissement contre ma bouche, puis m’embrasse encore, un baiser qui dit très clairement : « Si on était seuls, j’te mangerais tout rond. »
  Sa cuisse presse entre les miennes. C’est pas subtil. C’est même pas essayé d'être subtil.
  — Ouf… Charlotte…
  — Je sais. Je sais. Moi aussi.
  Nos respirations s’emmêlent, nos corps se cherchent, et honnêtement, la cuisine devient beaucoup trop petite pour tout ce qui est en train de se passer. Si quelqu’un entrait… Et c’est exactement là que ça arrive.
  — Héééééééé les cochons ! Ça vous dérange si je sers les nachos ou faut que je vous arrose au boyau pour vous séparer ?!
  L’hôtesse passe derrière moi en riant… et me claque les fesses d’une tape solide, du genre à remettre un poulain sur ses rails.
  — Allez hop, lover boy ! Viens m’aider à pas échapper la plaque ! Et toi, Charlotte, range-moi ton regard cochonne, on est en famille ici !
  Charlotte éclate de rire, rouge tomate. Moi ? Je suis pas mieux. J’ai encore sa chaleur imprimée partout sur moi… et une vibration dans mes bobettes qui exige un plan d’évacuation.
  Elle me lance un regard par-dessus son épaule. Le genre de regard qui dit très clairement : « C’est loin d’être fini. »

  Hooooolala… je m'arrête ici… la pression feelings est pas mal forte à imaginer cette histoire. À vrai dire, chaque fois que je repense à tout ça, l’histoire repart toute seule dans ma tête, comme si le générique finissait à peine et que je démarrais l'épisode suivant.
  La petite vibe romantique ferme la shop… et tout de suite après, la série continue en mode grooooos sexe.
  Pas de rewind. Je laisse juste rouler la scène brute où la femme ronde qui m’a complètement hypnotisé devient l’héroïne du film X que personne n’a filmé, sauf mon cerveau trop zelé.
  Les visions de cette Charlotte bien enveloppée se pointent n’importe quand : quand je me brosse les dents, quand je range la vaisselle, quand je rentre trop tard du travail avec les doigts gelés par l’automne.
  C’est ridicule comment trois images, deux souvenirs mal classés, un parfum qui traîne et une femme que j’ai croisée juste une soirée peuvent me virer à l’envers pendant des jours.
  Tsé, c’est peut-être ça qui me fait tripper, la zone floue où le réel dérape un peu beaucoup sur l’autoroute de mes fantasmes, l'autoroute 69 mettons (je ne vous entends pas rire, la joke est trop facile).
  Je la revois dans la cuisine trop étroite, la lumière crue des ampoules qui découpe ses courbes, et un petit demi-sourire, celui qui m’a démoli instantanément, que j’ai fait semblant de pas remarquer.
  Ça me travaille, m’habite et me bouscule juste assez pour qu'elle reste vivante chaque soir, une étincelle qui me garde un peu fou. Peut-être même que c’est ça qui me garde jeune, ma une dose d'électrochoc quand je replonge dans mes histoires… bourrelesques.
  Si ça vous fait le même effet, si un être humain de vos fantasmes vous suit jusque dans vos pensées, même rendu à marcher entre les allées de l’épicerie, tant mieux. Au moins je suis pas le seul à capoter sans que ça paraisse trop.
  Alors on va se laisser là-dessus, avec toutes mes idées sans filtre, mes personnages qui reviennent me hanter et mes dérapages imaginaires.
  Je ne vous promets pas une suite à ce billet, mais je ne ferme pas la porte… mais je dois vous avertir que la ligne à suivre dépassera généreusement le cadre de la romance.
  Bref, retournez à vos histoires. Moi, je retourne aux miennes, surtout celles où les hanches de soixante pouces et plus ont toujours, mais toujours, le dernier mot.
  À la prochaine, mes poussineaux et poussinettes !



#rondeurs #party #famille #cuisine #jeans #skinny #bellyapron #épicerie #femme #désir #attirance #flirt #émoi #confidence #québec #hôtesse #soirée #vin #bavardage #secret #fantasme #sensuel #regard #tension #chimie #frissons #conversation #envie #moments #intimité

Commentaires

Messages les plus consultés de ce blogue

147- Papillon plus grand que nature (25JAN25 1/2)!

157- Dodue filet mignon (26AVR25 1/2)!

146- Retour vers le 001 (18JAN25 1/1)!