194- Maxi rencontre (24JAN26 1/1) !
Aaaaah… les fameux réseaux sociaux et toutes leurs patentes algorithmiques… ils font maintenant partie de nos vies, jusqu'à que la mort nous sépare. Encore là, avec les trucs de création d'image et de vidéo via l'intelligence artificielle, ils rendent notre moi virtuel… immortel.
Les réseaux sociaux ne se sont pas juste présent en surface : ils sont incrustés dans nos vie à la façon d'une vieille tache de café sur un clavier, qu'on ose pas effacé de peur de briser cette fragile électronique.
Je me rappelle très bien comment ça a commencé pour moi… MySpace ! À l’époque, mon cercle social virtuel se résumait pas mal à Tom Anderson. Vous vous souvenez de lui ? La demande fameuse d’amitié impossible à refuser sur MySpace. Tom était déjà là avant même que tu comprennes où cliquer. T-shirt blanc, sourire un peu mal à l’aise, assis devant son moniteur (on disait moniteur dans ce temps-là).
Aujourd’hui, on sait à peu près tout de lui. À l’époque, on savait juste une chose : Tom était ton ami. Point.
Après ça, Facebook est entré lentement dans ma vie, quelque part après le tournant du millénaire. C’était une drôle d’époque où le virtuel essayait encore d’imiter le réel, avant de décider qu’il ferait mieux que lui.
Facebook ressemblait à un annuaire universitaire, une photo de profil sobre, ton vrai nom, ton école, ton programme, ta ville et un mur où les autres pouvaient écrire à la manière d'un post-it sur ton frigo.
Pas de stories, pas de reels, pas d’algorithme affamé qui te connaît mieux que ta mère. Juste une chronologie simple, presque trop polie.
Il y avait une forme de timidité sociale où on parlait de notre quotidien ridicule, mais on n’y étalait pas sa vie secrète à grands coups de publications calculées. Le culte du like et des vues ne performait pas encore en sport extrême.
Personne ne monétisait sa vie et publier une photo était un événement. Changer son statut amoureux aussi. Un poke pouvait vouloir dire pas mal plus qu’un long message « sa vas » d'aujourd’hui. Et tout ça… sans dick pic, woooow !
Je me souviens que j’utilisais MySpace un peu comme j’utilise Facebook aujourd’hui : publier une photo, créer un mini buzz sur ton mur, puis disparaître doucement dans l’oubli numérique. Je me souviens surtout qu’il y a eu une fille — tsé, ça fait assez longtemps pour qu'à cet âge, on parle encore de filles et de garçons, hihihi — qui s’est glissée entre Tom Anderson et Lil Wayne dans ma liste d’amis.
Je ne la connaissais pas, elle ne me connaissait pas non plus. Voisine d’anniversaire, voisine de date de naissance, voisine de boulot, voisine d’intérêts communs, mais étrangère de voisinage. Pendant que je m’étiolais autour de Montréal, elle, elle fleurissait tranquille du côté du Lac-Saint-Jean.
Aujourd’hui encore, on est amis… enfin… amis façon Meta… évadé quelque part dans les algorithmes. On ne s’est jamais rencontrés dans la vraie vie, mais on se maintient à flot à coups de likes polis et de vœux d’anniversaire automatiques.
Pour être honnête, ben oui, elle est encore prise dans mes goûts en matière… vius comprenez hein ? Ses adorables cheveux pleins de frisottis, pas trop serrée, juste assez pour rester là avec son regard fauve, ouin.
Quand Facebook a ouvert ses portes, une deuxième femme s’est ajoutée à la maigre liste d'ami. C'était la blonde d’un des gars du boulot, une fille qui m’avait déjà avoué, sans trop de détour, qu’elle aimerait coucher avec moi.
Le problème, c’est que j’étais bouché solide depuis vingt-cinq ans. Résultat : je n’ai rien vu venir. Quelques années plus tard, j’ai appris qu’elle avait couché avec d’autres gars. Des gars visiblement plus déniaisés. Ah la la… c’est la vie.
Avec le temps, on finit par comprendre qu’il existe une frontière étrange entre les gens qu’on regarde sur un écran et ceux qu’on croise pour vrai. Sur les réseaux, tout est cadré, filtré, choisi pour coller à l’esthétique du moment. Le virtuel te vend l’idée qu’une image, parfois juste une posture, devient une promesse de likes et de petites shots d’endorphines.
La vraie vie, elle, n’a pas de bouton pause ni de rewind pour te préparer. Ça se passe sur le vif. En vrai, ton image déborde, elle surprend, elle ajoute du poids, des angles morts, du souffle… des feeeeeeellings. Et bien souvent, c’est là que ça devient intéressant.
Je m’en suis rendu compte récemment, à travers une petite histoire parfaitement insignifiante à l’échelle de la planète, mais précieuse pour votre éternel blogueur en manque de feelings.
Et non, je vous rassure, je ne compense pas ce besoin non comblé d’endorphines à coups de drogues ou de psychotropes. Juste la vraie vie, parfois, qui te prend à revers.
Allons-y franchement : deux femmes rondes, deux trajectoires différentes, mais un même effet. Cette sensation étrange où le réel te surprend là où tu ne l’attendais pas.
La première, je l’ai connue au travail il y a belle lurette. Appelons-la Sandrine. Un beau nom, qui fait un peu vieux continent, non ? Sandrine était stagiaire en informatique, fraîchement débarquée de France, au moment où elle son bac en génie à l’Université de Montréal était bien entamé.
Accent chantant, réparties rapides, présence qui s’imposait sans jamais forcer. Curieusement, peu de ses compagnons d’armes la percevaient comme un être d’exception. Peu portée sur le placotage de corridor, quand elle parlait, on écoutait… moi… surtout. Parce qu’une espèce de mélodie continue enveloppait tout ce qu’elle disait.
Bof, me direz-vous, l’accent français. Peut-être. Mais quand la Française en question incarne exactement ton type de beauté, toute objectivité prend le bord. Vous commencez à me connaître si vous êtes aficionado de mes textes : cheveux longs et bouclés, lunettes fines parfaitement en place, un bedon bien rond qui ne s’excusait de rien, des hanches étagées comme une carte topographique du plaisir, des cuisses généreuses qui prenaient leur place dans l’espace.
Et surtout, Sandrine adorait les chandails à grand col élastique, portés sans gêne, laissant une craque de seins s’imposer d’elle-même dans la conversation. Ouf.
Je n’en demandais pas tant pour tomber sous le charme, mais la craaaaque, abyssale et de bon goût, avait visiblement décidé pour moi. En moins de deux, j’étais devenu un groupie discret, mais comblé.
Le stage a pris fin, la vie a continué. On ne s’est pas parlé longtemps avant de s’ajouter mutuellement sur Facebook, presque machinalement. Je suivais de loin les péripéties d’une Française devenue Canadienne en deux temps trois mouvements. Un jour, Sandrine la blondinette s’est casée, comme on dit : maison, mariage, bébé… le topo classique. Jusqu’au jour où, au Maxi, coin charcuterie, j’entends un « Allô ! » bien flûté. Ooooh. Elle m’avait reconnu et osé m'aborder.
Je me retourne, je reconnais son joooolie minois aussitôt. Même avec un bébé coincé dans une poche ventrale, compressant une poitrine franchement à la limite du scandale — pour les autres, pas pour moi — et la ceinture qui creusait entre deux renflements de hanches bien dodue. C’est fou.
— Oh my God, Sandrine… Ça doit faire dix ans qu’on ne s’est pas vu la tronche. Et il faut que ça arrive à l’épicerie ?
Je l’ai regardée une fraction de seconde. Juste assez pour la désirer comme je sais si bien le faire. Et j’ai frémi en réalisant qu’elle était encore plus en courbes que dans mon souvenir. Plus… holala !
On a placoté un bon quinze minutes, son accent roulant sur les mots qui ont été arrondie avant de sortir de France. Une conversation simple, presque banale en apparence, mais chargée de cette tension douce que je connais bien, celle qui épaissit la salive… et serre la pomme d'Adam… huuuuum !
Quand on s’est quittés, je suis reparti avec ce sourire un peu niaiseux de quelqu’un qui sait qu’il vient de gagner quelque chose qui ne se mesure pas en argent, mais en feelings.
Ma deuxième histoire est très, très récente. Rien pour fouetter un chat, mais assez pour me faire réfléchir à mon propre comportement face à — ben oui — une Vénus en chair et en chair.
Cette femme, je ne la connaissais que par les réseaux. Elle habite la même région que moi et, disons-le, on partage un bout du même algorithme. Vous voyez le genre ? Une personnalité assumée, rayonnante, qui sème du body positivisme comme d’autres sèment des photos de café avec un fleur en crème.
Pour vous la décrire un peu, elle suit le même moule que j'adore tellement : silhouette pomme bien ancrée, cheveux mi-longs bouclés avec des reflets bleu-vert qui accrochent la lumière, une joue de jolie bagou qui appelle la conversation.
On s’était parlé un peu par écrit bien avant ce jour. J’avais osé dépasser le small talk, un ASV un peu plus élaboré que la moyenne.
Contrairement à moi, elle n’avait jamais vu mon visage, mon compte lié au blogue est volontairement discret. Moi, par contre, je pouvais la reconnaître entre mille.
Encore une fois, le Maxi, cette fois-ci dans l’allée des surgelés. Je l’ai vue avant de comprendre que c’était elle. Ou peut-être que je n’ai pas voulu y croire tout de suite. Ce sont définitivement ses cheveux qui ont fini par me convaincre.
Un femme ronde au cheveux azur, frisottis, Montérégie… bingo, ce ne pouvait qu'être Nath. Prénom fictif, évidemment. Woooow !
Je vous jure que le passage du virtuel au réel, c’est spécial. Ça ressemble beaucoup à croiser une célébrité par hasard dans un lieu public. Tu n’oses pas l’aborder, mais tu n’arrives pas non plus à détourner le regard.
Ce feeling m’est déjà arrivé avec Math Duff (Mathieu Dufour si vous préférez), le géant châtain à la crinière de fauve. Incapable de lui dire bonjour, mais fasciné de constater qu’il n’était pas si différent de son public, à part son extraversion démesurée.
Si je reviens à ma « célébrité » du Maxi, j’ai compris une chose : même si je la vois tous les jours s’exposer sur mon écran, parfois habillée pour le pôle Nord, parfois déshabillée pour une séance de mise en forme, ce n’est pas pantoute la même affaire.
Autant j’ai découvert que Math Duff était réellement un géant, autant j’ai adoré découvrir que Nath avait des formes différentes de celles que mon imaginaire virtuel lui avait dessinées. Pas moins belle, loin de là. Juste différente. Disons que je l’ai perçue plus Granny Smith que McIntosh. Et ça, ça m’a frappé direct dans les feelings. Je vous l’assure.
J’étais avec un de mes kids presqu'ado. Autant dire que ce n’était vraiment pas le contexte idéal pour faire connaissance. J’ai ralenti, j’ai regardé, j’ai savouré en silence cette apparition imprévue, avec les papillons qui se mettaient à bourdonner là où vous savez. Puis je l’ai perdue de vue, incapable de décider quoi faire de cette rencontre fortuite.
Si j’avais osé aborder Nath, elle aurait été la première personne sur Terre à découvrir le visage qui se cache derrière mon blogue. C’est peut-être ça qui m’a freiné. Surtout quand on a déjà été cancellé sur les réseaux pour avoir osé dire tout haut qu’on aime les rondeurs.
Après coup, je me suis traité de tous les noms, avant de me donner un solide coup de pied au derrière, assortie d'une claque derrière la tête. J’ai décidé de faire volte-face, d’affronter mes peurs et d’aller faire ce petit coucou à une Vénus de mes réseaux.
J’ai refait les allées pour la retrouver : rayon des déjeuners, plus loin près des croustilles, peut-être qu’elle s’était déplacée vers les articles de cuisine ou les aliments internationaux… trop tard. Disparue. Aaaaargh.
Deux rencontres. Deux femmes. Deux moments où le virtuel s’est fait dépasser par le réel. Ce que je retiens surtout, c’est cette leçon un peu brutale : les feelings ne préviennent jamais quand ils vont se pointer. Ils surgissent le plus souvent entre deux paquets de jambon ou devant un congélateur mal fermé, à l'épicerie. Et si tu ne t'y lances pas, si tu hésites trop longtemps, les feelings ne t’attendront pas.
Je suis curieux. Est-ce que ça vous est déjà arrivé, un crush virtuel qui se matérialise en présentiel ? Reconnaître quelqu’un du web dans la vraie vie et rester figé comme un chevreuil dans les phares ? La prochaine fois, je me promets un bon coup de pied au cul et mais bon, ce n’est jamais aussi simple qu’on le pense.
Bon ben, à la revoyure et merci d’être passé sur le blogue…
— Hem…, fait un lecteur en se raclant la gorge. Pour ta deuxième histoire… est-ce que tu lui as dit que tu l’avais vue ?
— Oui, bien sûr que je lui ai raconté la quasi-rencontre, pas avec moults détails comme ce texte.
— Est-ce qu’elle t’a…
— Bloqué ? Heureusement que non ! Nath est une femme étonnante sur toute la ligne.
— Moi aussi j’ai une question, monsieur le blogueur, s’élève une voix féminine.
— Allez-y, chère lectrice. Je ne pensais pas que ce texte soulèverait tant d’interrogations.
— Pourquoi t’as eu peur de te lancer ? Tsé, je te lis depuis longtemps, et tu as déjà vécu plein d’aventures avec des inconnues que tu ne connaissais que par messages.
— Excellente question et pas si simple à répondre. Les inconnues que je trouve plus faciles à rencontrer, ce sont des femmes avec qui les intentions sont claires, nettes et précises dès le départ. Avec Nath, jamais il n’a été question de quoi que ce soit. Je respecte trop sa présence dans mon réseau pour risquer qu’elle me prête de mauvaises intentions. Je ne veux surtout pas la perdre.
— Tu as toujours les bons mots, monsieur le blogueur.
— Quelle jolie voix vous avez, mademoiselle. ASV, s’il vous plaît…
— Hihihi !
— Avant toute chose, je tiens à remercier toutes et tous, pour votre temps de lecture. À une prochaine dans votre blogue favoris, hihihi !
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A la prochaine
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